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Par Camille Loty Malebranche

 
 
Mathieu 25 (Parabole des talents)

25.14
Il en sera comme d'un homme qui, partant pour un voyage, appela ses serviteurs, et leur remit ses biens.
25.15
Il donna cinq talents à l'un, deux à l'autre, et un au troisième, à chacun selon sa capacité, et il partit.
25.16
Aussitôt celui qui avait reçu les cinq talents s'en alla, les fit valoir, et il gagna cinq autres talents.
25.17
De même, celui qui avait reçu les deux talents en gagna deux autres.
25.18
Celui qui n'en avait reçu qu'un alla faire un creux dans la terre, et cacha l'argent de son maître.
25.19
Longtemps après, le maître de ces serviteurs revint, et leur fit rendre compte.
25.20
Celui qui avait reçu les cinq talents s'approcha, en apportant cinq autres talents, et il dit: Seigneur, tu m'as remis cinq talents; voici, j'en ai gagné cinq autres.
25.21
Son maître lui dit: C'est bien, bon et fidèle serviteur; tu as été fidèle en peu de chose, je te confierai beaucoup; entre dans la joie de ton maître.
25.22
Celui qui avait reçu les deux talents s'approcha aussi, et il dit: Seigneur, tu m'as remis deux talents; voici, j'en ai gagné deux autres.
25.23
Son maître lui dit: C'est bien, bon et fidèle serviteur; tu as été fidèle en peu de chose, je te confierai beaucoup; entre dans la joie de ton maître.
25.24
Celui qui n'avait reçu qu'un talent s'approcha ensuite, et il dit: Seigneur, je savais que tu es un homme dur, qui moissonnes où tu n'as pas semé, et qui amasses où tu n'as pas vanné;
25.25
j'ai eu peur, et je suis allé cacher ton talent dans la terre; voici, prends ce qui est à toi.
25.26
Son maître lui répondit: Serviteur méchant et paresseux, tu savais que je moissonne où je n'ai pas semé, et que j'amasse où je n'ai pas vanné;
25.27
il te fallait donc remettre mon argent aux banquiers, et, à mon retour, j'aurais retiré ce qui est à moi avec un intérêt.
25.28
Otez-lui donc le talent, et donnez-le à celui qui a les dix talents.
25.29
Car on donnera à celui qui a, et il sera dans l'abondance, mais à celui qui n'a pas on ôtera même ce qu'il a.
25.30
Et le serviteur inutile, jetez-le dans les ténèbres du dehors, où il y aura des pleurs et des grincements de dents.

  

En prononçant sa parabole dite « des mines » ou « des talents » dans la forme gnomique du devoir humain de culture des don reçus, Jésus nous aura fait leçon de l’exigence de leffort d’autoconquête du soi par les dons divins en général et spécifiquement le don de lêtre à accomplir par le conatus spirituel, une gestion de nos attributs ontologiques, illustrée par trois postures spirituelles, trois attitudes mentales face à la vie, trois rapports à l’être.

Le soi, ce sujet humain en situation au monde à travers les différents rapports à Dieu, à l’univers, à soi et à autrui, ne vaut que par ce qu’il cultive, ne se définit que par sa perception du mode d’accomplissement qu’il s’applique. Tout manque à la vocation ontologique d’autoconquête est une abomination, un choix inavoué pour la déchéance par autodéfaitisme

Ensemencer sa vie de son effort à s’accomplir et moissonner son essence dans la gloire! La parabole des talents, est un appel à l’effort sacré vers la plénitude du soi, un effort d’autopropulsion pour l’autoconquête de l’esprit. 

Le Christ est triplement le Messager Modèle de la Gloire, Hérault du triplet de l’Héroïsme supra-terrestre de l’homme fils de Dieu : Il est le Ressuscité vainqueur de la mort; le Translaté de l’ascension, le Régnant céleste auprès de Dieu. La personne du Christ est un appel à l’élévation, de sorte que toute avanie, toute soumission à un ordre social injuste qui ravale, est une aberration criminelle prêchée par des manipulateurs esclavagistes et acquiescée stupidement par des aliénés serviles…

Identifier les dons reçus, (ses facultés individuelles) et aspirer à ceux qu’on se veut, puis les fructifier est plus que gratifiant au stade temporel. Par delà cette fructification des facultés, il est le don suprême, celui de notre être qui est le talent intemporel à fructifier, tribut-bénéfice de notre essence à qui tout l’attribut humain de pensée-action doit être consacré. C’est le seul domaine où il s’agit de réussir, pas juste de gagner car on gagne l’avoir périssable mais on réussit son être. L’homme, image de Dieu, doit réussir l’ascension spirituelle en travaillant tous les talents temporels à travers ses attributs intemporels de penseur-acteur en route ici-bas. 

Dans un monde malsain où la crapulerie paie, et où la vertu est un handicap; dans un univers social où les grands mérites sont piétinés pour des ersatz par des goûts malsains - et où règnent presque exclusivement les paltoquets, les prédateurs, les flagorneurs, les prostitués agressifs et intrigants - l’homme de bien ne vainc la vilenie méchante, la nuisance et les obstacles dressés par les vilains et les minus, les envieux et les piégeurs que par la pugnacité du caractère et la puissance du tempérament enracinés dans la foi et  cheminant avec le secours de Dieu qui nemanque jamais aux croyants véritables.  

Le principal talent de tout humain, c’est sa propre nature humaine à féconder selon sa vérité sans quoi, tout, à commencer par l’être de l’homme lui-même, est galvaudé et dissipé entre l’illusion et l’errance. La vie vécue à l’extérieur de l’essence spirituelle est un remplissage actif d’accessoires existentielles qui n’effacent point l’inconsistance des mirages, le vide de substance, la vacuité d’humanité. 

À ajuster ses talents à la facticité des mérites d’une société perverse qui encense les bêtises de ses propres fonctionnalités systémiques en encourageant l’individu à la vente de soi, à la simonie de ses qualités pour avoir en échange quelques faveurs, les talents se retournent contre l’élévation de l’être de l’homme par leur chosification sociale. 

Remarquons que le dernier serviteur de la parabole, celui qui ne fait rien de son talent qu’il juge méprisable, tombe lui-même dans un auto-appauvrissement, une autodestruction et que si le maître furibond, répugné, lui reprend ce qu’il a, pour le donner à ceux qui ont, ce n’est pas comme des manipulateurs le prétendent, par justification divine d’un enrichissement soi disant mérité des exploiteurs des pauvres, ni des cupides et vénaux de toutes sortes, non, il n’est pas question d’exploitation de l’homme par l’homme ni d’un quelconque mérite des riches quelle que soit leur voie vers la richesse! Il s’agit plutôt d’une hyperbole dans la parabolique pour nous faire comprendre que celui qui n’identifie et ne cultive pas ses talents, se dégrade lui-même, s’appauvrit sur le plan de l’être et voit, hagard, ses talents laissés incultes, fleurir et fructifier chez ceux ayant les mêmes dons que lui, mais à la différence de sa fainéantise, sa négligence, les cultivent avec assiduité.  

Dans un monde social niveleur, ultraréducteur qui efface nihlistement les valeurs par des colifichets d’apparats tout en simulant le contraire, la force de caractère spirituel est le seul levier capable d’ébranler et de renverser les murs d’ostracisme que les puissants et le grand nombre suiviste édifient contre les talents personnels non corrompus et leur vocation aux mérites. Car après tout, le but ultime et suprême du talent, c’est de rendre l’homme méritant, de propulser l’individu dans la noblesse de son humanité vocationnelle, de faire de l’animal humain, une personne plénière, une personne pleinement humaine selon tout l’empan de son origine divine... 


CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

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Tag(s) : #Monde du Concept

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