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Par Camille Loty Malebranche


    
Le savoir comme fait de la conscience intelligente qu'est l'humain, nous met en présence de deux sortes de sujets dans tout cas d'étude discursive entrepris par l'homme. D'abord, l'homme est en toutes instances, le sujet sachant alors que le cadre cognitif abstrait de sa réflexion est quant à lui, un sujet de sa réflexivité, l'objet n'intervenant que dans l'étude d'échantillons expérimentaux et physiques. Que la conscience procède dans des occurrences de subjectivation ou objectivation, c'est toujours, la face de l'entendement humain exprimant la pluridimensionnalité humaine qui se dévoile. Le sujet, c'est d'abord l'homme qui apprend et sait; ici l'on saisit pourquoi ce qui est discours et savoir en soi, en vienne à être nommé sujet en tant qu'il fait partie de l'homme - par delà l'objet étudié - devenant un acquis du sujet sachant, un patrimoine à enrichir, une part de la constitution intellectuelle du sujet humain sachant et continuant d'apprendre et de savoir dans son autoconstruction. Dynamique subjectale, mouvement de l'essence même du sujet humain qui imprègne la subjectivité et l'objectivité de l'individu en tant que conscience en rapport à soi et à l'univers. 

L'homme est sujet parce qu'il se projette et se pose en conscience de soi, coiffant toutes les situations choisies ou contingentes qui l'impliquent. La conscience de soi et l'autojugement à la fois comme témoin et juge de soi est un prérequis à toute subjectalité.

Un fait de connaissance devient un sujet et cesse d'être objet lorsqu'il se fond dans la subjectivité de l'homme, intégré en sa nature et ne se connaît en fait que par une introspection cognitive intuitive dont la discursivité est de fait une extériorisation, une description par l'humain. Les sujets de notre connaissance sont donc des éléments propres à notre nature humaine, à notre essence en émoi vers la cognition qui est toujours un peu une autocognition. C'est pourquoi nous pouvons dire que les sujets de notre connaissance deviennent eux-mêmes parts de notre être, du sujet que nous sommes au moment où nous les pensons ou en parlons.

Jamais vraiment objet sauf par une démarche de dédoublement cognitif, le sujet qu'est l'homme par nature, se dissout dans les sphères de dominations qui le vident de lui-même pour se substituer à lui. D'où, le plus cher combat humain en ce monde de dénaturations par les prédations systémiques, c'est de sauver et de préserver sa subjectalité, (son essence de sujet) pour refuser imparablement toute sujétion du sujet qu'il est, en expédiant tous les modes d'assujettissements qui le menacent quotidiennement dans la sphère métaphysique, sociale et intellectuelle.

Sujet objectivant et sujet objectivé...

Seuls les faits humains constituent des sujets, le reste est objet des sciences de la matière. Ainsi, le sujet objectivant qu'est l'homme a toujours été l'objectivé, c'est-à-dire ce qui le concerne en tant qu'humain lorsqu'il intervient, puisqu'il s'agit de rapports circulaires à sa nature, par manière de relation spéculaire avec son essence. Quête autocontemplative et autocritique de la conscience humaine par distanciation objectivante pour mieux subjectiver, mieux se reconnaître et s'assumer sujet souverain et conscient de soi. C'est en fait soi que l'homme interroge par sa grille discursive, où il évoque l'homme, les situations ou dimensions de l'homme, bref, la condition humaine, cette présence jamais vraiment objectivable. Tout, l'univers jusqu'au caillou, est objet d'étude et non sujet s'il n'est analysé en fonction de l'homme! L'univers devient sujet si et seulement si, délaissant la froideur de la mathématique, de la physique et de la chimie propres à l'astrophysique, il est considéré d'un point de vue anthropologique où la cosmologie évoque les origines des êtres tangibles, dont tardivement l'homme et aussi les liens que la matière connue ou supposée entretient avec l'homme, sa présence, son devenir.

L'homme est un sujet qui s'objective sainement par ruse gnoséologique et transcendance interrogative, pour se faire un plein de conscience de soi! Ailleurs, si par malheur, le sujet humain est aliéné par un quelconque système ou ordre social, il n'est point objet mais subverti en chose par d'autres hommes-choses de leur immonde appétence dominante, imposant une cinglante réification par la mise à mort de la subjectalité humaine. Ce phénomène, ce meurtre de la subjectalité du sujet ainsi effacé, constitue ce que je nomme anthropocide, un crime non sanglant mais qui est à l'échelle de l'esprit et de la nature humaine sabrée et réifiée, au moins aussi terrible que la masse d'homicides d'un génocide.

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

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Tag(s) : #Monde du Concept

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