Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Par Camille Loty Malebranche

 

Le snobisme est l’abîme mental de l’esclave du déni de soi, l’expression simiesque de l’arrogance factice du moins que rien. Le snob est le type achevé du bourreau flatteur, il rampe au pied de ceux que la société lui dit grands et agresse ceux qui n’ont pas la côte sociale telle qu’il la connaît par les institutions. Un snob est en fait un rebut social infréquentable car couvant les pires inepties agressantes ou hypocrisies méchantes en relations humaines.

 

Le snob se reconnaît par son obsession d’un prestige relationnel, une valorisation que lui apporte ses fréquentations en haut lieu ou son appartenance à une institution de prestige social. Le snob se considère lui-même un pur néant qui ne prend existence qu’au contact de ceux qu’on lui désigne comme « grands ». Pour le snob, la relation avec lesdits grands est dispensatrice d’être et s’imprime à lui telle une marque déposée qu’une industrie appose sur ses produits. En fait, le snob autoréifié n’est pas un sujet humain vu son objectalité mentale, lui, triste produit de notre société égrotante en ses clivages, ses hiérarchisations discriminatoires des classes et groupes castoïdes comme les jet set ou les cours aristocratiques passablement anachroniques de notre temps… Courtisan de bas étage, le snob est l’incarnation de la platitude comportementale. On se rappelle, par exemple, ces étasuniens riches qui fuyaient Washington lors du passage du couple princier britannique (Charles et Diana) afin de ne pas être vus dans leur honte de n’être pas invités par Reagan! Le snob, c’est exactement cela, une rognure répugnante du social, rogaton nauséabond de notre société putréfiée. Et le snob, est lui-même une sorte de thermomètre vivant de tous les complexes individuels de classe et de caste nourris par le social, qu’il croit constamment noyer dans ses référents relationnels, ses fréquentations. C’est pourquoi le snob fera tout pour exhiber avec insistance et excès ses relations, son « intégration » institutionnelle. 

 

Un snob n’a pas d’amis, il n’a que des fréquentations, des relations. Car l’amitié exige un seuil d’humanité et de substance humaine que le snob ne saurait envisager même dans ses songes toujours tellement malsains de toutes les insanités et complexes propres aux hypocrisies et clivages de la société. L’on comprend que dès le départ, le jugement du snob soit galvaudé, biaisé indignement parce que cherchant dans le dehors, une valorisation de soi qui ne saurait être qu’intrinsèque. Ainsi pour un snob, ce que fait un philosophe, un scientifique, un écrivain, un artiste n’est rien, c’est l’intronisation institutionnelle de ces derniers et de leurs œuvres qui compte. C’est que maniéré de l’esbroufe, il ne connaît pas la valeur non exposée par les institutions dont il est idolâtre. Le snobisme est la tare désastreuse du faux jugement de ces légions d'ineptes méchants qui évaluent autrui d’après la clameur officielle. D’où, le gnome très moyen voire médiocre et sans envergure, une fois intronisé par les institutions et leurs pompes officielles idéologiques pour ses flagorneries et ses services à l’ordre social, est ipso facto perçu sublime et génie par la vilenie ambulante qu’est le snob…

 

Le snob se distingue de l’arriviste par la nature de ce qu’il brandit comme objet de valorisation. L’arriviste montre avec une ostentation maladive ses acquis matériels, c’est le plus souvent un parvenu de classe provenant des couches pauvres des classes moyennes voire des masses, qui a récemment profité d’une loterie, d’un coup de pouce politique et s’est enrichi, et qui veut sans cesse prouver à tous qu’il est devenu quelqu’un par l’apparat matériel. Le snob, lui, appartient généralement depuis toujours à une certaine sphère aisée du social, c’est un grand professionnel, un commerçant, un universitaire bien casé dans une boîte qui lui octroie un bon salaire. L’obsession du snob, c’est de fréquenter et d’être fréquenté par les célébrités, les jets sets, les personnalités en vue afin de se laisser croire et de faire accroire qu’il est important. Pour le snob, l’importance, voire l’humanité est dans la fréquentation de personnalités en vue, de lieux huppés sans quoi il n’existe pas. C’est peut-être, l’une des figures les plus valétudinaires, les plus répulsives de la société car le snobisme est en quelque sorte le sinistre profil d’un ordre social de pourriture et de confusion extrême qui juge par les apparences et le maniérisme de classe.

 

Le snob est en fait un piteux personnage convaincu de son infériorité absolue, que seules les relations de marque sauvent de l’infrahumanité éprouvée en sa conscience très miséreuse. Il lui faut constamment chercher la fréquentation de ceux qu’on lui désigne institutionnellement supérieurs, pour se sentir un être humain, et il a l’injonction d’être partout où les « grands » se donnent à voir. Le snob est essentiellement donc l’excentrique qui singe une extraversion sociale pour faire croire à un statut dont il se sait dépourvu, statut qui, de toute façon, n’est que morbide foutaise d’un bourgeoisisme infect.

 

Complexé et immonde en ses réflexes, un snob devrait vivre dans les cloaques loin de l’humanité qu’il ternit par son indécence. Mais hélas, quand la société est elle-même émaillée de facticités et simulacres, on a l’impression que les snobs et arrivistes y constituent l’essentiel de la population, quant aux snobs, ils forment cette démographie du malsain à degrés divers que sont des catégories issues des classes moyennes complexées, surtout en certaines de leurs strates aisées, strates petites-bourgeoises singeant la vie bourgeoise, prêtes à tout pour paraître bourgeoises, strates dont il faut ici rappeler le fascisme à posture pseudo révolutionnaire en politique.

 

Le snob n’a pas honte de s’exposer en public en faisant des scènes obscènes à l’homme de valeur qui ne correspond à sa névrose de classe, car déchu déchet produit des clivages qu’il s’introjecte et dont il est le compulsif acteur dans ses moindres faits et gestes envers autrui, il ne respecte point les valeurs authentiques et leurs hommes.

 

Le snob parlera de son emploi, pas de son œuvre, mais de la côte sociale de l’institution qui l’emploie, tout comme il adore évoquer les endroits qu’il fréquente se percevant comme strictement rien en lui-même. Malheur à quiconque, extérieur aux représentations du prestige social reconnu par le snob, le fréquente! On ne sort jamais propre de lenvironnement du snob! Réceptacle putride inconscient de la vidange des simulacres sociaux, malgré son humaine morphologie, le snob pue en ses moindres remous et ses ordures caractérielles caractéristiques se dispersent en mille éclats de salissures qui, dans le meilleur des cas, incommoderont son interlocuteur ou fréquentant non inscrit en ses codes si celui-ci est de caractère fort, sinon l’éclabousseront voire l’embourberont, car la toxicité du mental vicié vicieux de cette espèce de primates dégénérés, involués, ne peut ne pas salir son interlocuteur humain.

 

Le jugement du snob concernera toujours la marque des habits, le look conforme à la mode huppée. Et il est arrogant envers quiconque ne correspond à ces critères pitoyables. Le snob, il ne faut jamais l’oublier, vit pour une catégorie sociale dont il est totalement la chose. Seuls comptent pour son être perdu et errant dans des confusions multiples, les repères institutionnels de la classe « supérieure ». D’ailleurs, pour un malade du vide intérieur, même pas sous-homme mais reflet d’autrui qu’il a, ou voudrait avoir pour relation, l’humiliation ou ce qu’il croit être l’humiliation de quiconque n’entre dans ses schèmes méphitiques d’insanité mentale, est un réflexe, une gloire… Quand un individu devient chose à force d’être vide et néant à ses propres yeux, il est normal qu’il cherche irrépressiblement à ravaler les humains!

 

Vivre totalement en dehors de soi et selon le pire conformisme de classe, une classe « supérieure » à laquelle il (ou elle) veut appartenir, c’est l’effigie délétère du snob dont toute la vie est une suite de gesticulations histrioniques à travers une morgue singée, pour se laisser croire quelqu’un!

 

Le pire énervement voire la violence haineuse et viscérale du snob, ce miséreux de la vacuité intérieure, survient quand cette ombre sociale animée, rencontre un Homme véritable dont la substance lui dévoile son misérable et morbide vide, sa cruelle misère existentielle. Car le snob souvent trop bas tombé, trop englué dans ses miasmes et ses manières affectées, pour avoir le plus souvent perdu toute volonté de changer, joue de crânerie orgueilleuse et camoufle grimacièrement sa gêne honteuse sous le masque ridiculement mensonger de l’agressivité bruyante. Le snob est l’agresseur ostentatoire de ceux dont il n’est même pas digne de décrotter la semelle, lui le méprisable qui singe le mépris factice, gesticulatoire en consolation de sa propre inessentialité…

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

Copyright © CAMILLE LOTY MALEBRANCHE - Blog INTELLECTION -  2016

 

Politique de Reproduction

Les textes du Blog INTELLECTION peuvent être reproduits, en tout ou en partie, gratuitement, à condition d'indiquer clairement la source http://intellection.over-blog.com/, avec lien actif vers notre site. Dans le cas de la reproduction sur un support autre qu'Internet, la mention de l'adresse du Blog INTELLECTION (http://intellection.over-blog.com/) est exigée.

Tag(s) : #Monde du Concept

Partager cet article

Repost 0