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Par Camille Loty Malebranche

 

La guerre considérée en sa source humaine, c’est-à-dire du côté du belligérant agresseur et donc déclencheur, qui, en agressant, la provoque, est signe du primat de la force brute à laquelle cède le bas instinct humain imprégnant les sociétés les poussant à vouloir s’imposer en écrasant l’altérité par la violence. C’est le schème primitif et atavique de l’animalité non assagie par le pouvoir de transcendance humaine que le guerrier agresseur manifeste structurellement par le militarisme pour assouvir sa soif bestiale, inhumaine de règne. La guerre, qu’elle soit civile ou interétatique, vient toujours d’une posture agressive de domination qui exige résistance et refus. Je dis guerre interétatique plutôt qu’internationale, sachant qu'assez souvent une bonne part des nations au nom desquelles des establishments étatiques font la guerre, est contre lesdites guerres. 

Il est fondamental de comprendre la guerre comme la double négation de l’altruisme et de la paix. Signe donc d'un rapport de tumulte et de disharmonie avec soi de l'agresseur déclencheur. Comme si la violation du principe d’amour en tant qu’ouverture bienveillante, amour impersonnel envers l’altérité, enflammait l'appétence de violence des belliqueux pour qui l'usage de la force est obsessif et la domination par l'écrasement sans pitié d'autrui, une gloire épique! Leur débordement d’égoïsme, de haine et de mépris sur fond de méchanceté exterminatrice les taraudant intérieurement en leur tempérament sanguin, minant leur propre paix intérieure, les porte à noyer leur propre tourment et agressivité dans l’agression d’autrui! En effet, de la détestation gratuite irrationnelle aux haines viscérales infondées de certains individus contre d'autres, jusqu’aux génocides et conflagrations mondiales, c’est le même manquement à l’amour-principe, la même ténèbre du bouleversement intérieur de la conscience agressive qui prédomine.

           Bellicisme et Dénivellement D'humanité 

Le bellicisme des puissances hégémoniques à des fins de conquêtes et de pillage des biens des peuples, malgré toute la logorrhée justificatrice et l’argutie des soi disant intentions civilisatrices, est au sous-sol des abysses de l’inhumanité, c’est de l’infrahumanité criminelle sous-abyssale. 

La guerre est de la responsabilité coupable de l’agresseur, elle est toujours la conséquence immédiate ou médiate d’un excès de liberté altérée en délire de pouvoir et de gloire cachant le bas instinct de prédation, de vol des puissances bellicistes hégémoniques. De toute manière, une gloire violente et tueuse qui sacrifie l’autre est une gloire fausse et sale car infâme, gloire corrompue car dénaturée en oppression d’autrui. Et le tempérament agresseur qui est lui-même corruption de la bonne agressivité pour atteindre des buts sains, façonne la violence et constitue la matrice de la guerre. La guerre prend forme dans l’incapacité de l’agresseur ou ignoble profiteur tyrannique à se dépasser lui-même pour limiter ses passions qui agressent l’autre; et en contexte étatique, la guerre est fignolée en épopée ou à tout le moins, nécessité humanitaire envers l'agressé ou action salvifique de l'État qui la déclare afin de garantir les intérêts de la nation par l'idéologie. Déficit d'humanité et dénivellement de toutes valeurs humaines, tel est le bellicisme, cette tare grave où le prétendu puissant ne fait qu'avouer son misérabilisme, sa déshumanisation. 

Exorciser les racines de l'agressivité agressante...

Pour éviter l’oppression, et parmi les diverses oppressions possibles, l'oppression belliciste des puissances, il faut apprendre à exercer envers l'autre, la justice que l’on veut pour soi-même et ne jamais la violer malgré les faiblesses perçues chez l’autre et la tentation d’en profiter! Il faut aussi apprendre à maîtriser son mépris d’autrui par la distanciation et la transcendance, cet autrui fût-il vraiment méprisable, pour éviter autant que possible, la violence contre lui. Savoir que notre capacité de violence ne doit entrer en scène et passer à l’acte que pour préserver la vie, la sauver, préserver la liberté et la conquérir sans fausser le sens de ces mots. Il est également nécessaire quand l’autre est si indigne qu’il déclenche notre dédain malgré nous et notre bonne foi pour aimer tous, que la bonne distance, l’éloignement si possible doit être priorisé. Toutefois si la violence est nécessaire pour se protéger et sauvegarder sa liberté, il ne faut pas hésiter à en prendre l’initiative sans haine mais par mesure conservatoire et selon toute la terrible rigueur nécessaire! 

Contre la violence interétatique des bellicistes.

L’une des racines du bellicisme, est l’impérialisme, cette mentalité de conquérant fondateur ou mainteneur d’empire toujours en expansion avec ou sans l’accord de l’autre qu’il faut faire collaborer volontairement ou par la force. Il n’y aurait pas d’empires sans la guerre, et pourquoi, tout empire cherche avec un zèle sanglant et une frénésie sanguinaire, des occasions de guerre. Toujours à l’affût du casus belli justificateur, justifié ou non, afin d’étendre son pouvoir. L’expansionnisme, l’hégémonisme ne sont possibles que par la guerre. Bellicistes maudits et terroristes géopolitiques et économiques, les empires sont des monstres sanguins, sagouins qui écrivent le destin historique de nombreux peuples au fil de leur géostratégie exterminatrice! Pour eux, l’effusion abondante du sang, toutes les horreurs de la guerre malgré le romanesque du rapport des exploits militaires, le faciès épique des conquêtes et le péan des victoires qui assimilent les généraux à des héros voire des dieux, la vilenie de la guerre est comparable aux crapuleries des voleurs à mains armées que l’orgueil impérial de certains États, magnifient pour en dissimuler les laideurs!       

Un monde sans guerre n’est guère possible car les nations auront toujours leurs fanatiques pour galvaniser les foules votantes et leur instiller leur nationalisme voulant imposer leur prépondérance économique, politique, culturelle, géopolitique, bref, faire de leur vision agressive, l’ordre dominant imposé à d’autres peuples et États par tous les moyens. C’est le propre des nationalismes d’engendrer toutes formes de géostratégie pour assurer leurs fins conquérantes! 

Est-ce à dire que les hommes, malgré les apparences soi disant morales et d’humanité sont restés des animaux primitifs de la prédation que leur intelligence affûte sans cesse par armes, structures financières et organes diplomatiques de justification voire de sacralisation selon la primauté hideuse et vorace de leur animalité!?

Le déclencheur de guerres, lui, a beau se camoufler pour cette seconde guerre de tout guerrier belliciste, à savoir la justification de la guerre, il n’en demeure pas moins un monstrueux animal, une sale bête qui ment et se ment à elle-même. Et de fait, le belliciste agresseur est pire que la bête car si la bête est poussée par l’instinct, l’homme devient infrabestial lorsqu’il abandonne sa capacité de transcender et de penser pour  se complaire à assouvir les plus basses pulsions de prédation qu’il ne manque pas de justifier voire de magnifier à travers l’épopée et l’histoire! 

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

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Tag(s) : #Monde du Concept

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