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Par Camille Loty Malebranche

 

L’objet est, dans un premier temps, nature puisque présence définie par la désignation nominale de l’homme qui l’a fait dépasser le stade inconnu et anonyme de chose en lui attribuant une nature. La nomination est un signe sûr d’objectivation, cette transformation d’une chose en objet par l’activité connaissante de l’homme(Réf). Néanmoins, il est un autre niveau atteint imprimé à certains objets, c’est celui de d’objet-culture par l’impression de signes sociaux qui peuvent être physiquement dessinés, gravés sous forme de graphiques ou non. Nous allons regarder de près, l’univers de cette métamorphose au sein de l’objectité.

 

Objet-nature

 

La nature de l’objet sied à la signification sans usage ou à l’utilisation courante à laquelle il est attribué, tant qu’il reste juste ce que l’homme lui prête comme sens, figé dans sa nature, son nom que l’homme établit pour en indiquer l’essence. Qu’il soit l’immense objet qu’est le soleil, ce corps spatial désigné stellaire par la science ou le coquillage arénicole de ma plage préférée, leur objectité est celle de l’objet-nature tant que le signe artificiel et culturel ne vienne leur ajouter par leur herméneutique, une signification de classe ou de civilisation.

 

Objet-culture

 

Le soleil, objet-nature observé par la conscience humaine, devient objet-culture une fois culturellement érigé en sujet pour l’idolâtre et l’astrologue qui lui projettent une vie, une conscience, une influence intelligente, alors qu’il reste objet-nature pour l’astronome. De même, en contexte de consommation, la marque déposée imprime une sorte de pouvoir communiquant à l’objet-nature quelle transforme en objet-culture. Ainsi, cet objet banal d’usage qu’est une montre - une fois devenue bijou d’or spécialement griffé et coûtant des milliers d’euros - se transforme en objet-culture, tellement significatif que déjà, un arriviste président de la république, eut à lexhiber à des jeunes pour leur montrer ce qu’est la « réussite » à quarante ans!… Là, en cette occurrence particulière, on est devant l’imbroglio des aberrations de classe, le misérabilisme de la désignification mentale d’un individu, le pitoyable imbroglio des excentricités matérialistes de certains débris animés de la société de consommation! 

Pour revenir à l’objet-culture, disons qu’il est rendu tel par le regard culturel que lui ajoute l’imaginaire humain. L’objet-culture est donc un objet qui n’est pas qu’un objet car porteur d’une pseudo-hypostase imaginaire, d’une aura sociale qui le fait autre que simplement objectal, par l’effet de la fiction idéologique collective et la production artificielle de signes de classes par la société.

 

Objectité et animalité sociale

 

Tels des singes grimaçants s’ébattant sur une scène de zoo pour des rieurs anodins qui voudraient bêtement, simiesquement leur ressembler, nos sociétés clivées, hiérarchisées presque exclusivement par la propriété matérielle, sont, de par l’aliénation ontologique de leurs multitudes majoritaires, des sortes de jungles-zoos! Remarquons ici que l’objet en général, l’objet-culture en particulier peut être autant matériel comme des billets de banques, un avion, qu'immatériel tel un titre universitaire, une fonction ministérielle... Pour continuer notre allégorie des jungles-zoos, je dis "jungles", parce que c’est une minorité d’animaux humains, prédateurs institutionnels inavoués qui mènent la cohue obéissante, consentant à son asservissement; quant aux "zoos", ils nous rappellent que tout bêtes, tout infrahumaines que soient les minorités prédatrices constituant la faune dominante, la masse servile les élève, les contemple et vénère sur la scène du pouvoir qu’elle leur octroie en mettant à leur disposition exclusive, certains objets-culture porteurs des signes forts de la puissance et conférant la prépondérance structurelle et sociale, tandis qu’elles, élites animales, se donnent en spectacle, exhibent leur privilège que la foule, proie consentante, soumise, hébétée, inculte, paupérisée et aliénée, considère un sommet, une grandeur suprême de l’évolution humaine et sociale qu’elle aurait aimé atteindre.

Réf:http://intellection.over-blog.com/2015/03/entre-la-chose-et-l-objet-le-poids-de-la-conscience-humaine.html 

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

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Tag(s) : #Monde du Concept

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