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Par Camille Loty Malebranche

 

La plupart des gauches officielles contemporaines ne sont désormais qu’une variation phonique dans la polyphonie de la ploutocratie au pouvoir. Je parle de ces gauches devenues frime hypercapitaliste masquée de gauchisme, une suite de mascarades politiciennes. Ces partis socialistes qui basculent, pour plusieurs, dans une extrême incohérence via le socialisme « de centre » qui, ne pouvant plus assumer la vision socialiste, patauge dans le culte des égo sans autre but en politique que de se faire chefs de parti et éventuellement élus à la tête de l’État par du populisme à la fois flagorneur des masses et cajoleur des ploutocrates. Il n’est de gauche que révolutionnaire. Toute gauche accommodante est félonie contre l’idéal originel et fondateur de l’opposition principielle à la servitude capitaliste des peuples qu’impose l’État ploutocratique. Prétexte de la droite mondiale qui se duplique et se divise par scissiparité pour mieux circonvenir les votants et ainsi régner sur l’échiquier politique, prévenant tout mouvement d’opposition véritable dans les sociétés, en officiellement et pompeusement l’opposition populaire. Garder leur clientèle et gaver le peuple de promesses factices de changement, les chefs de la plupart des gauches sont des affairistes et leurs partis, des équipes de prestidigitation illusionnistes qui doivent créer l’illusion du dualisme idéologique dans nos sociétés bourgeoises, férocement exterminatrices de toute libération économique et intégrale des majorités exclues, marginalisées ou embringuées dans l’ordre hypercapitaliste.

Une idéologie du résiduel

Nous sommes en face de la gauche gauchie par une idéologie du résiduel qui consiste à faire gober aux masses, par le résidu d’un discours pseudo révolutionnaire, les politiques agressantes de l’État et de la société ploutocratiques, tout en gardant le langage-alibi du progrès des droits majoritaires et de l’émancipation des travailleurs ordinaires, des chômeurs, des familles démunies, sans rien changer des mécanismes systémiques de l’État ni du mode économique. Ainsi le résidu discursif de la gauche est insidieusement partie de l’idéologie bourgeoise mensongère qui, avec une impudence férocement laxiste, concilie par la phraséologie électorale, des intérêts fondamentalement antagoniques. Complices de la légitimation de l’ordre établi, les gauches dévoyées régulièrement élues, en s’accommodant de la société telle qu’elle est, ne sont que manipulation ploutocratique des espoirs populaires. L’habitus de la gauche vraie et responsable est de manifester par le discours et la pensée politique active, le courage du changement systémique à l’échelle institutionnelle dans le mode d’orientation économique de l’État et de la société. Cette gauche authentique, elle, ne couche jamais avec l’État capitaliste, son ennemie doctrinale et de praxis. On ne peut être révolutionnaire comme ces partis nord-américains qui ne sont de gauche, ainsi que me le remarque souvent un ami, que par la permissivité voire la libéralité dévergondée des mœurs sans jamais toucher à l’économie !

 

L’imposture idéologique doit se pâmer pour la responsabilisation politique des partis se proclamant différents de la droite oligarchique, pour moraliser l’ordre économique des rapports de classe.

 

Pour éluder la confusion des appellations multiples de gauches, structurons de vrais partis du peuple car trop de gauches sont partenaires du statu quo gouverné par les ploutocrates. Et rappelons-nous que tout parti du peuple qui se veut accommodant, centriste, court à la reddition aux forces établies du pouvoir. Car le seul centrisme acceptable est celui de la manière de proposer son mode d’action et d’appliquer son extrême et non des principes du changement radical. J’entends par là, que le capitalisme est un extrême sans foi ni loi, et que s’y opposer, sera toujours dans les principes d’une vision politique populaire et libératrice, un extrême moralisateur du capital et des rapports de classe. Le centrisme qui ne veut contrarier personne dans l’ordre établi des ploutocrates, est le plus court chemin du reniement de la transformation sociale et de la trahison des majorités espérantes. Et, toute gauche qui concilie les antipodes que sont l’alternative révolutionnaire et le maintien de l’ordre socio-économique, toute tentative de réconcilier des extrêmes dans la gestion étatico-nationale, même de bonne foi, sombrera dans la démagogie et la désubstantialisation de la praxis transformatrice. On ne peut être gauche et droite en même temps. Lorsque l’indéfinition des principes dits de gauche déboute l’opinion, c’est la confusion des pôles idéologiques qui traverse la société et entrave l’alternative à l’aberration bourgeoise. Quand advient cela, c’est que la gauche est caduque et gauchie, complice et coupable de l’asservissement et de l’aliénation du peuple. Il ne peut en apparoir que de la déviance que j’appelle practico-idéologique, c’est-à-dire mise à mort de la praxis évoquée dans la doctrine principielle de gauche par la dénaturation idéelle et la difformité politique tuant sa raison d’être. Et pires, les fausses gauches légitiment le règne de la droite sauvage au pouvoir en jouant un multipartisme factice essentiel à la tyrannie ludique inhérent à l’électoralisme de l’État de droite qui écrase les majorités dans nos sociétés pseudo démocratiques.

La vraie gauche doit agir plus pertinemment et les gauches gauchies doivent soit disparaître soit désapprendre pour s’ériger en alternative à l’ordre putréfié du capitalisme contemporain.

 

Clairement défini, sans prostitution à la droite, un parti populaire sérieux ne peut viser à autre chose qu’à la maturation des forces sociales et politiques en vue d’établir une démocratie authentique qui ne se peut que dans le contexte d’un pouvoir au service du peuple et contrôlé par lui.

 

Pour le stade actuel de la crise mondiale, il faut un orienteur idéo-structurel, un état-major mondial révolutionnaire pour guider la révolte potentielle des peuples désappointés contre le capitalisme, ce système immonde, cet esclavagisme ploutocratique et financier garanti contre les peuples par l’État toxique au pouvoir à l’échelle quasi planétaire.

 

Il nous faut inventer quelque chose de nouveau, qui tiendra du pouvoir populaire sous forme de communautarisme administratif régional et global, n'excluant point l'affirmation individuelle par la liberté d'expression, l'activité créatrice et la spiritualité... Quelque chose qui intègre tant l'individualité que la communauté des citoyens enfin rendus à leur pleine humanité et citoyenneté souveraine dans une société nouvelle, conviviale et libre...

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

Tag(s) : #Monde du Concept

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