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Par Camille Loty Malebranche

 

L’homme n’est jamais autant sollicité comme subjectivité objectivante qu’en relations interpersonnelles. Car là, c’est littéralement le contenu humain du sujet, sa conscience en tant que rapport à soi et au monde qui s’exprime, se dévoile à l’autre semblable, l’autre conscience humaine. Rapport conscientiel qui manifeste qualitativement le stade d’évolution de la personne humaine.    

 

Dans l’interaction avec l’autre, le sujet humain est constamment sommé du jugement de ses propres actes selon la délicatesse des rapports humains en général et spécialement, des relations interpersonnelles. Si se sentir juste est gratifiant à une conscience d’homme, cette source de l’agir qu’est l’humain, ne manque pas d’être interpellé par la réaction de l’autre vers qui l’action est portée et qui, naturellement la perçoit et réagit. Les relations interpersonnelles sont le champ paroxystique de manifestation de l’homme comme sujet-objet. Là, la réaction d’autrui à mon agir peut devenir troubles et déviances au fond de ma conscience. Hormis les soucis de justice vis-à-vis de mon semblable, une réaction de désapprobation ou d’accusation par son jugement ciblant mon agir, peut basculer dans une culpabilisation autopunitive ou à l’inverse extrême, un mépris impitoyable et méchant. L’une et l’autre de ces réactions sont indignes et portent avec elles un déséquilibre indu, vecteur de souffrance émotionnelle et de déstabilisation de la personnalité.

 

Je parle de la sorte car pour l’homme de bien soucieux du respect de ses semblables, il peut advenir un véritable tourment de ne pas avoir bien traité autrui. En fait, ni la culpabilisation qui tourmente ni le faux orgueil se camouflant derrière une intumescence dédaigneuse ne sont dignes de l’humain. L’équilibre consiste à être objectif, à bien prendre conscience de l’impact objectif de tel agir donné sur le bien-être de son semblable. Cela signifie qu’il ne faille pas tomber dans la trappe de ces malades du caractère qui sont blessés du talent de leur interlocuteur, de la fierté d’autrui avec qui ils interagissent ou encore des origines de leurs vis-à-vis. Le monde est envahi de ces espèces de tarés inavoués qui vous accusent d’exister. Dans les vrais cas d’ambiguïté ou tout simplement de mauvais agissement, le comportement idoine sera de poser le problème et de s’expliquer, et même, s’excuser s’il y a lieu. Mais attention aux minables qui prennent cette élégance pleine de grandeur pour de la faiblesse pour vous culpabiliser sans raison.    

 

L’homme est sollicité particulièrement comme sujet-objet quand il doit se juger et prendre position face à lui-même pour bien affûter son angle de vision d’autrui, le semblable ou l’institution, afin de bien agir selon la noblesse morale d’un être libre et juste. Que donc, notre autojugement, soit toujours le fruit mûr de la conscience apprenant à se transcender et s’objectiver dans une volition d’empathie sans toutefois jamais rien céder sur la vérité du sens de l’agir en toute liberté et justice.

 

Dans sa sagesse christique, le Sauveur nous dit que le mode de jugement que nous appliquons à autrui, nous sera à nous aussi, appliqué par Dieu. Hors de cette sphère et de sa modalité hautement transcendante et spirituelle car divine, je dis qu’il est essentiel à chacun de s’efforcer d’être digne de l’humanité, la sienne d’abord, par la justice envers le prochain. Un effort comme réponse harmonieuse à notre nature humaine revendiquée comme supérieure selon l’orgueil authentique de l’Homme...

 

Le sujet que je suis, n’a pas un si grand effort à faire dans son objectivité jugeante, je dois simplement me rappeler que l’autre est un sujet que je dois d’abord subjectiver par empathie tout en objectivant son comportement.

 

Ici, le précepte salvateur qui convient, s’édicte comme suit:

Que le jugement subjectif que tu portes en contexte de relations humaines en direction de l’autre, soit objectif et juste selon un implacable souci d’équité à appliquer à autrui les mêmes clés et critères que tu t’appliquerais à toi-même dans les mêmes circonstances. Quant au jugement d’approbation ou de correction de soi-même, il ne doit être ni infatué ni culpabilisant, mais juste et équitable pour l’amélioration personnelle et le triomphe du bien contre toutes formes de déviances injustes et de mesquineries.

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

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Tag(s) : #Monde du Concept

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