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Par Camille Loty Malebranche  

 

En redescendant de la montagne, Moïse, le libérateur, le pâtre du peuple désigné par Dieu, indigné de voir la foule, la majorité se vautrer dans l’idolâtrie du veau d’or, brisa les tables de la loi, provoquant de multiples malheurs sur la multitude maudite en son idolâtrie, rendue indigne du Dieu Véritable et Vivant qui traite l’humain non seulement par les mystères de la spiritualité essentiellement intérieure mais aussi selon le légalisme proprement spirituel permettant d’assumer cette intériorité mystique, sacrée et spirituelle qui fait précisément de l’homme, imago Dei, le royaume vivant, le temple actif de Dieu.

 

Dans l’épisode des tables brisées de la loi, il s’agit précisément d’une désapprobation sans équivoque de l’inaptitude des cohues à la vraie liberté, elles qui, par reddition aux énergies primitives, vulgaires, ont refusé de s’élever au stade métaphysique de la foi. Car pour vivre la liberté intérieure que procure la foi spirituelle, ce vivre mystique, intérieur avec Dieu, l’homme doit commencer par rejeter toutes les idoles. Ensuite, l’esprit doit apprendre à se plonger dans les profondeurs intérieures du soi pour vivre en la plus haute vérité du soi. L’élévation céleste ici-bas, n’est que celle intérieure de la fusion avec Dieu, fusion qui sous-tend une conscience de finesse que seule l’intuition sacrée de la subjectivité éclairée par la loi divine, peut nous apporter. Là, l’intuition et la loi sont complices de la spiritualité authentique. Car sans l’intuition spirituelle nul ne peut se reconnaître esprit à l’image de Dieu, nul ne saurait connaître Dieu et ressentir son appel.   

 

Le veau d’or et l’empressement compulsif des foules à patauger dans l’idolâtrie nous révèlent, hélas, la face hideuse, hagarde de la dilution des consciences individuelles au pied des pulsions collectives. La caractéristique plus ou moins classique, plus ou moins pérenne des multitudes, c’est qu’elles ont un comportement barbare, primaire et réflexe de horde. Ni le bien ni le mal qu’elles font, n’est pesé intérieurement, à moins d’être menées par des principes garantis par des guides dignes et justes, elles réagissent en brutes et sont mues par des passions brutales, des frénésies inassouvies et irrationnelles, des besoins violents.

 

La Liberté, ennemie de l’idolâtrie des autolâtres.

 

Toute liberté métaphysique qui ne serait que subjective court le risque de déformer le rapport de la conscience à la nature humaine authentique, et engendrer les superstitions qui génèrent l’idolâtrie. L’homme doit recevoir la lumière divine pour ne pas se fourvoyer sous l’assaut du tangible et du sensoriel qui noie les vérités cachées de l’esprit. Et pourquoi la révélation divine tant ontologique (sur sa Personne, son Être), que prescriptive (sur sa volonté) demeure fondamentale pour éclairer l’intuition intérieure.

 

En société, dans le rapport à autrui, nous le savons, la liberté d’action et de droit qui ne serait que subjective se révèle toujours excessive et court à la violation de celle d’autrui. Et c’est sans doute parce que les peuples abdiquent devant leur devoir de freiner les subjectivités groupusculaires des oligarchies que la liberté est tant galvaudée et violée en nos sociétés. Des hommes et groupes humains, constitués en oligarchie, par autolâtrie collective, sont agressivement, cupidement portés à s’octroyer égoïstement des privilèges qu’ils imposent ensuite à tous par le chantage idéologique et les forces publiques faisant appliquer les lois scélérates des cités et des États.  Les hommes sont auotolâtres, égoïstes et basculent presque toujours dans le narcissisme dominateur. Narcissisme qu’incarnent particulièrement, en notre temps, des oligarques banquiers, des financiers et des grands marchands, qui se permettent mollement et sans émoi d’assouvir leur plus vil orgueil, allant jusqu’à faire la guerre, sacrifiant à leur gloire immonde, des vies innocentes que de toutes façons, ils piétinent dans les misères de l’ordre du monde qu’ils façonnent et maintiennent.

 

Aujourd’hui comme hier, les autolâtres se font adorer par le biais des structures de contrôle qui leur essentialisent d’infâmes mirifiques privilèges, en bons bourreaux et parasites arrogants des peuples. Et les peuples, dans leur aliénation, par le rebours de l’aberration de leur soi disant grands, idolâtrent ceux-ci en acquiesçant les babioles idéologiques de la finance, de la monnaie, de la consommation de prestige, abreuvant l’infamie jusqu’à la lie mentale des codes abominables de la réussite personnelle telle que la dicte l’absurdité du faux sens systémique.

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

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Tag(s) : #Monde du Concept

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