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L'année des méduses - Présentation Critique… Le film suit notre propos.

Par Camille Loty Malebranche

 

Le film "l’année des méduses" de Christopher Frank sorti en 1984 nous révèle par ses personnages truculents et sans scrupule, le visage de la déchéance morale et le prix mortel du sacrilège du commerce sexuel. On y voit Romain, abîme de toutes hideurs humaines, pris à son piège de trafiquant de sexe, de proxénète féru en traite de jeunes femmes. Une histoire qui fustige sans équivoque les tares et salissures des bouffis d’une haute société toujours très basse quand il s’agit de dignité morale et d’humanité en général.

 

Le titre du film qui évoque les méduses, n’est pas sans nous rappeler la meurtrière gorgone pétrifiante de la mythologie. En somme, pétrifiés en leur être déshumanisé, loin de toute humanité, les bourgeois et leurs larbins y ressemblent à des monstres anthropomorphes sans vergogne. Ce ne sont que corps organiques animés de désir, auxquels est absent l’esprit effacé par le flux charnel des passions obscènes. Nous sommes devant une diégèse de l’humain, ou plutôt de l’inhumain chaudement racontée à travers cette mimesis où priment la sexualité la plus salace, les tentations les plus sales, lesquelles contrastent avec la beauté des lieux, la pléthore esthétique des corps de femmes quasi nus et tout le grandiose étalage de la fortune de classe des bourgeois s’exhibant impassibles sur la luxuriance marine de la côte d’azur. Comme si la malpropreté mentale, la toxicité comportementale, l’insanité sociale de toutes sortes était justifiable par la surenchère des ostentations d’opulence!

 

C'est un réflexe de tous les riches vicieux de la société que de vouloir rendre le vice attrayant aux masses par les décors de la fortune; c'est une pathologie des pervers opulents du monde que de justifier voire magnifier leurs tares en les ornant des puissants apparats séducteurs de la richesse, snobant les faibles.

 

Heureusement que le prix de l’infamie rattrape Romain jeté à la mer par la jeune flambante et terrible Chris, fille de riche sexuellement excitée, s’offrant à lui qui, bêtement, refuse les avances de celle-ci dansant seule et nue devant lui sur son bateau; lui qui pourtant, couche avec la mère de Chris! Une mère devenue coupable d’adultère contre son mari, le père de Chris. Chris, violemment émoustillée, se voyant sermonnée et ridiculisée par cette crapule avérée, se vengera donc de la fatuité moralisatrice fausse et arrogante de Romain, le renversant contre toute attente à la mer infestée de méduses. Ainsi, la crapule, l'illustre criminel dont le proxénétisme est l'incarnation de la facticité morale de notre société bourgeoise infatuée en ses hypocrisies, ses mufleries, ses luxures disparaît  parmi les morsures mortelles des méduses qui l'accompagneront là où logiquement est sa place, son destin de rejeton des abysses qu’il a toujours portés par devers lui et contre autrui comme un emblème monstrueux, une effigie macabre…

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

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Tag(s) : #Cinéma

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