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Par Camille Loty Malebranche

 

Appliqué à l’humain, le lemme pureté, par delà toute diachronie critique et réminiscence sacrée, suggère sémantiquement une posture de saine intention selon un sentiment sain qui garantit l’impeccable propreté des motivations humaines. Nous devons souligner qu’en certaines occurrences, dans le contexte des choses, la pureté se décline comme antithèse de tout mélange, ce qui, placé au cœur de l’action humaine réfère à ce qui est strictement soi et donc sans amalgame fâcheux d’intention ni promiscuité mentale et idéelle. À l’heure où la coprolagnie proprement dite et ses dérivés inavoués avec des formes de déviances proches, ont la côte en notre société excessivement libre en ses mœurs pourtant si répressive sur le plan systémique du politico-économique, la moralisation des comportements, parce que précisément, elle évoque un seuil de pureté qui humaniserait la sphère du plaisir et de l’intime, est devenue la bête noire des multitudes. Hélas! Nous sommes au temps de l’idéologie parascientifique d’une reconception des fonctions physiologiques du corps, un corps revisité en ses possibles et performances érotiques par l’hédonisme débridé d’aujourd’hui; un corps dénaturé où les usages normaux sont traités en choses à « dépasser » selon les réinventions du genre, de la jouissance au gré du sexualisme et de ses propagandes. Propagandes nécessairement idéologiques que gouverne l’oligocratie des moeurs.

 

La moindre idée d’une certaine pureté moralisante des rapports intimes fait bondir les soi disant défenseurs de la liberté des mœurs. Et, pourtant, ce rejet de l’idée de pureté n’est que du surfait idéologique sexualiste. Car malgré la désacralisation de la morale à travers la laïcisation du monde hypersécularisé du vingt-et-unième siècle, il est indéniable que tant que l’être humain existera et continuera d’être une conscience porteuse de la dénonciation de l’indu et de l’indigne qu’elle décèle et juge, il y aura en filigrane, une morale humaine transcendante! Et, dans la foulée de cette transcendance morale, sanctionnant l’automatisme comportemental orchestré par des pulsions individuelles auxquelles nulle société, quelque permissive soit-elle au plan des moeurs, ne saurait souscrire, ne serait-ce que pour garantir un minimum non étouffant de liberté publique des individus socialisés, nous pouvons dire que la pureté demeurera l’orée du permis et la raison d’être du défendu.

 

Toute morale formelle ou informelle des mœurs, parce qu’elle désigne et sanctionne l’indécent pour statuer sur le décent et ses limites qu’elle circonscrit dans le champ du souhaitable et de l’acceptable, est proclamation d’un certain idéal de pureté, poursuite d’une forme de purification selon le vœu humain de se sentir conforme à une certaine représentation de la pudeur. Représentation de la pudeur, tel est le socle de la morale des mœurs au-delà du snobisme et la mollesse propres aux effets de mode dans les sociétés humaines.

 

Hors de la sphère intime et sexuelle, en dehors donc de la pureté pudique qui, d’ailleurs refuse tout excès qui la tuerait parce que basculement dans la pudibonderie, la pureté est la tendance mentale et comportementale à vivre de la justice du cœur, tendance donc à la noblesse des sentiments justes envers Dieu, envers soi-même et envers autrui. La pureté nous motive au dépassement de nous-mêmes par son exigence de transcendance face à nos propres faiblesses et au glissement facile dans la mollesse des mauvais désirs mignons émanant de notre peccabilité...

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

Tag(s) : #Monde du Concept

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