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Par Camille Loty Malebranche

 

L’élitisme est une posture de cloisonnement de la culture séquestrée par une minorité qui bloque son accès aux majorités. L’élitisme est indu car la vocation des connaissances et autres acquis de l’humanité, c’est d’être disponibles pour tous ceux qui veulent se donner la peine de les intégrer dans leur bagage intellectuel personnel. Les plus belles conquêtes de la culture humaine doivent être mises institutionnellement à la disposition de quiconque veut les acquérir. L’élitisme est l’exclusion structurelle de la multitude privée soit politiquement soit par déficience institutionnelle, des grandeurs de la culture…

 

Le populisme est la flagornerie du plus vulgaire de la vulgarité de masses. Le populisme est l’exhibition du médiocre, l’ovation du vulgaire pour assouvir le peuple en ce qu’il génère de plus bas par esprit de démagogie pour mieux l’utiliser, l’asservir en le nivelant par le vil, en le gavant de bassesses sans qualité qui avachissent son entendement.

 

Ni populiste ni élitiste, la force de toute pensée du changement est dans sa profondeur et pertinence. N’en déplaise aux promoteurs soi disant antiélitistes de l’État, qui utilisent des cohues de la société, eux qui trouvent une vertu à faire la politique par le déferlement des foules en quantifiant la revendication politique sans se soucier de la qualité de l’action sociale à la fois administrative et orientatrice à mener, leur attitude de populistes inavoués est elle-même une posture discriminatoire. Posture plus gravement antipeuple que l’élitisme même, malgré parfois leur popularité.

 

La politique, une fois le verdict électoral établi, ne saurait se résumer au diktat du nombre, étant domaine du sens collectif où l’équité, cette justice appliquée, se doit d’être au sommet de l’action administrative des institutions étatiques. Majorités et minorités doivent jouir de tous les droits et ressources au sein d’une communauté de droits sans privilèges, sans prépondérance de groupes ou de groupuscules, car ce sont les privilèges consentis qui créent les oligarchies et leur immonde règne de prédation asservissant la planète par peuples accumulés. D’ailleurs, seule une société vraiment cultivée et d’élite peut se passer à la longue de l’État et fonder un communautarisme libre anétatique de qualité.

 

Non, ni l’élitisme, oligarchique par essence, ni le populisme vulgarophile par nature, ne peuvent être constitués en démocratie car ils gardent la logique clivante de la société verticale, hors de tout égalitarisme sociopolitique et socio-économique, alors qu’en vraie démocratie, il n’y a ni en haut ni en bas mais une horizontalité administrative qui refuse les privilèges indécents où des élites sont imposées par des mainmises sur les biens communs et se perpétuent par le monstrueux droit de succession. Dans l’hypothèse d’avènement d’une société démocratique communautaire, les élites que la société se reconnaîtrait, élites scientifiques, intellectuelles, politiques, artistiques auraient des privilèges de reconnaissance raisonnables en guise de gratification pour valeur et mérite. Privilèges sans excès et révocables par la communauté.

 

Le tact du communicateur culturel diffusant les éléments de la discursivité profonde d’analyse des idées et choses qu’il pose en sujet de son discours, c’est de toujours maintenir élevée la qualité de son expression tout en en travaillant l’accessibilité pour le public cultivé. La culture étant toujours d’élite, elle doit éviter de franchir la fine cloison qui la sépare de l’élitisme. En vérité, il faut au penseur intellectuel, une finesse de gymnaste pour le juste dosage qui, tout en refusant l’élitisme qui exclut, ne bascule jamais dans les grivoiseries des goûts de foules. La platitude vulgarophile médiatique et marchande de la culture populaire haïssant toute élévation, marginalise le travail de tout travailleur intellectuel non idéologiquement aligné. Dans ce contexte de marginalisation de la qualité par le populisme du système socioéconomique, c'est une chose difficile que de choisir de partager le beau, le profond, le sublime. Car il faut trouver loin des cohues incultes, les minorités saines qui aiment ce que j’appellerais les « culturophèmes » authentiques c’est-à-dire les vrais champs constitutifs du grand édifice civilisationnel multiple des humanités, pour avec elles, étayer un regard intellectuel à travers une discursivité analytique et synthétique sur la réalité, tout en peaufinant une vraie pensée interrogeante sur le monde englobant l’homme, l’univers, les choses, les idées.

 

Très loin des pleutreries populistes des médiocres toujours allergiques à toute élévation discursive et critique, à des années-lumière des mystifications des manipulateurs élitistes, la justesse culturelle du travail intellectuel et son authenticité consiste en une élaboration de pensée proposant des éléments idéels à la quête commune d’intellection de ce qui affecte la situation de l’homme en lui-même et dans le monde.

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

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Tag(s) : #Monde du Concept

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