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Par Camille Loty Malebranche

 

Le partage des valeurs temporelles telles la lecture du social et de la politique, les pratiques intellectuelles, enfante l’Amitié; Avoir en commun les choses affectives et érotiques entre genres différents homme et femme, consacre l’Amour; Vivre les mêmes valeurs sacrées spirituelles, la même Foi en Dieu, détermine la Fraternité. La fraternité est, entre tous ces modes de proximités humaines, le plus proche parent de l’Amour divin. 

 

La fraternité commence par la reconnaissance d’un partage interpersonnel axiologiquement assumé en pensée et action selon les mêmes principes de perception de la nature humaine et de son fatum ultime. C’est l’accord selon l’essentiel de la conscience de soi à travers l’auto-herméneutique humaine de fait que constitue notre saisie logique, morale et idéelle de notre être et de son expression dans l’existence. Car c’est là que pour l’homme se tient le sens tel que perçu, déterminant le mental et le comportement comme projection vers sa fin dernière et comme finalité, en tant que manière d’assumer la route vers cette fin de la présence de l’homme dans le monde. Assumation du rapport à l’être, à soi et à autrui. Sinon le mot fraternité est vain et renvoie simplement à la proximité familiale du partage des gènes et de l'origine parentale ou, par extension, à l’association grégaire. La communication de profondeur et de hauteur qu’est la vraie fraternité, ne se peut que par l’expression de l’esprit assumant son essence qu’il reconnaît chez l’autrui assumant la même vérité du soi espéciel.

 

Nous comprenons alors que dans un monde de perdus à soi qui se font dicter leur vie par des structures de banalités matérialistes et des clichés civilisationnels, il est très rarissime pour l’esprit éveillé de trouver de la fraternité parmi la foule...

 

Dans le monde des minables couronnés idoles et enrichis de breloques matérielles et d’apparat de titres pour régner et faire régner l’idéologie d’extraversion qu’est la consommation, les esprits véritablement conscients se retrouvent le plus souvent parmi de pitoyables ombres inaptes à toute vraie relation interpersonnelle digne, ignorant tout de la fraternité voire de la grande amitié, dans leur méprisable posture de cohues invasives et inhumaines…  

 

Les individus, simplement individus, c’est-à-dire membres de facto de l’espèce mais sans assumation du statut de personne, ne peuvent être frères des hommes; leur être prisonnier du hic et du nunc dictés par les structures idéologiques, n’a pas de contenu humain parce que réduit en simple réceptacle des diktats variables de la mode sociale. La fraternité est un mode de partage qui vient de l’intériorité saine et assumée dans les valeurs transcendantes de l’humain.

 

La fraternité, ce sentiment d’estime forte et effusive, de partage désintéressé dans le plus grand respect, la plus sublime appréciation, d’implication solidaire dans la vie de l’autre au nom des liens sains de la charité dans la justice réciproque, n'existe qu'à contre-courant dans le capitalisme qui exacerbe les pires bassesses et mesquineries chez l'homme, le portant à voir son semblable comme moyen de son enrichissement ou « réalisation » égoïste. Seule une vraie société communautaire encourage la fraternité humaine. 

 

Fraternisation comme humanisation-éducation

 

Penser une société plus humaine sans aspérités de classe, augmentera le coefficient ou à tout le moins les probabilités de fraternisation entre personnes et groupes dans le social. Nous devons concevoir un nouvel habitus idéel et comportemental pour un tout autre habitat collectif et commun priorisant l’humain, telle est l’exaltante voie des partisans d’une humanisation effective de la société par l’éducation. La véritable éducation doit humaniser et non socialiser, car socialiser c’est faire suivre ce qui est, et nous savons combien ce qui est, demeure humainement bancal voire monstrueusement inhumain par les ignominies idéologiques qui y sévissent.

 

Les hommes ne seront jamais majoritairement frères, par contre, pour atténuer les heurts et souffrances, il s’agit de construire en quelque sorte, l’humanité individuelle et collective en l’outillant pour rendre la personne humaine plus apte à s’aimer afin de mieux estimer l’humanité, d’être digne de ses facultés ennoblissantes fécondées par l’éducation. Il s’agit de rendre négligeable le vice d’estime du soi espéciel si considérable et spectral en société, en créant un système sociétal minimisant les conditions de surgissement des tendances néfastes et des tares telles l’égoïsme, l’instinct de domination, le narcissisme que provoque ou exacerbe chez l’individu, l’actuelle société tératogène de toutes sortes.

 

La fraternité, la véritable fraternité, est un affect qui se développe dans l’amitié saine entre esprits semblables; amitié haute et profonde, fondée selon les valeurs fortes des convictions communes selon les modalités puissantes de la conscience pensante et agissante.

 

La fraternité vraie est un grand partage mental et actif des idées-forces de deux esprits; hors de quoi, elle se corrompt pour laisser le pas à la promiscuité, la complicité malsaine du commérage.

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

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Tag(s) : #Monde du Concept

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