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Par Camille Loty Malebranche

 

Le sentiment de non habileté dans un domaine d’activité qu’un sujet voudrait maîtriser, est compréhensible voire normal, pour s’en débarrasser, ledit sujet doit chercher son propre domaine de talent. Le pathologique, survient quand par narcissisme blessé, le sujet d’un tel sentiment de manque se met comme un malade morveux et aigre à vouloir infliger son manque comme injure à celui possédant le talent qu’il n’a pas et qu’il considère supérieur, inatteignable donc à salir et à abattre. Le complexe d’infériorité survient quand l’imbécile inapte à cultiver ses propres facultés se met à s’aigrir de ce que l’autre a acquis au bout de son travail intellectuel, sa confiance en soi et sa foi en l’excellence de son essence humaine. Le complexe d’infériorité est donc la condition d’un sujet humain dont la conscience est déviée du travail de soi pour son amélioration propre à laquelle le sujet en question ne croit point au point de se focaliser sur l’autre dont l’existence lui rappelle sans cesse à quel point il est dans le manque. Le complexé est un essentialiste de la misère du minable qui, loin de considérer son manque comme une étape vers des conquêtes et acquisitions mélioratives, s’y morfond, y patauge jusqu’à être lui-même misère incarnée ne sachant brandir que le misérabilisme de sa haine, son appétence insane de persécution, de méchant contre la cible innocente qu’est le supérieur dont la présence lui est insupportable. Quand il est trop faible pour attaquer ouvertement le considéré "supérieur", le complexé d’infériorité bascule dans la flatterie devant lui et le brûle en effigie en son absence, tout en cherchant des faibles à maltraiter comme défouloir à sa blessure de complexé. 

Remarquez qu’ici nous n’incluons pas les malaises des individus avec leur corps dans cette interrogation du complexe d’infériorité, car nous les considérons comme des mal-être spéculaires plus ou moins graves ou très graves pouvant aller de la dysmorphobie à des autodénigrements liés à la culture ou l’ethnie.

Le complexé d’infériorité abdique la plus belle des facultés humaines qu’est le dépassement de soi, le travail inlassable d’amélioration de soi. C’est pourquoi, il gaspille son temps, son être à vouloir détruire le beau et le grand qu’il refuse de découvrir en lui-même selon son idiosyncrasie.

Drame traumatique de la non estime de soi, le complexe d’infériorité est un monstre qui dévore les perspectives de grandeur intrinsèques et endogènes de sa victime qui s’épuise à vouloir être de la grandeur d’autrui qui n’est pas la sienne et oublie de trouver son propre terreau à ensemencer et cultiver pour ses propres fruits possibles. À partir d’un certain seuil pathologique, on ne peut fréquenter un complexé d’infériorité, car sa conviction d’être inapte à toute hauteur humaine, le rend méchant et faussement arrogant par manière de compensation. Il devient brutal si son interlocuteur essaie de le calmer avec tact et respect, il lui crie, voire aboie pour montrer qu’il est limportant, lui dont le pire ravage est de se sentir sans importance! Son arme, c’est la fausse arrogance parfois accusatrice et grossière sans raison avec l’autre dont il se sent inférieur!

Dans notre société pathogène extrêmement clivée par l’ordre économique et par les fausses valeurs qui servent odieusement de repères morbides aux individus et leur assignent classe et rang dans le social, le complexé d’infériorité est un des visages courants de l’ordinaire. On le côtoie partout, des bureaux présidentiels autour des premiers ministres quand ce ne sont les premiers ministres et les présidents eux-mêmes comme aux bords des étalages de marchés de rue en passant par la bonne de café et le chauffeur d’autobus; et, gare à ceux qui éveillent en lui son problème d’infériorité.     

Les manques personnels ne se résorbent pas par la comparaison malsaine avec autrui ni par la haine du jugé supérieur poursuivi méchamment par besoin sale de compensation indigne, pas plus que les problèmes de mésestime de soi avec leur crise d’autohaine ne se résolvent par l’agressivité envers autrui et l’agression des innocents, non, les manques et les failles intérieures de l’individu ou d’une société se dissolvent par le travail de correction et d’amélioration de soi, par l’acquisition de la force du caractère qui ose dépasser ses faiblesses en élevant ses propres talents à hauteur d’action valorisante.

La grandeur de l’homme étant essentiellement dans l’intrinsèque, le passeport santé de l’individu est donc dans le renvoi des fausses valeurs extrinsèques de la société de consommation et de compétitions débiles. Il faut aussi démanteler les essentialismes idéologiques de classe, de sexe, d'ethnie et tous les racismes, ethnocentrismes, sociocentrismes, âgismes..., qui sont autant de discriminations entretenant les complexes dont celui d'infériorité parmi les humains.

S’améliorer soi-même spirituellement, moralement et intellectuellement est un défi-devoir idiosyncratique de chacun pour son propre dépassement selon son unicité en même temps quune voie sûre de valorisation de soi, et donc, de victoire sur toutes les formes de complexes dinfériorité par la confiance en soi.

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

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