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Par Camille Loty Malebranche

 

L'humilité véritable se situe seulement au niveau métaphysique où l’homme éprouve le sentiment effectif de son état de créature. C'est donc l'homme qui sait qu'il n'a rien que son être reçu qu'il doit travailler. 

L'humilité est le rapport sain au dénuement existentiel qui se dépasse par le fixage sur l'être, l'esprit et non le monde qui passe. Dans l'acception chrétienne, il faut dire que des théologiens et une certaine veine néotestamentaire ont figé leur regard, hélas, sur Jésus crucifié pour surenchérir sur une humilité dont ils ont dénaturé le sens. Il est ici important de préciser pour ceux qui élaborent de manière aussi perverse par théologisme sur la vertu d’humilité qu’ils présentent comme une vertu de l’asservissement vis à vis des puissants du monde, que, premièrement la mort de Jésus n'aura elle-même duré qu'à peine trois jours; mais aussi que Jésus fut mis à mort à cause de sa rébellion jugée arrogante par les vicieux prêtres juifs et l’occupant romain que fut Pilate. Donc la soi disant vertu d’humilité devant l’autorité prêchée sans nuancer que ce sont les principes justes quand ils sont base authentique de la véritable justice, qui doivent être respectés avec obéissance, constitue de la manipulation. Tout enseignement d'une humilité devant les prédateurs injustes du monde, sous prétexte que c'est la volonté de Dieu ou au nom de la mort du Christ qui aurait consacré cette sorte d'humilité d'obéissance aux monstres pécheurs arrogants de ce monde, ne peut être qu’une focalisation masochiste, autoflagellatoire et vile, quand on sait que la résurrection glorieuse, l'ascension et la gloire éternelle sont au Christ régnant qui a vaincu la mort dès le troisième jour qui a suivi sa crucifixion! D'ailleurs, l'humilité est loin d'être la vertu des dignitaires religieux, et nombre de prêtres qui lavent les pieds de leurs ouailles, pratiquent ce symbole pour mieux se permettre d'être arrogants et de régner sur les fidèles qu'ainsi, ils manipulent. L'art du symbole pour ne pas agir selon ce qui est symbolisé, est même un secret du pouvoir chez les chefs religieux et politiques de ce monde de mensonge et d'hypocrisie. 

Dans la vie courante, l'humble véritable vit la condition humaine comme champ de dépassement personnel à tous les niveaux et évite toujours d'instrumentaliser autrui pour assouvir son orgueil, son ego. Hélas, les foules, les populaces, les multitudes majoritaires piétinent souvent les vrais humbles qui acceptent de souffrir plutôt que d'utiliser leurs semblables par la manipulation politique, idéologique, religieuse... 

Le monde offre le pitoyable spectacle d’une vaste multitude majoritaire tellement aliénée, qu’elle se fait elle-même le marchepied des faux humbles qui les foulent aux pieds. Une multitude méchante, diversement déshumanisée, qui n'apprécie guère la véritable humilité.

L’humilité tend toujours au dépassement de soi

Se dépasser sainement est signe de la juste humilité, car cela signifie que l'on se sait non parfait mais perfectible et que l'on s'efforce donc de s'améliorer. Vouloir s'améliorer n'est-il pas en toute logique, le signe d'une conscience d'humilité! Car l'humilité est positive et conquérante de soi. L'arrogance est complaisante de soi, et pourquoi, l'arrogant tendra à vouloir rabaisser autrui pour ne pas être dépassé par cet autrui, plutôt que de se dépasser lui-même. 

L’humilité conspue l’hypocrisie des jugements de cour où une société maculée de ses insanités se cherche institutionnellement un faux visage, un masque de pureté. Pureté artificielle pour accuser et soumettre tous au mensonge convenu de l’idéologie.

Une feuille ténue sépare la vertu du vice en matière d’humilité car de la bonté qui est ouverture à l’humain par claire vision de la véritable nature humaine qui nous pousse par amour de Dieu et de nous-mêmes à être bon envers le semblable, il n’y a qu’un pas vers la bonasserie qui tolère les pires malpropretés d’autrui par soi disant souci d’humilité existentielle et indulgence envers le prochain. Le sage doit toujours opérer le discernement de la juste mesure pour garder vertueuse la vertu et éviter sa corruption par l’ineptie bonasse. La bonasserie est la corruption de la vertu, son altération haïssable!

L’humilité intelligente assumée envers le prochain est l’application de la grandeur de l’espèce intelligiblement intériorisée par une conscience humaine qui la projette sur tous ses semblables sous formes de bienveillance  à l’humain. À l’égard de Dieu, l’humilité est le sentiment de la condition de créature, qui fait confiance à la bonté et à l’amour de Dieu dont il vient, sachant qu’esprit, il ne s’accomplit qu’en tant qu’esprit dans la fusion avec l’Esprit de son origine.  

Dans les relations humaines, l’humilité cohérente avec elle-même est refus de soumission aux caprices d’orgueil de l’autre si arrogant, qu’il crée des structures de pouvoir et les sacralise par l’idéologie afin de se faire dieu et idole en imposant indûment ses pouvoirs et privilèges. 

L’humilité harmonieuse en elle-même, parce qu’elle se situe au niveau de la vérité de l’être et de la nature humaine qui est la même autant pour son homme que pour les autres, refuse toute soumission à ces autres, tout comme elle rejette toute sujétion d’autrui; l’humilité est la main amicale tendue à hauteur d’homme dans le respect des justes principes et lois pour un rapport digne et juste à autrui.

Dans une société où les bouffis du pouvoir sont aux aguets idéologiques selon leur paternalisme qui consiste à ravaler autrui, où les politiques refusent le mérite s’il n’est soumis et réduit à la flatterie, l’autonégation voire l’autodénigrement sont devenus les signes d’une humilité vicieuse transformée en dénégation de la vertu élévatrice, tournée en contraire de son essence vertueuse. Car l’humilité vraie est vertu téléologique qui doit motiver l’homme pour la projection saine et méliorative, un mode d’existence portée à l’amélioration personnelle prenant la perfection inatteignable comme ligne de mire! 

Quand les crapules et les cuistres dirigent et exigent le dépouillement de l’individu devant leur trône infâme et injuste, seule la révolte et le rejet de l’ordre accomplit la juste humilité qui est voie d’élévation de l’homme conscient des limites humaines à dépasser tout en conspuant chez soi et chez autrui les délires autoritaires et les grossièretés paternalistes. L’humilité ne connaît que des relations à hauteur d’homme, et, tout en reconnaissant les grandeurs et faiblesses de la nature humaine, jamais elle ne cède au chantage des classes du pouvoir exigeant obéissance à leur aberration. 

Entre l’infantilisme mignard des niais qui se laissent mener comme bête d’abattoir par la racaille dominante et la minable cécité sociologique des théoriciens nourris du système pour être aveugles sur les causes effectives de la misère des majorités pauvres dans un monde où elles produisent, d’ailleurs la richesse, l’idéologie des puissants maintiennent l’injustice en apprenant aux majorités souffrantes à s’auto-humilier selon l’injonction « sacrée » d’une certaine vertu d’humilité, humilité somme toute viciée, les enjoignant à la soumission! Hélas, en effet, bien des multitudes, aliénées par la fausse humilité, acquiescent à leur sort, obéissent et se soumettent pour mieux servir, humblement, humiliamment de marchepieds à leurs prédateurs, leurs bourreaux!

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

Copyright © CAMILLE LOTY MALEBRANCHE - Blog INTELLECTION -  2017

Tag(s) : #Monde du Concept

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