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Par Camille Loty Malebranche

 

L'individu ordinaire empêtré dans l'ordre flasque pourtant écrouant des murs systémiques, dit craindre les généralités crues qui présentent le faciès exact et général de la société, et il prétexte que c'est par justice. Pourtant, les généralités, pourvu qu'elles ne se prétendent pas exclusives et n'arguent d'aucun absolutisme ni ne ciblent abusivement des groupes par discrimination ethnique, religieuse, n'ont jamais été ni logiquement ni moralement injustes, elles sont le mode de présentation globale avant d'évoquer les particularités et les exceptions. On les retrouve dans toutes les formes d'assertions et d'argumentations, en tous les domaines. Par exemple, dire que l'Europe est riche n'a rien de faux, compte tenu du contexte général de l'économie du continent, même s'il y a un pourcentage de pays pauvres, de gens pauvres dans les pays d'Europe les plus riches... Dire que la société de consommation - avec le culte sinistre de l'argent comme religion laïque et axiologie séculière exclusive, sa performance comme bannière psychologique de l'individu, est une société sans civilité, grossièrement hypocrite où les gens sont primitifs et jugent autrui en bourreau-flatteur, selon sa situation sociale et économique - est une généralité-vérité même s'il y a des poches de résistants à cet encanaillement généralisé...
 
Il faut rire sur la candeur de l’indifférentisme moral. Esclaffons-nous en réponse aux innocents à sainteté éthérée dans leur candeur puriste; au débonnaire du dimanche; à l'humaniste indifférentiste dont l’existence accommodante dans l’ordre social, ne manifeste aucune conscience de résistance parce qu’il est intégré dans le monde rose de l’indifférentisme qui accepte indistinctement tous les hommes quels que soient leurs actes! Pour eux, ces hypocrites, la répercussion des actes des quelques oligarques planétaires sur le sort d’autrui, est une conception, une vue de l’esprit des amateurs de jérémiades, un verbiage d’intellectuels, car la bonté de tout le monde malgré les horreurs planifiées qui sévissent au monde par la faute des uns et la complicité aliénée des autres, est une certitude! Car tout homme est bon, et le mal - le malaise social, les souffrances politiquement structurées, instaurées par la faute de quelques-uns avec la complicité de l’État, la passivité des  foules dont ces quelques-uns tiennent leur pouvoir et leur appui parce que ces cohues se retrouvent en eux - oui le mal social existe sans malfaiteurs, et tous ceux qui démasquent les mécanismes du pouvoir dont tiennent ces maux de la société, sont des malappris!
 
En vérité, la bénignité sociale des sages sans action ni colère contre le mal, n’est que foutaise de réactionnaires se complaisant dans l'immoralité criminelle et la méchanceté inhumaine du statu quo. Le mal humainement évitable, choisi par les dirigeants via les politiques économiques et sociales imposées, n’est pas de la fatalité!  
 
Je dis que si les horreurs politiques des oligarchies subsistent, c’est parce que les foules (que je n'ose appeler peuples) ont des monstruosités qu'elles cherchent chez leurs représentants, leurs élus. Au-delà des tendances politiques, les votants en général retrouvent chez leurs élus, leurs propres penchants, leur weltanschauung vicieuse, leur égoïsme, leur haine qui leur permettent de s'identifier à leurs "leaders" et pour lesquels, aussi, par delà les courants idéologiques, ils les votent!  


CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

Tag(s) : #Monde du Concept

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