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Par Camille Loty Malebranche

 

Le mérite est l'expression du souhaitable produit en louable à travers la morale de l'institution sociale. Par sa désignation du méritoire, la société opère un fin brassage éthique et téléologique de ses attentes auprès de ses membres qu'elle motive par la gloire afférente au type de comportement servant les finalités de l'ordre social. Le mérite conditionne jusqu'au sens du dépassement vrai ou indigne et de l'estime de soi des individus et groupes. Car dès la famille en passant par l'école et l'État lui-même, c'est selon la définition et la conception du méritoire que l'on éduque, moule et motive les humains en société. 

La perception du mérite par la société est déterminante de rêves et de vocations à l’échelle individuelle, d’où une crise du mérite par une dénaturation axiologique tant logique que morale dans la représentation collective et institutionnelle, ne peut que faire dégénérer le mental et le comportement des individus. En nos sociétés contemporaines extrêmement niveleuses qui s’évertuent à standardiser par toutes sortes d'outils idéologiques de propagande, le comportement de leurs membres, plus que jamais, le mal est dans les messages liminaux et subliminaux des institutions sociales et du collectif qu’elles façonnent pour imposer leur mode de signifiance à chacun. Ainsi, le sens, pris en main par la société, imprime la grande dérive contemporaine déshumanisante que nous observons… Réinventer le sens, refaire la signifiance en changeant de société est une nécessité pour la réappropriation de l’humanité des foules institutionnellement menées et manipulées. 

Comme je le dis souvent : le rêve que tu fais est bien l’homme que tu es par la projection de toi-même qui s’y tient! J’entérine donc: Si ton mérite, celui qui s’imprime en ton rêve est digne et authentique, tu seras un Homme digne de ton humanité, sinon tu t’alièneras et ne seras rien que reflet voire émanation des miasmes institutionnels.  

Quand toute la société pâtit d’un manque d’humanité, c’est qu’au départ, ses suggestions du méritoire sont captieuses et vicieuses, et que ses membres souffrent d’un rapport vicié à leur soi individuel imprimé par le pernicieux soi institutionnel; ce n'est que retour de causalité de la conséquence sur la cause, se répercutant dans les structures matérielles et culturelles de la gestion du collectif. Car l'institution sociale accapare et vampirise ses dominés pour les vider d'eux-mêmes et vivre à leur place en leur carcasse expropriée par l'ordre idéologique. Les raccords que sont les retombées immatérielles et culturelles de l'action institutionnelle, orchestrent un tel déficit de sens, une si grave déficience de valeurs, que la civilisation elle-même s'en retrouve maculée de barbaries multiples, d'horreurs idéologiques manifestées en monstruosités militaires, dévorations économiques et ravages politiques de par le monde. 

Lorsque contre tout intrinsèque, la société cultive les jets de l’arrivisme et que l’estime de soi ne se fonde que sur la violence du ravalement d’autrui par sa marginalisation sociale ou son infériorisation dans les clivages économiques, on ne peut parler de civilisation.

Toute crise de valeur entraîne une crise de moralité et un déni du mérite instrumentalisé pour la domination des maîtres institutionnels qui désignent qui mérite ou qui ne mérite pas ou même, qui démérite, selon l'idoine façonnement idéologique du peuple au gré de leurs intérêts et privilèges macabres d'élite. Voilà pourquoi, il faut toujours prendre la précaution de scruter de très près les méritants officiels que nous désignent les rois institutionnels dont le règne sur les structures qu'ils dominent et maintiennent, dénature les modalités de regards; eux qui subvertissent le sens et pervertissent fatalement la vérité du mérite afin de corrompre les perceptions et d'altérer les jugements. Rien d'officiel ne peut être digne et méritoire quand les champs de la vision sociale sont façonnés par les facticités pseudo-didactiques, la fausse axiologie de manipulation qu'orchestre une maléfique oligarchie prédatrice.

Force est de constater que dans sa prétention avouée immédiate, la morale sociale semble authentique parce que rejoignant les grands principes de justice communautaire de respect de l'équité, de refus de l'individualisme dans sa face d'égoïsme chez un membre de la société qui prendrait les biens communs en excluant les autres ayant droit, de blâme de tout comportement antisocial à caractère criminel ou encore de désapprobation du sectarisme que nous pourrions désigner comme un égoïsme groupusculaire contre la société globale. Mais l'abysse où échoue et se dément la morale sociale, est dans ses codes inavoués, son hypocrisie exterminatrice de tout bien, à savoir que le bien, la justice, n'y est qu'apparence pour se donner bonne conscience et bonne presse afin de manipuler tous. Car en fait, la vraie face de la société est de l'anti-axiologie qui signifie à l'individu par des suggestions insidieuses, sans jamais le dire, que pour « réussir », il faut bien obéir aux maîtres des structures, se soumettre aux puissants du pouvoir social, savoir les flatter et accepter voire aduler les injustices que sont les privilèges de quelques oligarques privatisant pour eux-mêmes ce qui est pourtant à tous, choisissant quel mode de vie tous doivent mener pour servir leurs intérêts oligarchiques, dénigrant et punissant d'excommunication impitoyable quiconque refuse leur ordre malsain de prédation!

En vérité, dans notre société du mensonge-roi et du vice dominant, le mérite est suspect et rarement vrai car les charognards de la cupidité, avides de pouvoir et de domination sur tous, fignolent continûment un mérite de fausseté dont l'essence est de forcer tous les membres de la société à s'assimiler à leur dictature oligarchique.

Que vienne le temps du mérite véritable et authentique! Le temps d'un mérite qui se dégagera de la plénitude humaine embrassant les valeurs spirituelles, intellectuelles et morales, orchestrant altruisme, justice et équité dans la vie collective simplement et purement orientée vers l'élévation de l'humain en chaque homme! Le mérite ne viendra que par la métamorphose de l'entendement par une révolution éducative humano-sociale, humano-citoyenne pour la prépondérance absolue de l'homme rendu à son humanité.

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

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Tag(s) : #Monde du Concept

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