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Par Camille Loty Malebranche

 

Le capitalisme est par essence l’ordre de l’aberration légalisée des privilèges sans bornes, qui tend à outrer immodérément toutes lois limitatives de ses propres excès. Avec ses crises socio-économiques à répétition, le capitalisme constitue fatalement une usurpation du pouvoir populaire par quelques-uns, un heurtoir étatique aux décisions politiques. 

Dans la politique mondiale contemporaine où le président étasunien Trump est, lui, le milliardaire, l’hypercapitaliste, stigmatisé par les médias du capitalisme, il faut voir un conflit de gérance de l’ordre du monde, une crise systémique mise en plein jour quant aux voies adoptables pour résoudre les dilemmes administratifs d’un système devant choisir ses voies ultérieures pour se renouveler. Entre un libéralisme commercial permettant des délocalisations douloureuses voire désastreuses qui agressent les masses de petits étasuniens appauvris et une exigence de production locale qui oblige à un respect des standards de travail propre à la grille des salaires aux Usa, les grandes industries s’octroyant la part du lion par les standards inférieurs des coûts de la production délocalisée, défendent leur surcroît du profit sans devoir aucun envers les masses! Trump, atypique, veut sauver le capitalisme en forçant les capitalistes étasuniens à soutenir au moins la subsistance des paupérisés du pays par l’emploi. Là, s’explique l’opposition féroce des médias appartenant aux grands industriels et financiers à la politique de Trump. Trump est donc l’acteur tragicomique d’un drame sordide, celui d’un système immoral qui veut se moraliser - ne serait-ce que sur les bords quoique loin de son essence putréfiée - pour empêcher son propre effondrement! Mais le capitalisme est le système des excès de l’appât du gain, il ne s’autolimite point dans sa frénésie du profit exponentiel et sans loi.

Quant à nos journaleux et spécialistes médiatiques qui se focalisent sur Trump tout en ne touchant aucunement l’aspect systémique et l’état critique du capitalisme tel qu’il est, leur posture tient d’une incohérence pseudo-analytique (que j’appellerais une schizo-analyse), car la crise socio-économique capitaliste contemporaine, est une crise systémique et non seulement la résultante ponctuelle des errements d’une administration particulière, d’ailleurs toute nouvelle. Crise systémique qui prouve en fait que l’injustice sociale et l’économie malsaine sont immanentes au capitalisme, lequel n’est point corrigible ni même réformable par les gouvernants de l’État qu’il subvertit. Les faits le prouvent, le capitalisme n’est pas juste un ordre qui vit en expédiant ses crises graves et ostensibles qu’il camoufle par des mesures palliatives non curatives, ce n’est pas non plus qu’un difficile problème économique parmi d’autres, mais un terrible drame humain opérant la déshumanisation dans les rapports sociaux des individus et familles; un rift politique coupant la société en clans et classes antagoniques, où les uns, extrêmement minoritaires et surhommes économiques, ont tous les droits, alors que les autres, les grandes majorités, n’ont rien à vivre que la soumission et la misère. Un système qui, à travers les relations indignes et inhumaines de classes, phagocyte la gouvernabilité en rendant l’État totalement chose, instrument des intérêts et désirs des ploutocrates! 

Le capitalisme est une aberration inhérente à l’idéologie de la domination de tous par quelques-uns, aberration qui ne tolère aucun remaniement sans se retourner contre soi. Aberration érigeant ses non sens en ersatz de rationalités monstrueuses, rationalités factices qui trouvent justifications dans la seule acceptation loufoque et toxique que le pouvoir des oligarques se justifie par la religion macabre de la privatisation de tous les biens communs de l’humanité, de toutes les ressources naturelles, humaines, matérielles et culturelles par les dieux-idoles de la finance. Une religion, où le seul sacré est le pouvoir oligarchique de séquestrer les ressources de la planète. Alors, quand Soros fait organiser des manifestations contre Trump par groupes et Ong interposés, c’est de l’ironie macabre qui se fout de l’intelligence collective; c’est comme si dans son rire glacial, la hyène accusait le lion d’être carnivore et de faire injustement des proies!

À vouloir se réinventer avec les mêmes causes et principes de ses dysfonctionnements chroniques, le capitalisme prend allure d’une aporie étiologique moqueuse qui joue comme d’autodérision politique pour animer et colorer le terne et livide spectacle social de son essence d’injustice, la grisaille oppressive de son déterminisme morbide.

Trump n’est ni meilleur ni pire qu’un autre dans la sordidité artificiellement aporétique d’un ordre du monde qui veut être moral tout en gardant les pratiques horriblement immorales de privilèges malsains et illimités des dominants prédateurs qui lui sont inhérents. La prédation de l’homme par l’homme, du peuple par des oligarques, est une immanence capitaliste. La seule morale avec un monstre systémique est de le jeter aux cloaques pour tout faire autrement selon un autre système! En aucun cas un ordre du monde, un système social, politique et économique ne devrait primer le pouvoir de l’homme d’en changer selon les besoins de justice et de saine cohérence! 

Trump expérimente malgré son appartenance au système où il est acteur majeur, la raideur morale et économique du capitalisme qui, comme le fascisme politique, se permet tous les discours contradictoires; un capitalisme compassé qui va démagogiquement du libéralisme au dirigisme à condition que les profits des magnats industriels et financiers croissent et continuent de croître exponentiellement sans obstacle aucun, un capitalisme excluant les moindres balises à la cupidité et au désengagement social, même quand lesdites balises viennent de l’un de ses plus authentiques représentants. Et, dans le sillage de ses bégaiements, la foulée de ses abjurations conjoncturelles, tous peuvent constater que capitalisme et droits de l'homme - un des droits fondamentaux de l’homme étant le droit économique de disposer des biens communs - constituent un binôme incongru, un oxymore de fumisterie au coeur d’un système qui n'a strictement que faire de l'humain! En attendant la suite, le capitalisme, tel un écheveau socio-économique, ne laisse nullement entrevoir la pointe du fil politique qui parviendrait à défaire ses multiples nœuds inhumains inextricables, ô, combien strangulatoires des peuples!... 


CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

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Tag(s) : #Monde du Concept

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