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Par Camille Loty Malebranche
 

 

Notre rapport aux étants, nous réfère à ces trois sortes de schèmes de qualités dus à leur substance: l’utile, le vital et l’ontologique.
 
L’utile, sphère du besoin.
 
L’utile est lié au besoin, il est en deçà des aspirations et des souhaits qui siéent au désir. C’est le stade premier et organique de la satisfaction humaine.
 
L’utile tient de l’usuel et dont l’usage permet l’expédition des besoins immédiats. L’utile réfère à des exigences d’utilisation pour faire face à des obligations immédiates bien temporelles.
 
Il n’est d’utile que ce qui permet de satisfaire des besoins dont l’insatisfaction provoque de la privation pouvant aller de la gêne au grand manque. Dans un monde physique, organique, où notre énergie de maintien et de fonctionnement nécessite des ressources, l’acquisition de celles-ci est une des premières motivations des hommes dans leurs besoins matériels et sociaux.
 
Le vital, espace de l’organique.
 
Le vital que je pourrais aussi appeler l’indispensable immédiat et prioritaire, sied au somatique et aux principes biologiques sans quoi, il n’y pas de vie. Il s’agit autant du fonctionnement organique du corps que de l’apport des éléments qui lui permettent de se renouveler, de rester vivant et de subsister : le manger, le boire, un toit contre le froid, les soins corporels et de santé y figurent à des degrés divers.
 
L'ontologique, domaine téléo-entéléchique...
 
L’ontologique est fondamentalement l’espace de la téléologie pour l’entéléchie humaine. Espace paroxystique du rapport de l’homme à l’Être et à son être dans l’Être. Quête référentielle de l’étant humain au sein de l’Être, (le grand tout) qui constitue tout ce qui est en tant que méga-englobant des étants de toutes sortes. L’ontologique renvoie nécessairement au sens existentiel, à la signification donnée à soi et aux êtres, à l’assumation par l’homme de sa place dans l’univers et le monde, une saisie finalitaire selon la nature finaliste de l’humain qui va tout générer quant au sens de son accomplissement transcendant et métaphysique mais aussi qui imprime sens au monde qu’il construit, car déterminant son comportement autant dans les relations sacrées ou, à tout le moins, transcendantes avec l’Être qu’avec lui-même et avec ses semblables qui forment la société. Le sens du soi dans le jugement existentiel précède et prédétermine tous les espaces d’évolution et d’intervention humaine, du sacré au profane, du politique au sentimental...
 
L’ontologique est le lieu de perception comportementale façonnant l’orientation individuelle du vital et de l’utile, étant schème d’autoherméneutique humaine par l’expression du sens. Là, dans un monde d’esbroufe matérielle où le superflu pécuniaire du cossu est exhibé comme vertu suprême et effigie ultime de grandeur, il faut toujours prendre garde à la valeur des valeurs désignées et s’élever à la dimension humaine qualitative pour ne pas perdre le sens du sens et le poids de la mesure.
 
Alors que l’idéologie confond toutes nuances, assimile perfidement tout au rentable, érigeant des superflus en vital par mégalomanie consomationnelle propre au snobisme d’objets onéreux d’esbroufe, force est ici de préciser que même la nature de l’utile précède la valeur marchande en tant qu’il s’agit de combler un besoin objectif; que rien de vital et encore moins de l’être de l’homme, son humanité, n’est intégrable au schème économique sinon que par perverse fiction idéologique et altération logique opérant la corruption définitionnelle des essences.
 
Vivre avec l’utile dont on use et profite tout en fixant le supérieur qui élève l’être et lui soumet tout avoir, est une posture de l’esprit en conquête de soi! Dépasser le vital, par la transcendance déitaire qui voit la primauté de la spiritualité sur le somatique, est la voie sacrée de l’accomplissement.
 
Compétition matérialiste et déroute du sens.
 
L’ordre idéologique capitaliste crée une compétition des superflus matériels extrêmes, qui ne cherche guère l’utilité mais qui travaille à étayer la mégalomanie possédante, le gigantisme pécuniaire comme valeur suprême et mode de consécration des individus.
 
Une société des extrinsèques ostentatoires qui effacent les véritables. Car en fait il ne s’agit ni de la richesse ni de la pauvreté qui ne sont en soi ni vertus ni vices. Mais du démantèlement de l’essence du mérite et de cela, la mise à mort du jugement pour des postiches de perceptions immondes nourrissants une conception pathogène et une considération pathologique parce que totalement factice des valeurs. Et, le pire qui fait pendant à ce capharnaüm de non sens, c’est la dépréciation axiologique de l’humain banalisé parmi les babioles de l’idéologie socio-économique qui rend l’homme malade d’intumescence matérialiste, complexé du statut idéologique de consommateur riche ou pauvre.
 
User de l’utile, entretenir le vital avec soin et cultiver l’ontologique en sachant que rien ne sera ni utile ni vital à celui qui perd son être et égare son essence par mauvaise foi et mauvais choix, selon les cécités coupables d’une conscience collective dénaturée esclave des sinistres aberrations mentales d’une société qui altère toute signification à travers l’introjection des dédales des incohérences mondaines antispirituelles!
 
La vocation entéléchique de l’homme est de jouir de l’utile tout en le transcendant, reconnaissant que seul son être est la raison d’être de toute chose utile. Hélas! l’utile s’est confondu au rentable dans la société de consommation qui en étend le sens jusqu’au symboles de classe par le rôle assigné aux objets! Une société si tarée qu’elle orchestre la consumation de l’humain par la consommation au feu dévorant des biens et services en coiffant l’utilité effective des choses par les signes artificiels d’appartenance à des classes ou des castes!
 
L’homme doit transcender l’utile en le circonscrivant dans sa nature utilitaire pour ne pas tomber dans cette aliénation livide qui ravage le monde, à savoir : la réduction de l’homme, de son être, de sa vie à être à la poursuite de l’utile; obsédé par la seule propriété de l’utile qui capte son temps et son existence au point de ne rien lui laisser d’humanité à force d’être assujetti par la terrifiante, phagocytante dictature de l’utile...
 
Le visage de la sagesse est de savoir trouver et exprimer la juste mesure de ces trois espaces de comportements qui déterminent pour beaucoup nos rapports à nous-mêmes, à Dieu, à l’univers et à autrui...
 
Que la primauté spirituelle de notre être soit l’instance suprême qui gouverne l’empan du vital et de l’utile!
 
Dépasser l’utile et bien assumer le vital avec la perspective de l’ontologique comme espace de l’accomplissement plénier, spirituel du soi, est la suprême mission de l’homme, la vocation humaine absolue.
 
 
CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

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Tag(s) : #Monde du Concept

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