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Par Camille Loty Malebranche

 

En vérité, l’homme est par nature conscience en évolution dans ce qu’on peut appeler le réel qu’est le monde environnant et donc sujet potentiel de transcendance par rapport audit réel. Là nous n’abordons pas l’appel intérieur d’un sens d’au-delà du monde qui nous fait considérer l’homme comme transcendance incarnée parce qu’esprit; ce serait faire de la métaphysique. Pour l’heure, nous voulons simplement évoquer le réflexe de la conscience humaine à dépasser l’adversité en général comme le prisonnier qui fait abstraction des murs de sa cellule par une sensibilité d’envol mental pour survivre, et, parmi l’adversité, l’exigence de dignité qui nous pousse à sacrifier des profits potentiels et des privilèges acquis pour nous assumer dignement. La transcendance peut être définie comme une sensibilité permettant l’envol mental qui n'est pas qu’imaginaire, de l'homme au-dessus des miasmes du mauvais.   

 

Il est une transcendance qui réfère à tout ce qui est suprahumain c’est-à-dire religieux, indépendamment du théisme ou du panthéisme, là où transcendance est synonyme de métaphysique religieuse, ce n’est pas sur elle que je vous entretiens aujourd’hui, ni sur cette autre transcendance non moins religieuse et qui se traduit selon le mode de foi strictement théiste par opposition à l’immanentisme panthéiste. Ici, j’entends envisager réflexivement avec vous la condition de la conscience humaine porteuse d’un appel naturel au dépassement de tout obstacle mental, de tout enfoncement dans l’indigne.

 

La transcendance est en tout la force conscientielle du refus de l’humainement indigne, force propulsive qui proclame la fin juste comme accomplissement humain. La transcendance n’est pas un rejet sans loi et sans nuance de ce qui est, tout nihilisme lui est étranger. La transcendance n’est point la révolte aveugle, anomique qui ne discerne pas tout le oui indispensable au juste et au bon en proclamant sa négation du mal. La transcendance s’ancre dans la vérité de la nature sacrée de l’homme pour se projeter axiologiquement par l’esprit, c’est une téléologie éclairée, pleinement consciente de ses possibles et de ses fins.

 

Sans un ancrage préalable dans le soi spirituel, toute transcendance court le risque d’égarement vers l’aliénation. Car un « dépassement » sans la nature humaine et son essence, ne peut être quasservissement par les pulsions voire par la mode intello en vogue dans le social et l’idéologie.

 

Seuls les esprits libres transcendent le mal subi et les salissures sociales contingentes ou nécessaires immanquablement présentes partout où vivent les humains. Quand telle ignominie est trop extrême, trop envahissante en un milieu, l’esprit libre sait fuir l’infamie mésogène pour élire domicile ailleurs, car la liberté transcendante n’a jamais une attitude de matamore, elle sait que des fois, surtout s’il s’agit d’appels pulsionnels, seule la fuite comme refus de la tentation, est la puissance du transcendant contre la déchéance dans le vil et le malsain.

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

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Tag(s) : #Monde du Concept

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