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Par Camille Loty Malebranche

 

La vie en abondance, ce don du ministère christique au croyant, est l’apanage exclusif du vivant sachant assumer la vérité au-delà des finitudes et de leurs misères, car quand tout est fini et illusoire, il n’y a pas d’abondance mais misères métaphysiques masquées de richesses périssables qui passent comme la chair et le sang. C’est la puissance du vivant transcendant qui, par lucide anticipation conscientielle de l’esprit, sait goûter le céleste par adhésion et espérance quoique cheminant dans le terrestre et sa pauvreté où tout est fatalement voué à la poussière. 

Au schème spirituel, l’abondance réfère à une manière d’assumer l’être selon la plénitude intérieure. L’abondance est le statut métaphysique de l’homme assumant et vivant la vérité de l’esprit comme fils de Dieu, donc possédant l’opulence de la déité qu’il doit rendre active et effective à travers une conscience de l’intériorité exprimée en conception du monde active par delà les contingences terrestres et leur banalité... L’abondance de la vie est spiritualité au-dessus de la sensation de vacuité si présente en ce monde de crises de sens et de confusion.

« Je suis venu pour que mes brebis aient la vie et pour qu’elles l’aient en abondance », dit le Christ dans l’allégorie du bon Pasteur. Jésus, le Seigneur et Christ, a toujours précisé à notre entendement que l’homme doit vivre selon l’esprit à l’image de Dieu qui est « Esprit et Vérité ». Naturellement, la logique même de cette vie selon l’esprit comporte une affirmation définitionnelle ontologique qui en est l’assise, à savoir que l’homme est esprit même s’il habite la chair. Cela est l’incontournable prémisse, car seuls des esprits peuvent vivre selon l’Esprit, même si parfois des circonstances d’amenuisement situationnel font souvent paraître banale la vie d’un homme. Heureusement que l’homme est esprit bien par delà ses situations d’ici-bas! Et c’est précisément là que nous avons la métaphysique injonction de vivre selon l’esprit malgré l’animalité organique que nous habitons, car l’animal, en aucun cas, ne peut prétendre à l’esprit qu’il n’est pas. Jésus nous appelle à la libération spirituelle qui est transcendance de la chair par l’esprit, transcendance qui, seule, donne accès à la vraie vie, la seule vie abondante possible au-delà de la finitude de la terre… Heureux sommes-nous car l’esprit a la faculté de vivre hors de la tyrannie de la temporalité, étranger au sérail du temps et son outrage qu’est la durée. La durée est le contraire de l’infini et seul l’infini est abondance. L’abondance est le comble de l’avoir et l’avoir au plan ontologique, c’est exister dans son être en plénitude sans pouvoir en être dépossédé. Aux confins métaphysiques, l’avoir n’est pas de l’avoir mais de l’être. La servitude du charnel survient chaque fois que la conscience  humaine se fige dans l’immédiat du monde dit réalité. Une sorte d’invasion mentale par la fonctionnalité utilitaire des choses.  

La vie en abondance commence par la conscience du trésor ailleurs, de l’opulence du soi en soi, loin du carcan du réel et de ses mirages. L’abondance de la vie que donne le Christ prolonge l’autre abondance toute sentimentale dite « du cœur » par le même Jésus. L’abondance du cœur est le refus de la sécheresse de l’utile pour la verdeur sentimentale de la transcendance qui répond à l’appel de l’amour divin. Une abondance d’intentions transcendantes vers les confins supérieurs de l’être. Dieu est le dispensateur des abondances, car sa gloire ne lésine jamais soit en créant soit en donnant. De l’exubérance céleste innombrable par son incommensurable peuplement d’astres à la l’infinité terrestre des ressources mises à disposition de l’homme en passant par la multiplication des pains et la pêche miraculeuse, Dieu est prodigue de ses créations et de ses dons qui surabondent.

Vivre en abondance, c’est intégrer la famille spirituelle du Christ où l’esprit fixé sur le Père, trouve le vrai bien dans l’harmonie avec Dieu, sa Source et sa Fin. Vivre en abondance s’exprime par le détachement des rudiments matériels périssables, et ainsi brise l’égoïsme et ses conséquences de cupidité et de mesquinerie, car l’abondance spirituelle entraîne largesse de vue, prédominance de la substance humaine et des victuailles transcendantes sur les poncifs éphémères des richesses. Ainsi, celui qui est en Dieu et qui sait ce qu’il est en tant qu’imago Dei, use du monde et de ce qu’il y acquiert sans jamais y voir la propriété comme un objet d’attachement, sans se laisser altérer le jugement par ce qui n’est qu’avoir sans essence pour l’être!  

Le point de départ de l’abondance d’être que le Christ promet, comporte une exigence que très peu d’humains possèdent: l’abondante conscience du seul avoir possible, l’esprit, le soi intérieur assumant sa vérité d’Imago Dei. Car seul l’être intérieur de l’homme, est son seul trésor possible, trésor méconnu de la masse hagarde des esclaves d’illusions de ce monde.  

Les hommes oublient ou feignent toujours d’oublier que la terre et tout ce qui s’y rattache ne leur appartient que très temporairement; il est déroutant de constater, par delà le rapport patrimonial ou étatique voire physiocratique à la terre, à quel point les hommes sont oublieux de la face anthropophage de cette hébergeuse indomptée, jamais possédée, qui tôt ou tard leur reprend tout ce qui est organique, les enterrant, les effaçant impassiblement, eux et leur imbécile illusoire délire de propriété, leur frénésie de richesse. En vérité, la véritable richesse, l’abondance vraie est ailleurs quel que soit le rapport sain ou malsain que les hommes entretiennent avec celle-ci. 

Soyons abondants de notre être qui est esprit, c’est le seul avoir inviolable malgré son paradoxe d’intériorité immanente et de transcendance entéléchique. Car Dieu est Abondance démiurgique étant Omnipotence créationnelle dispensatrice de l’innombrable multitude des êtres inertes ou mouvants, inanimés ou animés, qui fait qu’il existe un « il y a », un univers, cette présence insolite et imprenable à notre entendement, notre existence entièrement tributaire de l’Être dont nous relevons comme fait et comme conscience. Dieu est Surabondance vivifiante par le schème des esprits dont les hommes, faits à son image, porteurs de conscience supérieure propre à la nature spirituelle cette projetée de la déité. C’est pourquoi en cette Surabondance divine où Dieu engendre ceux qu’il voue à participer aux gloires de son Amour selon la conscience spirituelle dont il les dote, seule la vie selon l’esprit est éternelle, et aucun esprit perdant sa vérité ne survivra. C’est précisément ce que signifie l’expression chrétienne « c’est l’esprit qui vivifie. » Si Dieu pourvoit d’existence ce qui est en général, comme l’univers, Il ne manifeste néanmoins sa Surabondance vitale vivifiante qu’est l’éternité qu’avec des esprits conscients de soi et vivant selon leur essence dans l’amour de leur Père. Dieu, Créateur de l’univers physique mais Père de l'esprit ennaturé, Vivifie tous les esprits assumant dignement et dans la vérité, leur essence. Eux seuls ont droit à la Vie en abondance car eux seuls croient en la vie et adhèrent à sa source. Eux seuls dépassent le jeu malsain faussement ludique de la surenchère d'ostentation qui joue d'illusions multiples multiformes pour masquer le vide individuel et collectif avec ses vacuités infrahumaines, ses néants déshumanisants!

   

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

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Tag(s) : #Monde du Concept

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