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Par Camille Loty Malebranche

 

Être et rester bon par ouverture de respect et de justice à l’autre sans rien céder sur les principes de suprématie de sa propre liberté, tout en cultivant l’amélioration dans la perfectibilité pour transcender ses manques et manifester toujours plus de bien, voilà un début fiable à la bonté. Refuser tout rapport de platitude avec l’autre pour n’entretenir que ce qui sert d’élévation réciproque en relations humaines, telle est la voie royale de l’altruisme sain qui tue toute méchanceté. Car la méchanceté n’est possible que dans la platitude indue des rapports malsains entre les humains. La méchanceté se présente comme la corruption de l’intention de l’agir, une perversion logique et morale qui subvertit la valeur et le sens de l’action à travers des motivations malsaines de l’agissant.

 

Un des déclencheurs psychiques classiques, qui rend l’homme méchant à un moment de la durée de son existence ici-bas, c’est l’aigreur des injustices subies et la réponse par les mêmes voies du mal. La méchante attitude de l’autre appelle ma propre attitude similaire sans que je m’en rende compte. Ainsi, je me laisse entraîner par un minus, un insensé sur sa voie de perdu, de damné, lui si bas, si miséreux en son être, son rapport à lui-même qu’il ne peut qu’extérioriser le mauvais! Voilà pourquoi, l’exorcisme de la méchanceté doit toujours se faire d’abord par la transcendance, chose très difficile à cultiver, sans pour autant rien céder à la crapule d’en face. J’ai bien dit « cultiver la transcendance » car nous sommes tous au risque de devenir méchant nous-mêmes à n’importe quel moment! Jésus répondait au jeune homme l’interrogeant sur la bonté « pourquoi m’interroges-tu sur la bonté? Un seul est bon ». Un seul ici se réfère à Dieu. Dieu seul est bon, en effet, car lui seul est au-dessus des affects qui peuvent rendre mauvais.

 

Nous sommes tous passibles d’offenses graves d’autrui et nous ne pouvons vaincre ces offenses que par la transcendance. Il n’est pas question de se faire petit devant le scélérat qui nous a fait du mal ni de ne pas se défendre de toutes ses forces selon la portée de l’attaque d’un importun agresseur, non il s’agit de dépasser le mal passé et d’en guérir psychologiquement, ce qui, en certaines circonstances, peut être laborieux et très lent. Car sans absoudre le méchant non repentant, nous devons arriver à ne pas le laisser séquestrer toute une partie de notre sensibilité et de nos sentiments. Je le redis, l’aigreur du mal subi chez l’innocent, est une catalyseuse diabolique de nombreuses méchancetés perpétrées par des gens à priori bénins et sans histoire. Des hommes de bonhomie et de bénignité que l’agression par autrui, agression répétée souvent lâche et extrême du pacifique par des violents - dans notre monde de légions de saloperies anthropomorphes plus agressives que toutes les bêtes les plus sales et les plus féroces de la jungle - a rendu à leur tour, méchants voire criminels.

 

Il s’agit en tout et surtout de ne pas entrer dans le jeu sordide de la haine. Combattre le violent avec plus de violence qu’il ne puisse avoir afin de le vaincre, est parfois nécessaire, car l’on ne se débarrasse pas des voyous et de leur toxicité monstrueuse avec des fleurs. Toutefois, il faut toujours se préserver de tomber dans la haine. La défense de soi-même doit rester autodéfense mais jamais culture mentale de l’ignominie du haineux dont on se protège en se défendant. Dans un monde où à peu près tous comme les pires fauves et charognards sylvestres, usent de leur petit avantage pour ravaler autrui dans la ronde macabre d’une espèce déshumanisée, seuls les quelques individus cultivant leur humanité par une conscience éveillée à l’esprit, arrivent à briser la chaîne mentale des violences que j’appelle létales de toutes sortes en tant qu’elles écrasent l’humain et tuent l’humanité même si elles ne portent aucun coup à la vie physique. Violence létale parfois homicide et souvent anthropocide! Car toute action, tout acte individuel ou structurel qui ravale l’homme est une forme de mise à mort de l’essence humaine, un péché contre l’humanité.

 

Nous comprenons le stade inhumainement monstrueux de nos sociétés soi disant humaines, quand nous constatons, l’incroyable abjecte systématisation des violences de la paupérisation programmée, de la haine ethnique, de la réification des masses et de l’écrasement des majorités par l’idéologie des oligarques et politiciens usant de l’État, sans oublier la vilenie non moins méchante de certaines majorités victimes qui louent leurs bourreaux et châtient l’innocent voire le bienfaiteur. Et, chose de la loi de causalité, nous comprenons qu’à toute cette violence politique, économique, symbolique, s’ajoutent les brutalités interindividuelles, la bestialité des compétitions ou rivalités sordides, la meurtrière barbarie des sentiments toxiques de l’envie, de la jalousie, de l’obsession d’accuser, de soumettre voire d’humilier chez certains monstres morphologiquement humains cherchant à assouvir de ces manières morbides, leurs propres manques plutôt que de chercher à se construire et à évoluer dans l’esprit selon leur humanité.

 

Dans un monde d’innombrables minables et médiocres, la méchanceté engendre la crapulerie haineuse des hordes qui envahissent l’échiquier institutionnel de la société. Dans cet univers de monstruosités à foison, les haillons organiques jouent constamment de leur intrigue, leur influence corrompue, corruptrice et tarée, influence envieuse et punisseuse, toujours à fignoler les pires pièges de leur bassesse contre l’homme de valeur authentique qui ne mise que sur ses grandeurs intrinsèques et son talent. Il faut un faisceau des hommes de bien et de valeur pour combattre l’infamie sociale afin de sauver la valeur et la vertu en consacrant les vrais mérites. Projeter une posture saine et verticale du succès, c’est cesser de favoriser les prostitutions qui garantissent la réussite personnelle auprès des structures de reconnaissance dominées par des oligarchies sales. La valeur authentique doit cesser d’être une cible de toutes les mesquineries de la canaille majoritaire des structures de pouvoir.

 

Apprendre à s’affirmer par le talent et rejeter la pathologie du blocage d’autrui est le sommet de l’émancipation personnelle vis-à-vis des forces de la bassesse, des pulsions de haine et leur syndrome d’amenuisement, de misérabilisme et de petitesse propre aux crapules et aux intrigants. En ce combat contre la méchanceté, l’homme spirituel, sait - malgré des souffrances - dépasser mentalement tout obstacle pour continuer à bien faire et à faire le bien! L’homme spirituel a confiance qu’en dernier ressort, face à la horde agressive des déchets de la méchanceté et du crime, il a pour lui, Dieu et sa protection infaillible.

 

Transcender le mal ambiant en continuant la culture de la bonté et de l’élévation globale de soi contre les manigances des intrigants qui s’agglutinent et œuvrent sournoisement, crapuleusement pour piéger et empêcher la percée des hommes de bien et de talent supérieur au comportement sain, est une sûre médication voire une assurance de victoire contre les pathologies de notre société d’injustices où les bouffis du pouvoir sont souvent des corrupteurs paternalistes complaisants du copinage et de la flagornerie, qui favorisent leurs larbins rampants, leurs reptiles saprophytes et ostracisent les hommes verticaux, porteurs inébranlables et incorruptibles d’humanité.

 

Le mal au niveau moral commence dès que le bien est omis, mais cette définition du mal par privation du bien que l’on appelle le péché par omission, n’est rien face aux énormités de l’humain qui, par mauvaise foi, haine ou défection, refuse le bien, planifie le mal et s’abandonne à ses bas instincts jusqu’à vouloir les ériger en vertus. Cette culture sordide du mauvais, voilà la méchanceté. Le méchant est le cultivateur moissonneur du mal qu’il aime à un point tel qu’il l’exalte et en jouit, s’y identifie et lui trouve des vertus dans son érèbe sadomasochiste inavouée! Car on ne provoque pas de mal à autrui sans en souffrir aussi, ne serait-ce qu’un peu!

 

La bonté s’exprime par l’intuition de la vérité de l’homme comme supérieur aux gains prétendus qui le sacrifieraient. L’homme bon est une conscience imbue de sa grandeur essentielle qu’il manifeste dans l’action alors que le méchant voit sa propre nature si sale qu’il s’enfonce dans ses salissures et ses miasmes en exprimant de la mauvaiseté par projection malsaine de son être infect. Le méchant ne serait pas méchant sans sa complaisance zélée au mal, sa mauvaise foi viscérale, son systématique refus mortifère de changer!

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

Copyright © CAMILLE LOTY MALEBRANCHE - Blog INTELLECTION -  2017 

Tag(s) : #Monde du Concept

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