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 Par Camille Loty Malebranche


 

L’art, par ses implications ontologiques, est une métaphysique du sentir tendant imparablement à un eudémonisme transcendant, qui ne pactise jamais avec l’hédonisme vulgaire.
 
 
 
La beauté artistique, même dans l’art érotique, est sensualisme émotionnel qui transcende le charnel par l’extase plénière. D’où, le plaisir en art, est frisson d’esprit, dosé par la capacité du transporté contemplatif à être affecté par la beauté de la représentation que véhicule l’œuvre. C'est seulement dans cette occurrence d'au-delà du charnel et de l'organique qu'un requiem de Mozart ou qu'une émouvante élégie puissent quand même provoquer et porter de la jouissance par delà leur sujet. La tristesse prise aux contextes de l'art, est émotion au-delà du chagrin, transposition du malheur hors de son anomie ravageuse, par le regard subjuguant du créateur qui réinvente la souffrance, ce bourreau de l'homme, en l'assujettissant sous les codes et techniques de l'expression humaine, par la force dominatrice de la représentation avec l'intraitable volition sentimentale de l'artiste et de son intentionnalité souveraine.
 
 
 
L’art est peut-être le seul plaisir qui exige le prérequis d’une éducation (l’éducation esthétique), car le sens de la beauté dans une représentation n’est point naturel et requiert, pour être manifeste, d’être affiné par une certaine propédeutique à la valeur créatrice, une initiation, sorte d'apprêt et de disponibilité mentale et affective au domaine de la sensibilité, qui sous-tend la fiction artistique. Cela pose un sérieux problème d’appréciation dans une société de consommation immédiate de tout, où tout, même l’oeuvre d’art, semble ne devoir exister que pour assouvir les besoins immédiats de la foule consommatrice et de leurs porte-parole médiatiques avec leur diktat mercantile, plutôt que de chercher une quelconque élévation! Là, le grand plaisir esthétique venant de l’œuvre de valeur, en quel que soit l’art, risque d’être rarissime.
 
 
 
L’art et sa beauté, sont incarnation du solipsisme expressif de l’artiste par l’imaginaire qui élabore la représentation tout en procédant de la sensibilité de cette conscience particulière qu'est ledit artiste.
 
 
 
Sans être finaliste, la téléologie naturelle de l’art est le plaisir par le sens, au-delà des sens.  
 
 
 
CAMILLE LOTY MALEBRANCHE
 
Copyright © CAMILLE LOTY MALEBRANCHE - Blog INTELLECTION -  2016
Tag(s) : #Monde du Concept

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