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Par Camille Loty Malebranche

     

Le fin mot de la justice sociale effective peut être synthétisé par cet aphorisme: Nul ne possédant rien à la naissance, les richesses du monde sont à tous; et ce qui est à tous doit être équitablement partagé entre tous.

Alors que la société capitaliste brandit l’égalité en droit comme l’une de ses effigies fondatrices, elle est une population gérée par des institutions dont dispose une infime minorité, une oligarchie contrôlant l’État et donc s’octroyant tous droits et privilèges, les droits des majorités y étant réduits qu’à ce qui ne nuit pas aux privilèges oligarchiques. L’égalité en droit sans l’exclusion des privilèges oligarchiques, est une ironie systémique des puissants envers le reste de la société que mène leur sceptre institutionnel.

Il n’y a que de l’arbitraire essentialisé du mensonge systématisé dans le leurre des formes, où l’ordre économique se permet toutes les injustices de fait de ses privilégiés, tout en arguant de justice légaliste et formelle pour asseoir sa propre existence par des tribunaux imposant l’acquittement des dettes envers les banques, le respect de l’ordre de privatisation de tout, l’ordre de l’obéissance civile. L’État de droit capitaliste ne sera jamais équitable et la justice de ce droit, est une pure aberration fictive de l’idéologie oligarchique. La justice interindividuelle policière que l’État prétend garantir - ce qu’en effet, il fait passablement puisque cela assure son propre contrôle de tous - n’est qu’une infime part de sa mission de garant de la justice. Il n’y a pas de justice quand le sort de tous dépend de structures crées ou séquestrées par quelques-uns pour s’octroyer une suprématie totale et exclusive, se diviniser au-dessus de la société globale en essentialisant leurs privilèges qu’ils imposent et présentent comme naturels comme par une sorte de métaphysique de la condition sociale des humains. 

La justice sociale ne peut être régie par le pouvoir suprême de l’establishment officiel au service de l’oligarchie rendue maîtresse existentielle des individus et strates des classes dominées dont les oligarques décident de la condition sociale et matérielle à vie. La société capitaliste ne reconnaît aux hommes qu’un mérite, celui d’être au service de quelques cossus et de plaire aux bouffis détenteurs des capitaux et structures de reconnaissance. Nous sommes arrivés à un moment d’aliénation si abyssale, que le premier mérite dans la néoféodalité contemporaine, c’est de savoir bien flagorner les décideurs! C’est là, la plus immonde tyrannie, le plus agressant despotisme que la sale engeance des privilèges décisionnels exerce selon leur bon plaisir d’élire qui doit être institutionnellement reconnu et qui peut avoir de quoi vivre convenablement en matériel. Seuls les seigneurs de la néoféodalité sordide en cours dans nos sociétés et leurs minables serfs âpres à la fouaille menant la masse des victimes consentantes par aliénation, peuvent trouver que ce monde toxique, cette déchetterie de quelques dominateurs et de leurs cohues d’associés prostitués, ait quelque humaine légitimité ou un quelconque sens ou raison d’être!

La justice sociale est la première des obligations de toute légitime administration politique de la société. Elle est la légitimité fondatrice du pouvoir d’État qui, sans elle, doit être dissout. Sans justice sociale effective et plénière, toutes les institutions étatiques sont abjectes et non avenues. Il n’y a pas d’exception à cette norme principielle qui dépasse toutes les règles et tout le statut des lois. Seuls des monstres ennemis de l’humanité peuvent prétendre que des états de faits quels qu’ils soient peuvent différer ou primer l’urgence permanente d’établir la justice de partage entre les membres de la société. Et, concentrer indignement quoique légalement toute la richesse collective des nations entre les mains de clans est un acte d’usurpation pire que tous les pillages et cambriolages possibles - lesquels sont limités à des victimes ciblées et sont dûment reconnus criminels - pire aussi que des hécatombes ponctuelles de l'histoire, vu les maladies et morts continues provoquées par la misère. 

Le capitalisme est la plus grande tyrannie frappant les peuples car il étend son même ordre oligarchique intra-étatique à toutes les relations interétatiques dites internationales, et impose sa loi de la jungle financière sans se soucier des milliards de victimes quotidiennes de ses horreurs systémiques.

Une société de sanctionnateurs inavoués qui fignolent l’ostracisme contre quiconque résiste à la dictature des privilégiés de la prédation des biens communs de l’humanité, une société sans souci de l’homme que prime le gain, une société déshumanisante qui chosifie l’individu pour être un simple rouage de sa mécanique économique, ne saurait être juste. La justice sociale ne peut commencer que par le primat de l’homme sur les biens, la primauté du bien-être collectif sur l’accumulation pécuniaire et matérielle. La désessentialisation de l’avoir pour que l’être humain soit la seule essence à qui tout ramène. Et la société capitaliste, sans distanciation d’elle-même, car esclave de son principe unique, celui de la prédation économique de tous par quelques-uns, telle une sorte de monisme criminel du système.

Sans argument rationnel, l’argutie capitaliste du travail, argutie ratiocinante du travail qui élèverait l’homme des masses ne se vérifie que pour les infimes minorités bourgeoises et leurs cooptés serviles qui, complices dans leur vénalité prédatrice de tous, profitent du travail des classes moyennes et des masses qui, elles, vivent de faux espoir idéologique, les uns obérés jusqu’au duvet de leur peau, les derniers, eux, nourris parfois de la vache enragée qu’édulcore la propagande médiatique des puissants, puisque condamnés de pères en fils à être au service des mêmes familles d’oligarques prédateurs.

Le capitalisme est par essence, dans sa logique  même, inhumain, déshumanisant puisque la propriété matérielle et l'accaparement des biens matériels y priment l'homme et précèdent tout malgré sa postiche légitimité par la violence des structures systémiques de l'État qu'il séquestre et utilise contre l'humanité.

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

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Tag(s) : #Monde du Concept

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