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Par Camille Loty Malebranche

 

À voir brandir par des profiteurs de l’ordre du monde, le lieu commun de l’exigence de laction politique devant selon eux, accompagner la parole analytique et critique de l'intellectuel engagé, action qui serait le signe de la crédibilité de tout intervenant sur la chose sociale dans l’espace public; considérant ces riches orateurs discoureurs de la presse mainstream dont ils sont patrons et où ils monopolisent l’exclusivité de la parole médiatique pour parler de leur activité publique que précisément leur permet leur statut de nantis, je ne peux ne pas y déceler la tentative misologique faussement sage des désinformateurs et des pragmatiques de réduire tout esprit non aligné au silence. Soros, Gate auront beau être dans laction publique du microcrédit ou du mécénat, leur action sociale ne disqualifie point celle du discours conscientisant et révolutionnaire contre les mécanismes de l’injustice systémique restés souvent arcanes pour le peuple voire les scolarisés. Car la parole conscientisante est une action éminemment forte et énergique contre lordre qui assoupit et trompe les peuples. La misologie est précisément le refus de toute intervention discursive porteuse didées non systémiquement alignées au pouvoir socio-étatique. La misologie est un lieu commun des vieilles manipulations inhérentes au monde de la communication sociale qui exige de l’action - spécifiquement l’action sociale publique - comme sceau dauthenticité intellectuelle, sans quoi nul penseur, nul théoricien n’aurait droit de s’exprimer dans la cité. La misologie des riches constitue en fait une attaque duelle contre la pensée du changement.

 

D’abord, il s’agit - pour les sphères réactionnaires du social, bourgeois, petits-bourgeois serviles des bourgeois, mais aussi lumpen de toutes échelles de la société - de jeter du discrédit sur tout intervenant non en lice dans l’arène politique politicienne, financière ou médiatique, contrôlée par les oligarques et l’État à leur service. Ensuite, il est aussi question de manipulation du sens même de l’agir dans le contexte de l’espace public où le discours est en soi un puissant niveau d’action. Action si redoutable que son champ est toujours dans la mire des tenants du pouvoir social.

 

Quand des riches privilégiés, faisant exhibition de fortune sous prétexte d’engagement social, veulent ôter le droit de parole aux intellectuels non sous leur contrôle sous prétexte que ceux-ci n’agissent pas et ne s’investissent pas activement dans lespace public, c’est de la malignité manipulatrice pour maintenir dans l’ombre les racines politiques et systémiques de la condition sociale des majorités, c’est comme cette aberration propre à de riches secteurs étasuniens qui mettaient à quia leurs contradicteurs voire tout opposant au capitalisme extrême, en affirmant qu’« un non riche, non arrivé, n’a pas le droit de critiquer celui qui est riche et donc, a réussi »! Devant la grivoiserie grossièrement désopilante de la logique ploutocratique planifiant préjugés plats et vilaines méprises contre le droit de parole, il faut simplement adresser la sagesse du mépris discursif et la rationalité juste de l’engagement par la bonne discursivité révolutionnaire contre les mensonges de lidéologie dominante.

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

Tag(s) : #Monde du Concept

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