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Par Camille Loty Malebranche


 

 

La chose est l’en-soi inerte ou animé, entité minérale, végétale ou artificielle non humaine non animale, sans conscience, qui peuple le monde. La chose, c’est en quelque sorte l’entitaire non identitaire (car l’identité implique la vie) déterminé comme ce qu’elle est sans aucun rapport conscient à quiconque. Si elle évolue, la chose naturelle n’interagit pas, elle ne fait que connaître l’influence extérieure qui la détermine, comme l’arbre fruitier qui grandit, porte fleurs et fruits, comme la pierre qui grossit par amas de sédiments ou par métamorphose géologique. Quant aux choses artificielles, fabriquées par l’homme pour l’usage indiqué ou tout autre usage que l’homme peut lui attribuer, elle sont figées dans le temps de leur durée, elle ne connaissent aucune évolution mais peuvent être transformées selon les voeux de l’homme. Ainsi, la choséité dans son en-soi, existe soit indépendamment de l’homme soit en fonction de sa fabrication par l’homme. La définition de la choséité est dans sa condition d’existence strictement comme en-soi, entité suscitée par la nature ou fabriquée par l’homme. Toute chose est un fait, une fois constatée par l’homme.

 

Le fait advient donc par la conscience humaine qui le désigne comme tel. La factualité est un étant appréhendé par l’homme qui l’établit comme l’entité spécifique qu’elle est. En quelque soit le domaine de sa présence, le fait est ce que de la réalité, ce vaste englobant du tout environnant et perceptible, le regard de l’homme établit dans son entité distincte. Le fait est donc lieu de manifestation du réel en sa spécificité entitaire à partir de ses signes naturels, son comportement comme chose constatée.

 

L’évènement, quant à lui, est parmi les faits, ce qui surprend par un comportement différent, une manifestation autre. La factualité est le champ de ce qui se manifeste et se vérifie comme ordinaire alors que l’événementialité renvoie à une factualité hors de l’ordre général des faits, et peut aller jusqu’à modifier la perception que nous avons de la catégorie de faits parmi lesquels il se produit.

 

Les faits sont les données premières, les prémices de toute connaissance. L’intervention de l’entendement ne saurait partir du rien. Là, l’interprétation établit des hypothèses à vérifier.  

 

Les faits posent des problèmes que nous pouvons à la longue prévoir, légiférer alors que les évènements sont en soi des problématiques.

 

En science par exemple, les corps et leur composition atomique sont un fait mais la chute d’une grosse météorite qui fait exploser des vitres en Oural, est un évènement à cause de sa rareté, son caractère insolite.

 

               Fait et Herméneutique

 

En journalisme, en histoire et sciences humaines, les faits sont un prétexte de départ pour l’herméneute. Le fait, en ces domaines, n’est jamais juste un constat neutre, mais aussi dévoilement par une ou des herméneutiques. Le jugement de l’homme y façonne les faits en connaissance et les propose comme information.

Comme de l'historiographie et de l'Histoire, l'activité scripturale des spécialistes, selon leur alignement idéologique, peut altérer les faits du présent sans se soucier des conséquences d'une herméneutique décalée de la vérité, loin des investigations étiologiques du mal de société. L’herméneutique peut déformer les faits, ainsi, la factualité authentique nécessaire comme point de départ et d’objet à l’analyse de la condition sociale des hommes, sera toujours hachurée des stries de la vision des analystes. D’où, la contingence interprétative moulera la nécessité évènementielle du fait social, de la réalité humaine à l’intérieur des structures d’institutions qui les conditionnent. Soit somme des choses-là survenues, constatables,  étalées disjointes en leur finitude entitaire, soit interaction de consciences humaines en présence, soit encore interaction de la conscience humaine avec les institutions, les faits enfantent la réalité des étapes temporelles de l’histoire et participent de la reproduction des peuples et de leurs institutions.

 

La différence entre le fait et l’évènement tient de leur effet psychologique. L’évènement se distingue du fait par son caractère marquant qui se démarque du caractère ordinaire de celui-ci, l’événementialité, elle, tient du surgissement de l’inattendu ou à tout le moins, du spectaculaire dans la chaîne des faits.

 

L’homme est un grand utilisateur des choses qu’il trouve dans la nature ou qu’il fabrique. Par contre, il crée des faits indépendamment de sa volonté. Un fait n’est jamais fabriqué, sauf s’il est mensonge, donc un faux dont argue son fabricant pour tromper comme c’est souvent le cas devant les tribunaux! L’existence humaine est en soi un fait parce qu’offert à la constatation et à la considération de chaque homme qui existe et de tous ses semblables. Ainsi, le fait est la rencontre de la perception de l’homme avec ce qui est. L’évènement, lui, est un fait, une chose gravée dans l’insolite par le rapport de la conscience humaine. L’évènement surgit de la banalité de ce qui est pour s’imposer comme particularité touchante et mémorable au-dessus des choses et faits généraux.

 

Pour conclure provisoirement ce survol sur la choséité, la factualité et l’événementialité, nous devons constater que le rapport de la conscience humaine aux choses, aux faits et aux évènements, engendre les situations c'est-à-dire des contextes où la pensée et l’action prennent forme pour constituer l'effectivité du présent mental et comportemental, l'actualité où se manifeste la dualité naturelle et culturelle qu’est l’Homme.

 

Pour le reste, il y a la situation transcendante qu'est la spiritualité et ses vérités où il s'agit de DIEU et de son action en l'homme qui croit, c'est une dimension loin du statut de chose, de fait ou d'évènement parce que non sujette aux interactions simples de la conscience humaine avec les choses, les faits et les évènements, étant l'espace du mystère, champ de la vie mystique, de la Vie de l'Esprit au-dessus des contingences et banalités éphémères du monde. C'est le champ du rapport suprafactuel, supraévénementiel de la Foi et de la Révélation.    

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

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Tag(s) : #Monde du Concept

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