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Par Camille Loty Malebranche

 

La mollesse n'est jamais de la bonté mais de la complaisance couarde permissive qui abdique face au devoir de résister. La fermeté est la seule option saine et salvatrice face aux malfaiteurs individuels et structurels, aux prédateurs d'État, aux esclavagistes, aux envahisseurs, aux agresseurs; et la mollesse est toujours coupable connivence qui va jusqu’à soumettre le bien aux aberrations qu’elle laisse dominer. La mollesse fût-elle bonasse, est un déni du refus, une permissivité complaisante au mal.

L’amollissement de l’individu voire du peuple par des aberrations de convenance est aussi une stratégie idéologique des dominateurs du monde voulant avoir la soumission des esprits. Rendre tous veules, établir un mode de veulerie pour se faire obéir sans coup férir, est une appétence des classes du pouvoir. Par exemple, les religions institutionnelles et leur prêtraille qui passent leur temps à longueur d’homilétique accusatrice et d’apophtegmes à vitupérer le fidèle à peine coupable de peccadilles banales, enseignent bêtement et hypocritement de la mollesse envers les classes du pouvoir qui agressent tous, et vont jusqu'à prôner obéissance à l’ordre du monde diaboliquement matérialiste et injuste, malgré leur soi disant blâme métaphysique du même monde! C’est comme si l’engeance de l'injustice au pouvoir était une classe de surhommes non astreints aux mêmes principes de justice que tous et que les méchants qui vivent de leur méchanceté personnelle ou systémique, dominant le monde par la prédation et la violence de toutes sortes, parce qu’ils sont riches et puissants précisément par les fruits de leur iniquité, s’étant octroyés tous les pouvoirs et ressources parfois de génération en génération par le droit de succession, ont la méchanceté autorisée voire sanctifiée au point de mériter honneur et soumission de tous!

Chaque fois que le sage laisse faire le non sens par mollesse avec soi ou autrui, il transgresse la vraie justice, cette seule bonté qui doit primer parce que seule digne de l’homme! Être mou de caractère au point d’acquiescer le mauvais quand on sait pertinemment ce qui est juste, constitue une dérogation au devoir de refus et de résistance. Il s'agit ici de cultiver la transcendance pour vaincre. Car si la faiblesse peut gagner des fois contre un homme, il ne devrait jamais pour autant cesser d’être ferme à se reprendre dans l’orientation de sa volonté à mettre le cap sur le bien. C’est par cette fermeté à reconnaître et vouloir le bien sans croire aux aberrations convenues répandues que se renforce et vainc finalement la puissance du refus envers les pulsions intérieures et les tentations extérieures. La mollesse, elle, caresse nos propres défauts et laisse faire le tentateur, elle est toujours haïssable. En toutes occurrences, la mollesse mentale est autofustigation contemptrice de la volonté et de l’affirmation volontaire, ces seuls terreaux des vertus que la bonté met en route. Au plan social et politique, la mollesse est un abandon au mal, un manquement à la juste révolte, c’est l’antithèse même de la bonté.

Être ferme dans son refus est une base inébranlable à l’effort qu’un homme puisse offrir à sa grandeur, sa dignité; la fermeté étant la détermination de tenir la hauteur et de renvoyer la bassesse de la facilité de foule et de l’abandon vulgaire à la machinalité de l’agir des cohues. La fermeté est comme un frein à la mécanique des conventions de conjoncture ou de mode qui entraînent les multitudes comme un moteur abolissant les consciences. Ce qu’un homme peut faire de mal à l’humanité, sa propre humanité n’est jamais que la mollesse effarante du laisser-faire, faiblesse d’automation grégaire culturelle, là où il fallait dire non.

La mollesse signifie que l'homme accueille l'aberration majoritaire soit par peur d’être rejeté soit par réflexe d'appartenance au grand nombre, c'est donc toujours déréliction coupable du devoir de juger selon la justice. L'homme a le devoir de rejeter les débris du délire d'arrogance qui voit des moins que rien au pouvoir ou alliés du pouvoir, enjoindre l'homme de bien souverain à suivre le grand encanaillement général. Car il est des anthropomorphes-monstres dominateurs, et ils sont légions, qui se défoulent de leur dénaturation par gestes, suggestions et paroles toxiques en sinistres spécialistes de la manipulation sans en avoir l'air, aux dépens des hommes de valeur! La seule protection contre de telles ordures passe par l'inatteignable hauteur et lucide distance vis-à-vis d'elles.   

S'il faut ici être prescriptif, le seul et juste précepte qui soit, s'édicterait comme suit: Homme digne assumateur de ton humanité, n’hésite jamais à porter ta propre lampe et ta propre lumière quand les ténèbres sont générales. Ne te laisse pas culpabiliser par les accusations des manipulateurs corrupteurs ni amollir par la rection obscure du nombre aveugle et aliéné. Sache que la plupart des maux évitables que l’homme fait à l’homme directement ou par institutions interposées, s’appuient sur la mollesse des consciences liquéfiées que les prédateurs systémiques moulent en leur prêtant forme et fonction, faisant d’elles leurs victimes consentantes, leurs complices mous et amorphes.

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

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Tag(s) : #Monde du Concept

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