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Par Camille Loty Malebranche

 

La mainmise sociale sur le mental par le domptement de l’esprit, opéré au moment même où pourtant l’institution sociale argue de liberté et de démocratie, constitue la plus cynique des fumisteries publiques, une cinglante ironie de l’entendement collectif…

 

L’être au monde humain étant avant tout un être en société, réceptacle de toutes les formes du conditionnement social dispensateur de représentations et d’affects, subit la construction hétéronome du mental où l’être humain est fabriqué objet pour la société. L’homme ne peut devenir soi, qu’en entreprenant la construction autonome de soi, désapprenant et apprenant par lui-même dans cette sorte d’autodidactie existentielle du rapport à soi et au monde. Mais pour ce faire, il faut que l’humain ait toute la capacité préalable d’objectiver les paramètres de son façonnement pour se construire à son tour selon sa propre manière souveraine de métaboliser ce qu’on lui a fait absorber sans son intervention consciente. L’on saisit dores et déjà que, dans cette perspective de positionnement face aux forces programmatrices du social, l’humain devra affronter toutes les agressivités institutionnelles de la société. La construction sociale du mental que nous appelons hétéronomie objectivante, est par essence, dominatrice et procède par diktat et domptement. Ce qui en soi est « normal » et n’a aucune mauvaiseté inhérente puisque l’enfant est à élever et cela ne se fait que par les matériaux idéels et idéologiques dont dispose la société et que celle-ci impose systématiquement à ses membres! Le systémique est par nature systématique dans ses procédés structurels. Là, nous comprenons la facilité behaviouriste avec laquelle la société finit par faire de la plupart des individus de simples rouages fonctionnels pour l’institution sociale. Seuls des esprits forts exigent de naître à eux-mêmes, en deçà et par delà le social. Et, face à ces objecteurs de la signifiance collective institutionnalisée établie et programmée, ces guetteurs de sens, la société devient le plus souvent ostraciste et répressive.

 

Pourquoi tant d’inculture et d’amorphisme des individus malgré la facilité d’accès aux idées et connaissances critiques? Tant d’aberrations médiatisées pour garder les individus dans l’imbécillité? Pourquoi la haine du sérieux, de l’esprit interrogateur et critique, sinon que pour désarçonner toute entreprise des individus à la construction autonome!?

 

L’autonomie est une ipsocratie (autorité du sujet) qui se définit et se corse par le pouvoir de recul conscientiel dans le jugement pour comprendre et agir. C’est la part de l’esprit intellectuellement et psychologiquement sustenté et en pleine conscience, refusant la sollicitation des réflexes que peut sous-tendre l’immédiateté émotionnelle des faits.

 

Dans un monde où des secteurs privilégiés, des personnalités et institutions cherchent à redéfinir le sujet humain comme être social c’est-à-dire, chose structurelle à travers l’interlocution plus moins violente, injonctive des structures de représentation systémique de l’humain et de son rôle, les forces agressives sont hyperactives et effaçantes d’humanité. Les forces systémiques, puissances impitoyables de l’hétéronomie avec leur hyperactivité cinglante ne laissent autonomes que les preux et pugnaces hyperconscients qui osent se construire par des valeurs fortes et inexpugnables du for intérieur selon l’apprentissage de la lecture propre au-delà de toutes les prélectures biaisées, idéologisées que l’institution sociale impose à l’entendement individuel qu’elle veut instrumentaliser voire réifier et assimiler…

 

L'autonomie est le triomphe de mon choix spirituel, moral et intellectuel de mon être; triomphe de ce que je fais de moi face à ce qu'on m'a programmé et préorchestré selon la reproduction sociale, par l'intervention éclairée de ma conscience éveillée et active. Le dicton "la vie est combat" n'est jamais mieux vérifié qu'en cet interstice de la conscience autonome pourfendant les forces hétérocrates, ces puissances de l'hétéronomie incarnées par l'ordre social.

 

Le penser par et pour soi-même comme construction subjectale de la personne humaine, construction qui constitue lautoconstruction humaine, est le combat à vie de l’individu vers son statut de personne souveraine; la seule voie d’autonomie possible, la seule ipsocatie à mener et à assumer par le sujet humain dans son ipséité expressive à travers sa cogitation et son action en interaction avec la société.

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

Copyright © CAMILLE LOTY MALEBRANCHE - Blog INTELLECTION -  2016

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Tag(s) : #Monde du Concept

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