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Par Camille Loty Malebranche

 

La vertu vraie commence par la réponse de l’homme à l’appel intérieur du bien qui le fait se transcender lui-même et sopposer à ses propres pulsions négatives; ailleurs, toute ostentation de vertu mise en scène pour clamer sa propre bonté, n’est qu’ostentation vaniteuse de classe, de groupe ou d'individu pour flatter lego et manipuler les foules.

 

Quand vient décembre et que monte l’irrépressible propension à la charité de scène, tel un pathologique besoin des meutes cupides et vénales de notre société clivée à l’extrême, il est convenu que nos médias commerciaux et les cohues de toutes sortes - qui arborent en bouffis marmoréens ou en farauds conviviaux, selon leur rôle quotidien, leur dédain coutumier de l’humanité - mettent en scène au nom d’une bonhomie-spectacle, leur générosité histrionique, leurs largesses ostentatoires. En vérité, il faut s’esclaffer du maniérisme de cette charité affectée et factice que ces hordes sociales de la cruauté systématisée, manifestent mièvrement, ostensiblement chaque année sous l’objectif des caméras en vue de se laisser croire humaines par leur éloquente nique humanitaire. En fait, c’est le propre du capitalisme, où l’égoïsme, la prédation de l’homme par l’homme, murent l’individu dans la propriété matérielle qui le définit, où la froideur la plus monstrueuse de négation de l’homme pour les biens matériels et leur appropriation privée est une nécessité, où la cruauté égoïste et les pulsions de la convoitise ne sont ni épiphénomènes ni contingences, mais principes actifs fondateurs et mécanismes inhérents. Ici, nous ne saurions ne pas rire d’ironie en pensant à ces « humanistes capitalistes » qui érigent des monuments pour fustiger à raison les horreurs du communisme institutionnel tel celui de l’ex Union soviétique, mais qui, ignoblement, glorifient le capitalisme dont les crimes discrets plus meurtriers que toutes les guerres mondiales réunies, ont l’allure terrifiante de la faim exterminatrice d’enfants, de l’insoutenable souffrance au travail, du mépris de l’homme par l’homme, des discriminations économiques de classe, de l’idolâtrie de l’argent, de l’écocide qui condamne et prédétermine toutes les réunions officielles onusiennes sur le climat à l’échec…

 

À force de patauger dans le factice et de faire de l’ordre social une bauge de toutes les puanteurs, un galimatias de tous les mensonges que l’on drape du velours des apparats, on oublie que nul édifice, surtout celui des vertus et des vraies grandeurs, ne se bâtit ni ne se tient sans une base intérieure, sans une disponibilité conscientielle et une conviction forte en leur portée puissamment humaine, fortement humanisante.

 

À force de mentir à tous et d’ériger le système social en chartes démagogiques pour convaincre et éblouir les masses afin de les mener, les tenants institutionnels de l’ordre social, les maîtres structurels de la société, finissent par se mentir à eux-mêmes, un peu comme un violeur mégalomane, un vil agresseur de vierges qui finirait par se convaincre de rendre service aux filles qu’il violente et déflore en les traumatisant.

 

Ah! Vraiment criant stade de dilution de l’humain dans les miasmes du matérialisme impitoyable! Les monstres se parent en anges bienfaiteurs et les prédateurs autorisés de l’humanité ont la candeur enfantine par la gestuelle mignarde du faux don!…

 

Tout ce mensonge systémique rendu systématique et compulsif signifie ce que nous appelons l’aliénation ontologique, perte du sens du soi humain réduit à la course à un enrichissement matériel et à une fonctionnalité sociale abjecte au mépris des valeurs qui distinguent l’homme des choses les plus méprisables sur une planète terre que l’espèce humaine déviée fait géhenne de ses déchéances.

 

Faire de la charité occasionnelle et de spectacle comme un saltimbanque faisant le pitre sur des échasses pour être vu le plus loin possible par d’éventuels badauds applaudisseurs, sied mal à la vérité profondément humaine et pure de la justice et de l’entraide qui devrait caractériser une société digne et civilisée.

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

 

Copyright © Camille Loty Malebranche - blog INTELLECTION -  2015

Tag(s) : #Monde du Concept

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