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Par Camille Loty Malebranche


 

La bonté commence par le dépassement des acrimonies intérieures que l'on s'efforce de noyer et d'éteindre par le bien. Devenir bon, c'est combattre les forces pulsionnelles négatives de l'ego où priment l'égoïsme et ses laideurs abyssales, pour privilégier les appels du soi à la transcendance de l'individu en nous, transcendance donc où notre personne pleinement autorisée à supplanter le simple individu peut passer au partage charitable avec l'humanité. La charité est disponibilité mentale pour le bien où à chaque acte j'exige la même justice envers moi-même qu'envers autrui. 

 

L'importance de la bonté tient en ce qu'elle constitue à elle seule, une échelle anonyme de toutes les échelles de valeurs morales. La bonté est en soi une axiologie en creux sur quoi, en relief, toutes axiologies morales s'impriment et s'imbriquent. Car la morale authentique n'a d'autre visée, que celle de rendre l'homme bon, de faire de l'humain une bonne personne.

 

La bonté est pureté qui ne pactise avec aucun faux bien conçu pour épater pompeusement par des œuvres éclatantes d'une charité spectaculaire afin de mieux faire régner le mauvais. Comme ces milliardaires philanthropes qui imposent l’ordre d’une finance paupérisante mais donnent des millions à des œuvres dites caritatives pour soulager leur conscience et se faire voir généreux officiels par les cohues excitées. 

 

La bonté spirituelle est le travail de l’esprit s’élevant par la Foi dans l’amour du Père. Nul ne voit cette bonté strictement intérieure que seul connaît son porteur et qui ne saurait être sondée que par Dieu lui-même et la vérité de la Foi de celui qui dit « Je crois ». D’où, tout procès canonique d’institution déclarant proclamer la sainteté d’hommes ayant vécu, est délire de pouvoir dont s’accoutrent des pontifes pour berner les foules.  

 

La bonté comme morale de l’homme envers le prochain par amour de l’humanité, est Justice et refus de toute collaboration au système qui entretient le mal. Elle est acceptation de la souffrance plutôt que de profiter d’un ordre infâme qui fait souffrir. Elle abreuve l’incompréhension des aliénés qu’elle protège plutôt que de basculer dans la manipulation qui fait bien paraître. Elle est l’exorcisme de toute ostentation charitable et de tout apparat mièvre de bonhomie affectée, c’est la discrétion dans le sublime, la disponibilité dans la distance, la solidarité pour la dignité totale, la vérité de l’aide qui hait l’hypocrisie imbécile du paternalisme. Les insanités de la simulation ostentatoire de la charité spectacle et du faux zèle paternaliste ont leur rentabilité en la politicaillerie coutumière des électoralistes, mais jamais elles ne sont dignes d’un Homme qui se construit et donc en route pour la conquête de soi. Une des grandes méchancetés, qui fait les pires humains dans les caves ténébreuses du mauvais le plus inqualifiable, hélas, est que tant d’ombres agitées croient conquérir extrinsèquement le monde sans avoir jamais pensé à se conquérir elles-mêmes! 

 

La bonté est souvent dans la retenue et l’endurance que dans l’exhibitionnisme du « don ». Il n’y a pas d’hommes bons mais des apprentis attentionnés et véridiques de la bonté. Et à l’orée de soi, aux confins de nos quêtes de nous-mêmes, la bonté nous parle et nous dit que seule la marge saine permet l’émergence de la noblesse agissante enracinée dans la pensée du bien qui fait l’homme bon. S’assimiler à un ordre impie, salement injuste et immoral pour ensuite, soi disant donner à ceux que ledit ordre où l’on s’enrichit par assimilation vénale, paupérise, est une nique à la bonté, un mensonge ignoble de profiteurs jouant les vestales jusqu’à l’impudence. La bonté est refus de participation à l’ordre mauvais, et non simulacre de bien par le don pour se faire estimer malgré la connivence avec l’abomination systémique. 


Les rédemptions temporelles telles la fin de la pauvreté, la justice, la lutte à l'inculture, l'érection d'une société de convivialité enrayant mesquineries et racismes avant la grande Rédemption Christique éternelle des rachetés, n’attendent ici-bas que la bonne foi des dirigeants voulant mettre fin à leur morgue inepte d'élites factices et à la sottise de leurs foules suivistes. La bonté est amour de soi et projection de cet amour vers l’être humain à cause de son humanité. C’est pourquoi, elle est révolte indomptable et permanente contre la masse des crapules qui veulent ravaler l’Homme. La bonté est combat sans merci livré à ceux qui, dans leur déchéance matérialiste ou mégalomane, se croient permis de soumettre l’homme.

 

Le principe et l’exigence de bonté envers moi-même, seraient lésés si je me laissais dominer en quoi que ce soit par les mufles innombrables qui espèrent mener le monde par le chantage pécuniaire, l’apparat immonde des structures et l’exhibition d’une soi disant force qui n’est que vilenie masquée de moins que rien en mal de règne!    

 

Se laisser faire n’importe quoi, obéir à des monstres, est collaboration coupable à la monstruosité, c’est, par veulerie, devenir mauvais avec les mauvais.

 

Être bon avec soi et pour soi, apprendre à l’être avec le prochain comme altérité semblable dans l’humanité, est un art de mesure et de distance en pleine proximité selon la charité due à l’humain, qui est Justice.

 

Bonté: générosité altière, largesse de vue dans la coopération discrète avec l’autre pour la construction de sa plénitude de Personne humaine.

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

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Tag(s) : #Monde du Concept

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