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Par Camille Loty Malebranche

 

(La tolérance interindividuelle et sa finalité.)

Avant d’arriver au sujet en tant que tel, je dois préciser qu’il est deux modes de tolérances: la tolérance publique (étatique, sociétale) qui remue beaucoup de verbiages à l’échelle idéologique et la tolérance interpersonnelle.

En ce qui a trait à la tolérance publique, nous rejetons vigoureusement l’intolérance idéologique et nationaliste des États du nord, généralement constitués de l’occident civilisationnel assumés par les pays dits du centre, qui pillent la planète, sont présents partout pour dévorer les biens nationaux des peuples, imposent des lois financières et des politiques meurtrières à tous les pays périphériques, interviennent militairement pour établir leur ordre planétaire aux peuples retors, gardent chez eux les produits du colonialisme mais qui, en même temps, prétendent ne rien avoir à foutre des autres comme s’ils faisaient l’aumône à ceux du sud qui émigrent chez eux. Cette infâme et grossière prétention essentialiste à être maître, utilisateur et décideur de la terre qu’ils n’ont pas créée est un crime d’intolérance, de racisme et de crapulerie sans nom de certains occidentaux que nul ne doit prendre au sérieux. Quand l’occident aura cessé de voler de s’imposer par les armes et la finance, rendu les milliards de milliards pris au reste de la planète, qui font sa richesse et sa « supériorité », alors et alors seulement, ses propos de fermeture et prétentions intolérantes quoique viles, auront quelque crédibilité, quelque importance. De toute façon, pourvu que dans l’espace public, toute indécence, propagande et agression soient interdites, l’État doit tolérer les groupes et individus dans leur intimité, leur intime conviction de conscience. 

Pour revenir au nationalisme d’un occident impérialiste, néocolonialiste, ex esclavagiste, ce n’est pas de cette tolérance publique violée par des voyous prédateurs, sélectivement amnésiques selon les occurrences, que je traite dans le succinct billet qui suit.  

Tolérance interindividuelle et bon sens.

La tolérance mal comprise réduit la pensée en lambeaux de l’incohérence. Quelle est la finalité de la tolérance? Je réponds que la tolérance - la vraie, non pas celle démagogique des manipulateurs de l’idéologie sociale - est intellectuellement l’acceptation ontologique de l’autre, et le respect voire l’encouragement de la bonne différence comportementale et culturelle globale de l’autre.

Tout le nœud gordien de cet écheveau qu’est le rapport des identités, la relation avec autrui, est là. L’acceptation de l’autre m’amenuise-t-elle ou me grandit-elle? Quels sont les partages possibles entre l’autre et moi. Tout est noué au niveau de la définition de soi et l’aveu à soi-même de ce que l’on entend vivre avec l’autre. Dois-je, sous prétexte de tolérance accepter que n’importe quel pervers ait accès à ma famille, devrais-je faire bon accueil au sataniste sous prétexte d’ouverture religieuse et suis-je intimé de recevoir l’imbécile matérialiste social qui ne vit que de son esbroufe de la consommation ou encore d’accueillir le clown littéraire parce qu’il est primé, de discuter avec le sot savant universitaire surdiplômé qui répète sans jamais rien penser et voudrait se croire grand par ses parchemins scolaires!? Quand je sais la prolifération des voyous et tarés en congruence avec la société dégénérée qui les génère, comment saurais-je être tolérant avec les foules barbares qui y déferlent? Quand les institutions de reconnaissance sociale choisissent idéologiquement de promouvoir la bêtise en se moquant de ce qui est beau et grand méchamment jeté à la marge pour faire du monde le cloaque, la déchetterie humaine de leurs ignominies, je dis que pour un minimum de santé spirituelle et mentale, l’intolérance, cette lucide circonspection dans les fréquentations, est une sûre armure. Gare à celui qui ne fait le tri entre masse d’anthropomorphes et humains authentiques. 

Si la juste et véritable tolérance bien ordonnée consiste à être en harmonie avec l’humanité, par respect pour ma propre humanité que je m’efforce de travailler, il serait un déni ontologique si je me laissais aller à tolérer la multitude qui renonce à la sienne et se vautre dans toutes les abjections au nom de l’argent et des pulsions. 

L’acceptation voire abandon au mal avéré d’autrui, sous prétexte de tolérance, est lâcheté et reddition au mauvais, le contraire de la vertu de tolérance dont le but ultime, la finalité méliorative de l’homme, est de mettre ensemble des humains partageant ce qui les élève et combattant leur faiblesse dans l’amitié et la fraternité malgré les différences. 

Si la tolérance est vertu, comme toute vertu, elle ne peut trôner d’autres projets que celui d’améliorer le tolérant sur le plan de l’être. 

Quand la différence est une horreur, un agent pathogène comme un virus comportemental, seules la distance et la fermeture ont du sens.

La tolérance est rapport ontologique sain, bénéfique autant à l’être d’autrui quà moi-même ou elle n’est que trappe voilée vers la déchéance…

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

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Tag(s) : #Monde du Concept

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