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Par Camille Loty Malebranche

 

Le surnaturel renvoie à la domination ponctuelle de la nature par une puissance extérieure et supérieure à l’homme. Puissance qui peut être bénéfique ou maléfique selon le niveau spirituel de l’homme en question. Quant au supranaturel, il évoque la qualité de l’esprit et de sa sphère métaphysique par rapport à la nature organique, être de la nature proprement dite. Le supranaturel est immanent à l’homme, c’est même l’homme lui-même en son hypostase spirituelle. Dans le contexte d’un esprit incarné où tout le regard des sens est comme figé sur le tangible impermanent, il est essentiel de se rappeler que le supranaturel est la vraie nature de l’homme, Nature ontologique au-dessus de la nature, cet agrégat d’éléments écologiques, physico-chimiques où nous évoluons et dont nous sommes organiquement faits.

Le surnaturel n’est appelé tel que parce que sa nature se distingue de la nature immédiate et matérielle de l’univers tangible, nature différente de la nature perceptible en sa constitution par la matière. L’univers de Dieu, quant à lui, est au-dessus du surnaturel, car Dieu détermine le tangible et l’intangible et tous sont soumis à sa volonté décisionnelle. Et, pour ma part, je dirai que les esprits déchus et mauvais sont des entités sales infranaturelles, tombées plus bas que leur nature trahie par eux-mêmes, et qui se vautrent dans le mal jusqu’à leur propre disparition au jour fixé par le seul vrai Dieu. Car les esprits qui ont péché, périront comme la chair et le sang! C’est pourquoi vu du chrétien, le spiritisme, le satanisme, la sorcellerie et autres pratiques immondes de magie et de sortilèges sont des signes de terribles abjections et abominations humaines, des trappes mortelles que s’ouvrent des humains spirituellement en voie de mort, quasi déjà morts, si bas, si délétères dans leur dénaturation, leur déchéance, qu’ils servent ce qui devrait fuir devant eux, des entités qui ne sont même pas des déchets cosmiques vu leur damnation attendant la disparition. Quand des déchus se mêlent de servir d’autres déchus, il ne peut en sourdre, hélas, que de la puanteur existentielle, de la dégoûtation servile courant à l’abîme final!

Pour l’homme, la grande conquête, le défi et la fin idoine est dans l’assumation de sa nature véritable d’esprit, un esprit conscient de sa vérité de missionnaire en examen ici-bas. Ainsi, le surnaturel qu’est la grâce divine au croyant ici-bas, les mérites christiques de Jésus, l’accompagnement paraclétique de l’homme de Dieu et sa protection par ces génies invisibles que l’évangile appelle les anges de l’Éternel, sont tous au service de la nature spirituelle cheminant dans la chair, notre être au monde où nous devons accomplir notre destin en saisissant la seule destinée humaine du Salut. Car la méconnaissance de l’appel spirituel, divin de la rédemption en Christ est ruine de la destinée, une contre-destinée asservissant des consciences perdues à elles-mêmes dans les méandres de leur destin individuel.

Le supranaturel est, nous le redisons, la perception de la nature humaine contre les platitudes du charnel telle, par exemple, celle du sexualisme contemporain, où l’homme est désormais perçu comme une sorte d’organisme agité par des hormones et une anatomie les servant de canal d’évacuation pour le plaisir paroxystique et amoral. Un hédonisme sulfureux et luxurieux s’ensuit comme mise à quia de toute transcendance de l’organique par l’Esprit. Ainsi, tout est confondu, tendance et excitation pulsionnelle, comme en sexualité où ces deux phases sont volontairement mélangées pour étayer une soi disant inévitabilité des options individuelles. Pour nuancer, précisons que la tendance renvoie à l’orientation sexuelle choisie sauf en cas de problèmes médicaux tels des dérèglements endocriniens, auxquels cas l'individu tombe sous l'emprise somato-psychique de l'altération hormonale… Alors que l’excitation tient de l’instinct stricto sensu où le sujet humain exposé à telle situation érotique, sous l’effet de stimuli, la pulsion prend le dessus.

Je sais, le plus grand drame de l’esprit est que l’homme dans le corps, plongé dans l’univers des sens, a du mal à imaginer son esprit par peur de désincarnation. Sans la corporéité matérielle, l’homme se sent tituber dans l’évanescence, comme si son être s’effaçait. Vivre selon l’esprit, n’est pas cesser de vivre pleinement dans son corps et avec son corps, il s’agit de faire du corps l’allié de l’esprit que celui-ci mène par la transcendance des pulsions pleinement et abondamment vécues mais orientées loin de toutes déviances et leur possible sublimation, en certaines circonstances, qui les convertit en force bénéfique et raisonnée.

Accrochons-nous à Dieu par la Foi pour que la Foi en Dieu nous conduise dans le plein champ de la seule destinée humaine, quel que soit le destin individuel (dit « contingence ») de notre vie personnelle, notre situation particulière!

La Nature humaine doit féconder le supranaturel qui la rend à elle-même dans sa hauteur selon l’envergure légitime de sa grandeur, le conatus de l’esprit d’être soi, sinon la nature humaine se dénie au point d’être méconnaissablement, abjectement déshumanisée jusqu’à l’horreur des corruptions extrêmes, jusqu’aux plus immondes ignominies.

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

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Tag(s) : #Monde du Concept

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