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Par Camille Loty Malebranche

 

Le terrorisme est essentiellement la méthode idéologique d’un mode de pouvoir d’État, de religion ou d’institutions légales ou illégales consistant à imposer leur idéologie par la terreur de toutes sortes afin de régner.

 

La surenchère de confusion des termes terrorisme et djihadisme au rythme faramineux des médias qui réinventent idéologiquement avec force d’amalgames, le sens des mots et altèrent celui des choses, pourrait nous laisser croire que le terrorisme serait l’apanage exclusif de groupes violents marginaux auxquels les bien pensant, socialement convenant, gens de bien de la politique des puissances étatiques mondiales notamment occidentales, sont totalement étrangers. On nous ressasse le mot terrorisme comme consubstantiel à l’extrémisme religieux spécifiquement islamiste comme il convient de le faire en ces temps de « djihad », mais à y regarder de près, l’on découvre vite que tout cela n’est en fait, qu’artifice de signifiance, que sémantique de mode imprimée aux mots. Disons-le ici, le terrorisme - s’il est consubstantiel au djihad qui porte la terreur idéologique par essence, vu son caractère sacré qui le rend insidieux et tyrannique compte tenu des sévices que des groupuscules religieux infligent à leurs victimes soumises par le châtiment corporel, le matraquage moral ou la peine de mort - n’est pas exclusif à une civilisation quand on constate le mépris de la vie et de toute alterhumanité par l'occident qui sanctionne pour punir les pays voulant organiser leur économie loin des prédations impérialistes occidentales sans omettre les interventions directes ou indirectes des puissances occidentales dans les pays du sud pour dévorer leurs ressources minières et autres, ce, quel que soit le prix ou la conséquence en hécatombes et misères humaines. Tout comme il nest pas exclusif à la religion, même en notre temps soi disant civilisé de société du savoir. Et, si la religion semble être dès le départ porteuse de l’extrémisme en notre 21ème siècle, c’est souvent simplement comme auxiliaire de forces étatiques et par les manœuvres sordides et subtiles d’hégémonistes politiques qui, d’ailleurs n’ont aucune gêne de se servir d’extrémistes et terroristes avérés pour soutenir leur propre mouvance hégémonique.

 

Qu’est-ce que le terrorisme?

 

Nous répondons simplement et sans subterfuge comme il est dit en notre exergue, que c’est la méthode idéologique de tout mode de pouvoir d’État, de religion ou d’institutions légales ou illégales consistant à imposer leur idéologie par la terreur de toutes sortes afin de régner ou de se faire entendre ou accepter. Le terrorisme est la tyrannie dictatoriale de l’idéologie quelle qu’elle soit, qui passe par des voies répressives et oppressives pour forcer ses victimes à lobéissance ou à tout le moins à lacquiescence à ses idées et son action. Le terrorisme classique frappe en général aveuglément sans se soucier des innocentes victimes qu’il fait en frappant ses cibles. De là, nous saisissons que les États du nord qui imposent des politiques destructrices au pays du sud sont terroristes de fait. De même que des institutions comme le fmi, la banque mondiale, la bce voire les banques commerciales qui séquestrent par la haute finance les économies nationales avec la complicité des gouvernements, mais, à fortiori, les institutions financières, politiques qui ciblent les États périphériques sans se soucier des familles et personnes victimes de leur chaos planifié, des guerres, famines, endettement et morts provoqués pour régner économiquement sur les peuples et la planète, font d’emblée partie de la posture terroriste fussent-elles légales. D’aileurs, en cas de résistance des États, ces mêmes organismes disposent des armées occidentales et de l’Otan pour bombarder indistinctement les populations des villes comme ils l’ont terroristement fait en Irak et en Libye. Les plus puissants terroristes du monde sont des légaux artificiellement légitimés par une idéologie de manipulation de l’opinion où la propagande les fait soutenir au niveau des masses désemparées et ignorantes.

 

À baragouiner dans la presse mainstream, à faire semblant d’oublier les drames quotidiens des écrasés idéologiques de la terreur des États impérialistes, le sens et la sémantique s’estompent pour ne laisser de place qu’à une perception contrôlée et mesurée au gré des prédateurs qui savent bien jouer à la victime paroxystique du terrorisme religieux à la mode, amplifiée à souhait dans les bulletins de nouvelles afin de mieux infliger restrictions et terreurs aux masses dominées.

 

Tandis que le terrorisme religieux dont l’occident est loin d’être causalement innocent, est brandi à raison comme ennemi de l’humanité et de la civilisation, il est temps que les États oppresseurs économiques, façonneurs de chaos et fomenteurs de souffrances artificielles par toutes les misères évitables infligées en terreurs à l’humanité pour se la soumettre, arrêtent leur barbarie terroriste pour laisser vivre l’humain sur la terre des hommes enfin rendue aux hommes… Il est temps que l’économie sale des prédateurs financiers d’État cesse d’ostraciser les hommes sur notre planète si longtemps expropriée, soustraite aux droits et à la jouissance de l’humanité par la cupidité terroriste de quelques-uns…

 

En finir avec le terrorisme implique une nouvelle approche politique et économique dans les relations internationales; une autre approche de l’altérité en général et particulièrement de la différence des fondements et repères culturels des civilisations. La violence, l’ingérence, la stigmatisation doivent faire place à l’échange serein, aux joutes logiques non armées, aux démonstrations de respect même au plus fort des antagonismes discursifs et principiels des universaux de la civilisation, à savoir la religion, la laïcité, le sacré, le profane, l’économique, le politique, bref, tout ce qui forme la grande configuration d’appréhension des étants et de l’être en l’entendement civilisationnel des humains de toutes sortes d’origine. Le monstre du bellicisme hégémonique, cette instrumentalisation d’autrui à des fins géostratégiques et impérialistes, doit être honni de la weltanschauung de toute civilisation désirant la paix pour diminuer significativement les risques de crimes terroristes et atténuer les haines idéologiques qui les sous-tendent.

 

L’occident qui est la civilisation dominante grâce à son pillage systématique des ressources de tous les autres espaces géographiques de la terre, a le devoir d’envoyer le message clair de son propre changement, c’est-à-dire son renoncement à la violence colonialiste et discriminatoire de toutes sortes qui est aujourd’hui encore la base de ses rapports hégémoniques à autrui.

 

Il faut que la si grande et si progressiste civilisation, au lieu de créer une psychose de peur en se servant du terrorisme selon le chantage électoraliste de ses dirigeants ou comme propagande géopolitique, se change elle-même, se dépouille de ses faces inhumaines en capitalisant sur l’humanisme dont recèlent certaines de ses chartes, pour changer le mode des relations interétatiques et intercivilisationnelles à l’échelle de l’écoumène.  

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

Tag(s) : #Monde du Concept
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