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Par Camille Loty Malebranche

 

Après toute l’émotion médiatique et la surenchère de sensiblerie ostensiblement exposée par les dirigeants des puissances européennes et du nord en général devant la mort du jeune enfant syrien Aylan Kurdi transformé en emblème du tragique existentiel des migrants faisant face à toutes sortes de périls, nous tenons à conspuer ce jeu malsain d’hypocrites histrioniques qui, d’une part, entretiennent les politiques financières et les violences chaotiques provoquant cette massification de la migration mais font mine, d’autre part, de s’émouvoir de la mort hypermédiatisée d’un enfant syrien, eux dont la politique massacre par la faim, la guerre, le chaos planifié, des millions d’enfants et d’adultes de par le monde.

 

En politique étatique, seule l’action et la réaction créant ou changeant les statu quo ont leur raison d’être. Les politiciens au pouvoir étant préposés à l’agir décisionnel en tant que détenteurs du pouvoir d’État, leur compassion - eux qui s’émeuvent avec une douleur affectée devant un fait déterminé par leur politique en cours - ne peut être que démagogique manipulation de l’émotion collective. Si les occidentaux qui nourrissent la guerre syrienne avaient encore un trait d’humanité, ils devraient commencer par cesser d’entretenir ce conflit qui est la cause de cette mort d’enfant. La sensiblerie, dès qu’elle n’engendre ni action ni résolution est le fait du débile irrationnel, la corruption de la juste sensibilité qui, naturellement par effet, détermine l’élan du cœur généreux et agissant. Quant à la sensiblerie politicienne, elle est le stade extrêmement sinistre de l’hypocrite cynique qui réagit émotivement devant des situations abjectes que provoque la politique qu’il mène. C’est un crime dans le crime que d’instrumentaliser l’émotion de masse après avoir manipulé le peuple par la propagande pour commettre toutes sortes d’hécatombes au mépris des désastres humains et catastrophes de masse.

 

Quand des présidents calculateurs ne voulant rien céder sur leur politique hégémonique nationale ou supranationale se mêlent de compatir urbi et orbi aux malheurs d'une planète que leur action politique transforme en dépouille, les mots d'empathie ânonnés en singerie d'humanité devant les médias, ne sont que pure comédie ostentatoire de monstres jouant sous des masques à tronche humaine. Il n'y a pas de compassion humaine quand prime la frénésie de prépondérance géopolitique par toutes les formes possibles de violences meurtrières…

 

Aylan Kurdi n’est que prétexte d’humanité pour les tortionnaires idéologiques d’un monde pris au rétiaire de l’égoïsme le plus impitoyable parce que structuré dans les murs institutionnels aveuglants du capitalisme et de son ordre planétaire.

 

Pauvre petit Aylan! Les chacals de la politique mondiale l’auront assassiné une seconde fois en faisant de son image hautement médiatisée, l’occasion privilégiée de se faire croire humains au moment même où bellicistes sans foi ni loi, ces véritables anthropophages modernes orchestrent froidement, cyniquement l’amoncellement d’autres victimes pour la gloire macabre de leur idéologie d’empire!

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

Tag(s) : #Monde du Concept, #Actualité

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