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Par Camille Loty Malebranche

 

Les privilèges oligarchiques ne sont jamais légitimes même si les lois scélérates du système social les imposent légalement. Seul en contexte de démocratie populaire, dûment octroyé par le peuple informé et disposant souverainement de ses structures et ressources, un privilège peut être considéré moralement et démocratiquement digne. 

Le droit est le code des prérogatives sans aucune discrimination, garanties aux membres de la société par la loi alors que le privilège est la disposition arbitraire par le pouvoir de grands avantages réservés à des individus considérés spéciaux et donc favorisés par rapport au reste de la société. Lon comprend dès lors que le droit officiel de nos républiques, tel celui de lempire romain, est lui-même contre lÉtat de droit qui se présente comme équitable et égalitariste.
L’État de droit étant celui d’un système qui garantirait l’équité à toute la société sans discrimination d’aucun de ses membres, il s’agirait, dans ce cas, de pourvoir à chacun selon ses mérites, tout ce qui lui revient de droit. Sans que la richesse, les origines et l’ethnie ne soient prises en compte au niveau du traitement fait à l’individu.
Le mythe de cet État de droit proclamé dans les préambules des chartes constitutionnelles qui se veulent démocratiques, est hélas retenu dans les limbes loin de la réalité étatico-sociale des pays. En société, la liberté demeure la plus fragile des espérances en tant qu’elle est facilement passible d’aliénation c’est-à-dire de déviance et de dénaturation tant par la vision dominatrice des profiteurs de l’ordre économique que par celle bornée des victimes qui n’en ont point l’usage. Il n’y a de libération sociopolitique qu’en pleine connaissance des forces liberticides présentes dans les structures, qu’en plein discernement des risques et des rapports de force que sont les relations entre classes et entre États. Mais cela demeure une utopie, le temps où les peuples prendront conscience de leur possible contre les oppressions subtiles de la démocratie formelle !
Nous savons qu’au niveau de la science et de la technologie, de nombreuses utopies ont quand même vu leur fin heureuse : la conquête de l’espace d’abord aérien puis interstellaire est l’une de ces fins heureuses de l’utopie des hommes cloués au sol avant l’invention de la montgolfière, du dirigeable, de l’avion, de la fusée… Toutefois, dans la complexité de perceptions aussi contraires qu’extrêmes qui caractérisent la liberté sociale, celle-ci devient un concept vertigineux par sa polysémie et les querelles définitionnelles ou idéologiques, car si pour l’individu, l’homme seul, la liberté n’est que le choix de son maître : Dieu ou l’Abandon ; pour la société, elle est rapport à l’autre, l’autre individu, l’autre classe, l’autre ethnie, l’autre société, l’autre entité étatique dans le jeu du plus fort voulant dominer et asservir le plus faible.
Le rapport à l’autre, la différence d’identité aboutit rarement à l’étreinte fusionnelle car l’altérité a pour défaut d’engendrer le choc de la compétition, le conflit voire la dialectique dominant-dominé. La liberté n’est possible que dans un monde où tous, individus et états seraient égaux en droit et privilège, or nous savons que le droit ne garantit point la liberté mais l’équité formelle qui n’est pas nécessairement réelle vu les privilèges des tenants des structures sociales qui, constamment, rongent la conduite équitable de la société.
Nous sommes dans une réalité où l’équité que devrait produire l’égalité juridico-légale est au diable vauvert des chimères humanistes, étant donné le règne des privilèges qui sont en fait ses pires ennemis dans nos sociétés et entre les États sur le plan international. Le privilège est le tombeau de l’équité, l’ironie des dominants privilégiés sur les prétentions des majorités à l’égalité des chances pour tous. C’est la pierre où achoppe l’équité du destin social des individus comme le destin d’émancipation nationale des petits États.
Pour arriver à réduire cette dénaturation du destin des non nantis et faire de l’égalité des chances, une vérité sociale et internationale, il faudrait commencer par combattre et dissoudre les privilèges des grands barons de la société comme des grands États de la communauté internationale. Il faudrait aussi dénier leur influence immorale - parce que contre l’égalitarisme - eux, des corrupteurs qui corrompent respectivement le corps social ou les relations internationales à travers le mensonge idéologique et les diktats de l’économisme.
L’idéologie, dans une société essentiellement de privilèges quoique formellement de droits, est l’antithèse extrême de toute liberté, ce que j’appelle le jeu de l’entraliénation, c’est-à-dire la monstruosité du bourreau qui chosifie sa victime et n’est donc plus humain mais chose de ses méfaits, pas plus que la victime elle-même réifiée qui s’identifie, faute de modèle et d’émancipation psychologique, au visage même de son corrupteur !

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

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Tag(s) : #Monde du Concept

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