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Par Camille Loty Malebranche
 
 
L'Histoire est heuristique stricte pour l'établissement des faits, la fiction est fantaisie.
 
En aucun cas, nul, à moins d'être un manipulateur totalement forcené, ne saurait, pas même dans le songe, confondre l'Histoire, ses faits vérifiés, vérifiables par des documents authentiques et la lubie fictive, conteuse d'histoires sous prétexte de présenter l'Histoire! La fiction, espace de liberté imaginative de l'imaginaire humain adapté selon les peuples et les ethnies, peut tout se permettre une fois dûment établie comme telle...
 
Le grand danger couru par la mémoire des peuples et de l'humanité, et qui de fait, par la rouerie idéologique des uns et des autres, frappe sordidement la vérité du passé, c'est l'instrumentalisation historique pour manipuler la conscience présente des hommes et des sociétés. Et, cela, cette vile instrumentalisation, sévit violemment contre la vérité historique à travers des documentaires et ouvrages vicieux répandus dans tous les médias possibles!
 
Quand des documentaristes et écrivains soi disant historiens, font de la fiction mégalomane des classes du pouvoir, de prétendus faits, ce sont les repères fondateurs de la condition des peuples et sociétés, qui sont chambardés. Par exemple, des canaux de télévision et d’histrioniques historiens d’émissions de grande écoute, nous présentent le nazisme comme essentiellement vaincu par l'Angleterre et les Usa en omettant de montrer l’importance fondamentale de la défaite d’Hitler par les troupes de Staline, sous prétexte que celui-ci fut le grand tyran rouge. Ils préfèrent mentir en éludant matoisement de dire que le principal et premier vainqueur du nazisme fut l'Union soviétique qui a battu F. von Paulus et la 6ème armée allemande à Stalingrad. Altérer l'histoire par alibi de moralisation, est une abomination car c'est précisément refuser de répondre à la mission même de l'historien et de l'Histoire. Refaire l'histoire par la fiction en y mettant ce qu'on voudrait qu'elle fût, s'appelle de l'uchronie. Obélix, Astérix et leurs compagnons gaulois, vainqueurs des romains, en sont un exemple probant. Au contraire, il faut bien étudier les faits de l'Histoire dans leur vérité, toutes leurs instructives vérités, pour mieux nous protéger des déviances humaines et structurelles qui ont engendrés les horreurs du passé, les ogres et abîmes de l'Histoire. Il faut dire que les vainqueurs, fussent-ils Staline ou les Usa ne sont pas des saints sans leur enlever leur mérite car l'Histoire n'est pas de l'hagiographie. Par exemple, il faut mentionner que toute la propagande antinazie de l'occident, notoirement des Usa, n'a pas empêché les étasuniens d'employer des nazis pour entraîner leurs propres soldats et alliés dans la torture des communistes un peu partout en Amérique...
 
Pour revenir à notre mise en rapport de l'Histoire et de la fiction, disons que la seule probité et exigence pour qui ne veut tromper sciemment et insidieusement le téléspectateur ou l’auditeur que nos médias traitent trop souvent en idiots, est que le présentateur d'une oeuvre fictive utilisant l'histoire, précise que ce qu’il présente ou raconte, est de la fiction et non de l’Histoire…
 
Hélas! les manipulateurs idéologues d’État et du système socioéconomique, sont passés maîtres dans la politique de falsification de l’Histoire, de l’art du mensonge historique, de la fabrication d’uchronies désignées comme faits authentiques via des versions utilitaires de l’Histoire astucieusement controuvée et racontée au peuple indolent et crédule!
 
Pour parler de l'Histoire elle-même et des contingences de l'historiographie, disons que, voguant sur les mers agitées des historicismes de toutes sortes où prévalent  tour à tour selon les conjonctures, des exigences de rigueur antisystémiques, des courants holistiques influencées par la philosophie sociale ou la théologie, l'Histoire s'écrit au gré des influences de la pensée dominante dans le temps. Cette posture historiographique qui entend concilier la "vérité" et les besoins idéologiques des classes dominantes, imprime à l'Histoire, en deçà et par delà toutes les sciences qu'elle met à contribution pour s'écrire, un statut de connaissance à prétention scientifique mais non d'une science! Elle est certes épistémique mais trop aléatoire et égoïtaire, vu la fusion d'une forme immanquable de proto-herméneutique avec sa rédaction même - (herméneutique de facto, liées aux inconscientes mythologies personnelles et de classe des historiens) - qui empêche toute objectivité stricte du scripteur historien, pour mériter le statut de science. Néanmoins, l'importance de l'Histoire est fondamentale puisqu'elle fait figure d'ontologie descriptive, en tentant de décrire le plus rigoureusement possible, les étapes spatio-temporelles qui façonnent son objet d'étude. 
 
CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

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Tag(s) : #Monde du Concept

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