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Par Camille Loty Malebranche

 

Loin d'être une classe, la petite-bourgoisie est une collection de petits hommes minables et sans conviction malgré leurs ressources professionnelles ou intellectuelles, qui s'efforcent  en toute chose, de s'ajuster à l'idéologie bourgeoise dominante, tout en feignant de croire aux grands principes moraux universels d'équité, d'égalité des droits, de justice sociale et de liberté qu'ils ressassent au moment même qu'ils les bafouent par toutes sortes de bévues et monstruosités mentales et comportementales au service de leurs patrons et modèles bourgeois, dans la vie quotidienne. Souvent médisant, malhonnête, comme ce plagiaire qui cite mes écrits dans un quotidien sans mentionner mon nom, pour paraître intellectuel, tout en me dénigrant m'accusant en affublant mon nom de sa propre salissure d'épithète petit-bourgeois dont il ignore le sens puisque le signe de la présence de cette tare qu'est le petit-bourgeoisisme, c'est le comportement de flatteur du bourgeois ou à tout le moins de défenseur de l'ordre socioéconomique bourgeois quand bien même, il fait mine de désavouer telle attitude particulière des bourgeois. C'est un défenseur du capitalisme même s'il manifeste un gauchisme de mode par snobisme ostentatoire. Larbin de la bourgeoisie, le petit-bourgeois est un pion des bourgeois, qui ne va jamais jusqu'à l'étiologie radicale dans sa critique sociale qui se borne au strict phénomène des choses, à la surface des maux de la société capitaliste, de peur d'être en disgrâce devant ses patrons, véritables propriétaires de ses moindres gestes voire de son être mentalement prostitué et réifié. Car le petit-bourgeois est trop plat pour ne pas salir ad hominem; et, habitué à la servilité socioéconomique du bourgeois, son maître, il a la pathologie de prolonger sa servilité au niveau idéel en volant les pensées d'autrui pour masquer sa sécheresse. Et comme toujours quand on est aussi sagouin et vil, on ne peut que chercher à diffamer et à projeter ses malpropretés sur celui que l'on plagie.

 

Il est loufoque et hilarant d’entendre souvent dire par « monsieur tout le monde » que le respect est d’accepter et de valider toutes les paroles prononcées comme opinions individuelles dans la cité. Cela, serait le strict respect de la démocratie !!! J’en connais même qui piquent une crise d’égo, rien que de voir un autre argumenter logiquement contre ce qu’ils ont régurgité, c’est à dire sans nul argument sinon les arguties-clichés, de l’idéologie dominante et qu’ils croient être leur opinion. Opinion, voilà le maître mot jeté en pâture à la foule inculte et anonyme dans le fouillis populacier de l’idéologie pseudo démocratique des ploutocrates au pouvoir. Agressivité bête de l’expression de la bêtise idéologique érigée en système et ressassée par les individus se croyant citoyens ! Opinion, opinion, que de manipulations idéologiques, de dénis d’intelligence, et de pieuses sottises dégueulées en ton nom ! Le populo manipulé en arrive même à confondre le jugement analytique et logique du système par l’intellectuel avec les jugements médisants ou complexés que lui, manipulé par le système et sans outil de recul, porte par haine irrationnelle contre ceux qui combattent pour le changement ! Cela est naturellement l’effet de la propagande de la « démocratie formelle » que divulguent la presse, les larbins et porte-parole de l’oligarchie dominante en nos sociétés ploutocratiques. On brûle en effigie des dictatures personnelles ou prétendues telles en Afrique, en Asie et en Amérique latine tout en ovationnant avec impudence l’immonde dictature du système économique et financier, ce, malgré la pauvreté miséreuse, les scandales, les crises qu’il provoque en pays nantis et les famines, les morts, les misères auquel il donne lieu en pays périphériques.

 

Nous sommes à l’ère « démocratique » en fait populacier de « l’indifférentisme opinant » qui stipule que toutes les opinions se valent. Indifférentisme sémantique qui confond à dessein le peuple-demos c’est-à-dire éduqué tant politiquement qu’idéellement pour assumer la citoyenneté avec le peuple-laos qui n’est que la masse d’individus réunis fatalement sur un territoire au sein d’un état. L’espace public en devient une espèce de fourre-tout « paralogique » et cacophonique, et tout baragouin, toute palilalie préstructurée voire préfabriquée par l’idéologie dominante, relayée par le petit-bourgeois ignare et snob, répéteur couramment scolarisé des clichés du système, a préséance sur l’effort de comprendre au-delà des prêts-à-penser. C’est le règne du psittacisme qui refuse l’importun osant penser et déranger les certitudes sociales et convenances idéologiques. Pourtant, prendre valablement la parole dans l’espace public, devrait exiger un outillage à la fois logique, moral et humain sérieux. Un intervenant citoyen devrait pouvoir dépasser, ou à tout le moins interroger, le sens établi par le questionnement. Cela est le minimum élémentaire de la nature humaine ! Hélas ! le contexte actuel en Occident « démocratique » n’est que celui de l’imposition des filons opportunistes d’une « métaphysique sociale » d’accomplissement de l’individu par la « pensée positive » (pure prostitution à l’establishment et à ses maîtres économiques). Le larbinisme convenant (politiquement correct) enjoint donc l’individu de s’accuser de ce qu’il ne s’intègre pas et de s’incriminer du délit de mal penser lorsqu’il fait le "mauvais choix insidieux et perdant" d’interroger les valeurs en vogue dans les structures ploutocratiques, de ne pas s’y soumettre voire de se révolter contre le système naturellement "bon et divin". Dans cette perspective de culpabilisation du penseur nécessairement indésirable et ipso facto marginalisé, l’on comprend que le système privilégie en la décontextualisant, l’idée du karma popularisé en Occident pour faire accepter aux masses, la naturalité de la concentration de toutes les richesses chez une infime minorité, pendant qu’elles (les masses) doivent reconnaître leurs responsabilités dans leur pauvreté, coupables qu’elles sont de leur origine, de leurs pensées négatives et d’être des non adaptées aux structures sociales si justes ! Et même en certains cas, c’est leur « conscience de pauvreté » et les crimes de leur vie antérieure qui les paupérisent ! L’autopunition des mases, voilà l’excuse de la pauvreté, de la précarité et du manque de transparence économique et politique dans l’État ploutocratique...

 

L’hagiographie plouto-systémique mise en scène au quotidien dans la manipulation de masse détermine la projection de soi de quasi toute une société de servitude masquée et de prostitution inavouée. Et, il s’en faut vraiment de beaucoup à une éducation libératrice pour désaliéner la société ! Il faudra la délier de ses aveux de horde, la vider de ses comportements réflexes et l’aider à exorciser ses idées automatiques qui font de nos mégapoles de véritables usines d’automates inassumés. Car, hélas, la péremption du nombre qu’est l’électoralisme, tant que le peuple sera sans balises devant les manigances des moralistes, des spécialistes et des économistes de la ploutocratie, sera toujours la pierre d’achoppement tyrannique et asservissant de la démocratie. Une tolérance factice des intolérants pour les libres opinions prédéterminées dans le populisme culturel des ploutocrates relayés par la cohue malsaine de certaines strates des classes moyennes et la clique insane, fascisante des petits-bourgeois croyant être maîtres de ce qu’ils répètent et imposent pour abrutir le peuple, telle est la force de la démocratie de façade de l’État ploutocratique. Mascarade et déni démocratiques offerts au laos pour bloquer la venue effective du demos et assassiner la liberté et la citoyenneté. Là se conçoit aisément l’aversion des aliénés de tous poils qui accusent les intellectuels non alignés et les protagonistes du changement, de rêve inconséquent voire d’onirisme insensé !

Rêver, c’est agir et conquérir

Tout rêve n’est pas onirique. Ce serait extrêmement réducteur de voir ainsi cette chose si éminemment ontologique qu’est l’acte de rêver ! Tout ce qui a été réalisé de grand par le genre humain, a commencé par un rêve. Le rêve est soit onirique (là je vois le songe ou le délire fantasque), soit projection vers une finalité dans l’action (téléologie). On croyait les socialistes et féministes du dix-neuvième siècle, des fous des rêveurs-songeurs déphasés. Pourtant, leur pensée a quand même fait avancer le monde par la suite. Les droits de la femme, le vote populaire supplantant le vote censitaire, la liberté de religion etc... En science, le rêve est gage de conquête, le rêve de voler par exemple nous a valu la conquête de l’espace aérien puis interstellaire... En politique comme en science, en technique ou en technologie, le rêve est le moteur des conquêtes les plus utopiques à leur genèse dans l’imagination humaine.

 

Maintenant, qui écrit et critique le système rien que pour critiquer, est soit narcissique exhibitionniste voulant se faire voir, soit masochiste caressant ses plaies en public. Car critiquer en proposant des outils à la conscience collective, c’est quand même RÊVER c’est à dire espérer que cela peut aider à une amélioration de la condition sociale des gens si l’action collective s’en suit !

 

Critiquer l’ordre social sans rêver, est pleurnicherie masochiste. C’est même emmerder gratuitement et indécemment les gens. La théorétique qui, se distingue diamétralement de la politique, ne concernant guère l’action sociale mais juste certaines connaissances strictement scientifiques à appliquer, n’a peut-être pas à rêver, mais le discours social et politique dans un monde d’injustices, est soit rêve révolté soit aveu réactionnaire du statu quo.

Intervenir en analyste critique dans l’espace public, c’est rêver que l’impossible peut être rendu possible à certains égards puisque le système décrié n’est ni cosmique ni suprahumain ni métaphysique, mais choix de quelques hommes qui se servent des structures pour régner opprimer et réprimer...

 

Quant à moi, j’aime trop l’humanité, je m’aime trop pour faire de l’humble compréhension des choses que j’ai, une pleurnicherie analytique et nihiliste sans espoir ni rêve d’aucun changement possible. Auquel cas, j’eusse préféré me taire par décence !

 

Critiquer, prendre la parole dans l’espace public, c’est agir, naturellement il y a d’autres formes d’actions plus activistes plus pratiques mais elles ne sauraient dévaloriser l’action de proposer un regard autre, une vision analytique alternative de la chose collective et commune.

Notre rêve pour le changement propose - ce que nous saisissons comme changement essentiel et indicateur pour toute mouvance politico-sociale révolutionnaire qui veut vraiment saper l’ordre actuel intenable et injuste - les trois (3) paramètres suivants :

 

1) Renverser le pouvoir des banquiers et financiers pour que l’économie réelle soit au service du peuple qui la produit.

2) Enclencher un mode de production et de consommation rationnel adapté à l’environnement et ainsi contribuer à ménager la planète entière.

3)  Décréter la pauvreté illégale et crime contre l’humanité dans les constitutions des états, tout en y adjoignant une politique socio-économique garantissant l’intégration de tous à un seuil matériel acceptable.

 

La désaliénation du peuple contre le morbide et sordide chaos de l’opinion publico-médiatique, doit combattre et désavouer le comportement du petit-bourgeois ventriloque balourd occupant toute la place du débat social, porté à l’idolâtrie du ventre et du bas ventre avec ses idées arrêtées, ses "axiomes idéologiques" débités par les médias et leurs spécialistes stipendiés pour berner et esclavagiser le peuple interdit de citoyenneté effective. L’aliénation de nos pays soi disant démocratiques se maintient par la démagogie pseudo-moralisatrice et le consensus fonctionnel du petit-bourgeois prostitué qui érige sa prostitution à la ploutocratie en valeur et en exclusive de toute alternative politique, économique et sociale.

 

Le rêve de l’altérité possible définit l’homme rêvant à travers la conscience poussée à l’action, puisqu’il est perception et projection intime de soi.

 

Le rêve politique, parce que projection dynamique du changement social, est à la fois impulsion et attraction axiologique de l’action publique qui veut et tend à faire de lui la réalité.

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

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