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Par Camille Loty Malebranche

 

Ces temps-ci, on nous bombarde sur les grandes chaînes de télévision, de documentaires soi disant historiques. Deux d’entre eux, l’un stigmatisant Staline et l’autre, apothéotique sur Churchill, m’ont particulièrement fait rire du grivois simplisme de nos médias polarisés par l’idéologie jusqu’à l’encanaillement, jusqu’à la sottise. Il faut dire ici, que le documentaire - par son accès facile, attrayant, détendant, sa vocation didactique ou à tout le moins informant - à l’heure de l’internet et de la télé spécialisée sur demande, est devenu une gestalt ludique et ouverte à toute sortes de lubies et fictions que malheureusement, parfois, trop souvent, des manipulateurs systémiques prétendent scientifiques, historiques malgré des fois, leur farfelue posture. Le documentaire par son essence hypermédiatique, est le lieu privilégié de toutes sortes de manipulations idéologiques. Dans le domaine de l’Histoire, le documentaire instrumentalise et réinvente les faits pour imposer des points de vue tenant lieu de weltanschauung biaisée au gré de l’institution sociale, sans égard pour la nature des évènements et les rapports de causalité et de contextualité que les acteurs de l’histoire entretiennent avec l’action qui engendre précisément ces évènements qu’étudient les historiens.

 

Désormais, dans son obsession de mettre en film les menteries débilitantes de son idéologie vile et insipide, l’occident martèle littéralement des sortes de mantras propagandistes pour convaincre les foules et infantiliser les crédules. Qu’est-ce qu’un dictateur aux yeux des occidentaux? Un dirigeant du monde - le plus souvent non blanc, ici, seul Milosevic et les siens font exception - qui n’aide pas l’occident à broyer son propre pays. Cela est plus que patent dans l’attitude ridiculement servile de flagornerie et de complaisance de l’occident envers certaines pétromonarchies, notamment à l’égard de l’État dictatorialement tyrannique d’Arabie saoudite, complaisance flagorneuse qui tranche avec l’approche haineuse, antagonique, parfois criminelle du même occident contre d’autres régimes étatiques beaucoup plus progressistes et de loin plus permissifs, telle ce fut envers Kadhafi assassiné par les puissances occidentales, lui pourtant hyperprogressiste qui a fait de son pays un modèle de bien-être matériel par l’État au service du peuple loin de l’État moloch si fréquent même en Occident...

 

En vérité, l’occident est atteint dune schizo-idéologie doublée damnésie sordide de sélectivité ponctuelle. Un occident dont le profil est celui dun abîme de contradictions et de cacophonies mensongères; compte tenu de ses incohérences flagrantes sous-tendues par son inconciliable prétention au moralisme et à l’hégémonie la plus violente, la plus inhumainement belliciste, qui le rendent ridiculement faux.

 

Dualité géoethnique du crime dans l’histoire et épuration du concept de grandeur historique.

 

Staline est un monstre absolu pour ses crimes au documentaire qui banalise le fait que ce monstre, nous l’admettons, est aussi le génie politique qui a conçu la Russie moderne et permis que la Russie ait le poids qu’elle a actuellement même après l’Union soviétique; alors que Churchill serait un parangon de propreté, lui, pourtant, premier ministre au temps du colonialisme anglais, donc maître d’un ordre exterminateur qui massacrait physiquement des africains, des indiens résistants sans oublier tous les sévices mentaux subis par ces peuples du barbare britannique… Nous disons que c’est là un parti pris insensé des documentaristes occidentaux que de prendre le chef d’un empire criminel contre l’humanité en plein vingtième siècle, empire débouté par la chute du colonialisme formel, et d’en faire un géant de valeurs humaines. Et, des deux, Staline aura conduit son pays à la gloire tandis que Churchill n’a pas pu empêcher le déclassement de l’Angleterre rendue aujourd’hui puissance de seconde zone, état satellite des Usa.

 

Quand le crime d’État doublé de crime contre les peuples, crimes donc contre l’humanité, se perpètre en Europe à l’instar de ceux d’Hitler, il est un crime; mais quand l’occident dévore des peuples du sud, c’est de la conquête louable!? C’est là, ce que j’appelle la dualité géoethnique sur fond d’épuration médiatique de la grandeur historique des chefs ou héros.

 

Évoquer les « grands » hommes politiques de l’histoire humaine devrait d’abord amener celui qui le fait à se poser la question sur la consistance de cette grandeur. Car la plupart de nos grands héros ou grands chefs du passé ancien ou récent, ne tiendraient point si les mêmes critères servaient à les juger tous sans préférence des « bons » ni discrimination des malaimés par les idéologues des puissances occidentales contemporaines. Des idéologues documentaristes dont le jugement à posteriori, opère une factice morale de bénignité et de noblesse inventée et appliquée aux désignés « glorieux » de l’histoire officielle occidentale, tout en conspuant les ex ennemis idéologiques présentés comme les seuls grands criminels du passé. Vu cette orientation fallacieuse de l’histoire opérée dans certains documentaires sur les protagonistes de la seconde guerre mondiale, je tiens à dire que tous lesdits grands hommes de cette conflagration - fors F. D. Roosevelt qui le fut un peu moindrement, lui qui, ailleurs eut des déclarations violentes et racistes contre un pays comme Haïti, a mené lempire étasunien ségrégationniste, impérialiste, voire colonialiste de son temps, avec une certaine retenue que Truman abandonnera par la rage atomique et le double holocauste dHiroshima et de Nagasaki - ont été des infernaux, des bellicistes avérés, des violents sans foi ni loi si l’on doit les juger au pied d’une pureté de morale humaniste. Le critérium de la sainteté n’est d’aucun secours aux hagiographes et détracteurs dénigreurs qui sévissent par discrimination idéologique en élevant les uns et stigmatisant les autres. Ceux qui montent des documentaires orientés vers des impropriétés anti-historiques pour faire une histoire idéologisée en faveur des uns et contre les autres, ne méritent d’autres titres que celui méprisable, de documenteurs.

 

Que tous ceux qui refusent le mensonge des prédateurs occidentaux, conspuent loccidentalisme, cette manière d’être, cette modalité idéologique de la poignée des puissances contemporaines dites occident, un occident haineux de toute multipolarité politique et économique lui enlevant son monopole hégémonique sur le monde, cet occident qui, également, joue les démocrates planétaires, tout en dévorant les pays du sud qu’il domine et paupérise en sa qualité de nord économique, tout en persécutant tout leader périphérique progressiste, non soumis à la dévorante hégémonie occidentale.

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

 

Copyright © Camille Loty Malebranche - blog INTELLECTION -  2015

Tag(s) : #Monde du Concept

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