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Par Camille Loty Malebranche

 

Tout État servant une oligarchie plutôt que le peuple au nom de qui il prétend exister, est une institution immonde et macabre de Corruption. L'État corrompu est celui qui trahit le peuple pour des groupes et personnes particuliers à qui il consent d'énormes privilèges, à commencer par la détention du pouvoir réel sur toute la société, pouvoir censé être entre les mains des représentants du peuple...

 

Dès le départ, je tiens à signaler que nous utilisons ici le mot démophobe non au sens psychologique mais dans un sens politique strictement en adéquation avec son étymologie, comme haine peureuse du peuple, donc avec la signification de ce qui est anti-peuple. 

 

Pour évoquer la destitution de Dilma Roussef, disons qu'une certaine bourgeoisie rétrograde qui a longtemps fait du Brésil un pays arriéré et d'exclusion sociale malgré ses ressources, ne peut que persécuter une gauche qui prend des initiatives en faveur des miséreux du Nordeste et du lumpen prolétariat des favelas. Dans sa politique intérieure, le parti des travailleurs aura donné un certain relief à la condition des plus démunis lors de la dernière décennie, et est donc devenu une cible à abattre malgré sa soumission au capitalisme qu'il a simplement tenté d'infléchir pour améliorer un tant soit peu, la terrible condition des masses. Sur le plan extérieur, il faut aussi penser aux BRICS que le parti de Lula et de Roussef a contribué à construire, le BRICS, alternative géopolitique à l'exclusif règne étasunien, ne peut, comme nous l'avons dit ailleurs, qu'être pourfendu par les Usa dont la dévoration impérialiste lugubre dans ce pays que Nixon désignait comme le meneur de toute l'Amérique du sud, ne souffre pas sans coup férir de voir le recul de la prépondérance étasunienne! Nous disons donc, fort de ces éléments, que la destitution de Dilma Roussef est un classique de la symbiose synergique du mode de complots propres aux visées impérialistes avec les macabres élites nationales partout en Amérique, dont la seule propension est l'accumulation sans partage. Pour éviter l'illégalité du coup d'État militaire, précisément par la corruption d'une majorité d'élus, les forces rétrogrades ont fomenté un coup d'État parlementaire soi disant moralisateur contre la présidente Roussef!

 

Ici, nous devons spécifier qu'un coup d'État soit légal ou illégal, quand il se mène par l'oligarchie, il constitue toujours un déni de démocratie dans cette part déjà restreinte de souveraineté que laisse le système électoral oligarchique au peuple et aux masses votantes. Que des corrompus avérés, pour la plupart, renversent une accusée non prouvée de corruption, cela tient du loufoque, d'un déni de rationalité maquillé en logique institutionnelle.

 

Corruption individuelle et corruption structurelle.

 

La corruption dans l'État est à la fois individuelle directe et aussi structurelle par la dénaturation institutionnelle en tant qu'elle dévie les institutions pour servir des privilèges de groupes et de minorités oligarchiques plutôt que de les gouverner au service de la nation et des citoyens. Tout État servant une oligarchie plutôt que le peuple au nom de quoi, il prétend exister, est une institution immonde et macabre de Corruption. L'État corrompu est celui qui trahit le peuple pour des groupes et personnes particuliers à qui il consent d'énormes privilèges, à commencer par la détention du pouvoir réel sur toute la société, pouvoir censée être entre les mains des représentants du peuple...

 

La corruption individuelle qui, elle, consiste en détournements de fonds publics, malversations financières ou pots de vin reçus par un fonctionnaire pour mésuser de ses fonctions dans l'État en faveur de particuliers ou simplement pour son propre enrichissement personnel, est plus imputable selon toutes les preuves, aux contempteurs de Dilma Roussef, dont le président de facto, Michel Temer, parachuté légalement mais illégitimement au pouvoir par ce putsch, lui, ex vice-président de Roussef, étant donné qu'il fut cité dans au moins un cas de corruption. Alors que Dilma Roussef qu'aucune preuve ne compromet personnellement, se retrouve indexée par des institutions officielles d'État qui voudraient faire croire à une volonté d'épuration du pays des affres de la corruption, il est essentiel de se rappeler que ce sont ces mêmes institutions pérennes au service des mêmes sempiternelles élites, qui, avant Lula, éhontées, ont toujours sordidement abandonné le pauvre miséreux des favelas ou du Nordeste à la faim et aux conditions d'existence matérielle les plus infrahumaines. En attendant le dénouement du dernier cran légal tenté par le camp Roussef faisant appel de la destitution de la présidente, auprès de la cour suprême brésilienne, le peuple brésilien en ses majorités, voit son destin séquestré par quelques familles qui prennent en ploutocrates voraces, tout le pays dans leurs valises et leurs poches.

 

Puisse le peuple brésilien, trouver les meilleurs modes de combat et de résistance pour vaincre les prédateurs institutionnels de ses moindres droits! Dans ce nouvel ignoble épisode de dédain démophobe de l'oligarchie brésilienne conspuant le sort des masses à une vie non miséreuse, le capitalisme se dévoile encore une fois, un monstre mangeur de peuple, une idéologie de ségrégation économique impitoyable un système d'apartheid social pernicieux sous couvert institutionnel d'une démocratie bourgeoise despotiquement liberticide...

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

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Tag(s) : #Monde du Concept, #Actualité

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