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Par Camille Loty Malebranche

 

La standardisation idéologique est la sinistre propension de l’institution sociale à la dépersonnalisation des individus rendus indifférenciés pour l’ordre social.

Standardiser idéologiquement, c’est définir administrativement les humains pour gouverner, c’est aussi souvent réifier les majorités pour les utiliser institutionnellement au profit de quelques-uns. Car en indifférenciant tous, les rois structurels enferment les individus dans un carcan de l’invariant de conduite régi par la terreur avouée ou souriante de l’institution sociale.   

Une domination liminale et dictature subliminale; ostracisme par excommunication des insoumis! 

La standardisation est la plus extrême des négations sociales de l’humain en tant qu’elle réifie le mental, rationalise des déraisons à travers les arguties monstrueuses d’un mode social impitoyablement exterminateur de toute altérité qui résiste à ses corruptions et lui désobéit. La standardisation est le champ de la canaille unifiée, nivelée que devient le peuple en contexte de vulgarophilie (ochlocratie cyniquement sinistre) des élites. 

L’évangile, par la voix du Christ, nous dit de « ne pas jeter nos perles aux pourceaux » et que « la vérité divise les familles », enjoignant ainsi l’homme d’être prêt à être rejeté de ses proches par le sang lorsqu’il entreprend sa construction comme Esprit-Sujet conscient de soi et de sa vocation ontologique. Je vois ici, le rejet, cet autre nom de l’ostracisme, comme le terrible effet de la standardisation qui fait des proches parents par le sang et la génétique, des étrangers pour quiconque des leurs refusant d’être standardisé. Et comme le fou, le sot, l’imbécile ne savent que se projeter dans de pathétiques et pitoyables injures sur les grands restés hommes dans la dignité humaine véritable, c’est le non standardisé qui est le coupable, le fou, que l’imbécile aliéné ose traiter d’imbécile dans sa projection de déshumanisé. Le non standardisé est l’accusé de toutes les ignominies par la meute des nivelés faisant leur sinistre et malsaine projection sur l’homme de bien. L’homme non standardisé qui refuse la réification par le nivellement des consciences-objets réduites au plus bas de leur choséité acceptée, car incapables de se tenir en sujets humains souverains, devient l’objet des outrages et médisances selon les critères haineux d’une société déshumanisée, que les ignares et déchets mouvants de ladite société, société-géheenne, faut-il ici préciser, stigmatisent selon leur rationalité tronquée et leur justice putréfiée.

Dans le fouillis de la standardisation sociale, tous les travers humains dans l’infrahumain sont justifiés voire magnifiés, par des idéologues envahissants et monstrueux. Toutes les consciences malsaines, tous les traîtres, les aigris, les sots de mauvaise foi ont droit de cité. Les rebuts du matérialisme, vaste canaille majoritaire de la société moderne, société nivelée pour la platitude plébéienne selon les nouveaux patriciens de l’idéologie, sont sans égard ni sentiments humains. Ce sont des machines du calcul pécuniaire impitoyable. Et parmi ces machines même le semblant d’une certaine culture, je précise bien, semblant, est là pour exhiber un postiche de raffinement pour mieux orchestrer le grotesque et l’immonde. Les produits de cet univers idéologique sont méchants et grossiers, félons et plats, flagorneurs et arrogants, incapables d’être amis ou proches. Ils n’ont point la finesse humaine ni de penser par eux-mêmes ni de se comporter dignement et humainement dans le respect des moindres valeurs humaines. Ce sont des objets programmés de l’économie et de l’ordre de la vénalité orchestrée par le matérialisme pécuniaire... 

Il n’est, en effet, plus hideux monstre d’incommunication qu’un ignare ou un faux cultivé sachant ressasser les grandes lignes de la culture classique pour cacher sa vacuité sordide et haineuse des vrais hommes de mérite et de grandeur. Il n’est pire crapule que le vulgaire déshumanisé et morbidement inhumain, le haillon mental dissimulé derrière des apparences de répétition livresque, mais sans aucun niveau de pensée ni de jugement pour agir avec humanité. Il n’est pire méchant que l’ignare, l’aveugle mental qui croit savoir par la manipulation idéologique qui l’a moulé. Nul agent infectieux n’est plus pathogène que l’individu fermé dans ses murs de ténèbres qu’il prend pour tour royale où il se sent souverain! Esclave irrécupérable à la plus infime liberté! 

Pour revenir à la standardisation, il faut préciser que c’est l’une des clés du pouvoir. Une standardisation du niveau de vie qui resterait juste au niveau matériel de vie où tous ont accès à une abondance communautaire choisi par le peuple et non imposé par une oligarchie prédatrice, serait une démocratie car elle signifierait que le peuple est devenu en son tout, la société, la Nation-État qui se gouverne dans la concertation sans cesse réactivée de ses membres groupés selon leurs intérêts en pleine harmonie avec les besoins nationaux. Mais lorsque, comme aujourd’hui, la standardisation est conçue pour faire régner quelques-uns, lesquels orchestrent la dictature du nivellement du penser et de l’agir, détenant tout le pouvoir institutionnel et décisionnel d’État pour punir et ostraciser ceux qui refusent leur ordre, il s’agit de despotisme, un despotisme ploutocratique. Un despotisme visible par la terreur punitive qui fait craindre la moindre réflexion non alignée aux intérêts oligarchiques, au point que le « citoyen » qui partage la vision d’un libre penseur anti-oligarchique doit le faire sous le manteau au risque d’être indexé s’il est découvert. Terrorisme idéologique, terrorisme mental, terrorisme fonctionnel au plan matériel et social ponctuent et broient la vie de quiconque refuse la soumission à l’ordre oligarchique des ploutocrates. 

Quand je rencontre un brave citoyen qui me sort un de ces clichés: « vous êtes libre dans un pays libre », je ne peux m’empêcher de lui adresser le sourire amusé de son inconsciente autodérision d’aliéné…
 
Le refus de la standardisation est un recours sûr contre l'asservissement des sots joyeux de leur assimilation, arrogants de leur effacement, tellement inconscients de leur misérable banalité, leur pitoyable posture!

La standardisation est duelle dans son effet, non seulement elle simplifie la domination du nombre rendu un seul échantillon à gérer mais en plus, par une sorte d’effet vulgarophile, elle dresse les majorités en foules aliénées et férocement dressées chiens de garde de l’ordre établi. L'aliénation de l'individu dépersonnalisé par l'idéologie standardisante est telle que sa tête patibulaire à la fois méchante et débile devient semblable, comme je l'ai écrit ailleurs, à un demeuré qui regarderait par le trou de la serrure les ébats de quelques pervers orgiaques tout en se masturbant pour crier après qu'il a joui avec eux. L'aliéné, ainsi que je le redis ici, est une telle dépouille de la déshumanisation et de la vacuité, qu'il en arrive à caresser l'ombre de la salissure de ses idoles dominantes, n'ayant point accès à ces jouissives salissures elles-mêmes.  

  
CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

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Tag(s) : #Monde du Concept

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