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Par Camille Loty Malebranche

 

Le miracle peut être défini comme étant l’action de la faveur divine dans les situations humaines pour soutenir ceux qui ont la foi en Dieu et qui implorent son intervention. En aucun cas son émanation de l’absoluité divine ne se borne à la seule nature à soumettre, car il intervient dans les circonstances culturelles et sociales pour sauver un homme ou tout simplement satisfaire à un besoin ponctuel et urgent. Si les cas du passage mosaïque de la mer Rouge, du commandement de Jésus au vent, de la résurrection de Lazare sont de l’ordre naturel, la libération de Pierre par un ange, l’appel de Saul de Tarse sur la route de Damas, la multiplication des pains sont loin de concerner les éléments naturels. D’où, nous disons que le miracle montre la totalité parfaite et sans limite du pouvoir divin sur tout ce qui est.

 

Le miracle naturel est la confirmation de la théophanicité de la nature dont il affirme la soumission à Dieu son créateur, utilisateur et unique décideur suprême alors que les miracles non naturels montrent l’absoluité et l’illimitation de l’omnipotence divine. Chaque miracle est aussi la preuve pour toute conscience attentive que la foi en Dieu apporte le salut temporel à son homme qui peut ainsi être sauvé en toute circonstance dans son cheminement de croyant racheté du Christ, dépositaire de la vie éternelle que lui accorde Yahvé. Le miracle prouve que la volonté de Dieu pour l’homme qui croit, est toujours le bien temporel et le salut éternel.

 

En évoquant Spinoza, je dirai que combattre le fidéisme répressif de la scolastique décadente par le rationalisme, c’est, par excès et aveuglement, opposer la dénaturation à l’aberration; c'est tuer la raison par la désignification...

 

Dans son rationalisme naturaliste qui déifie la nature à tout coup ratiocinée, réduite à une ratiocination mimant une métaphysique immanentiste, Spinoza s’est employé allègrement à refuser la possibilité logique du miracle (comme si tout était ou même pouvait être logicisable et rationalisable), arguant de l’inadéquation rationnelle de sa provenance divine. Le dieu spinozien étant principe naturant, conatus donc de la nature dont il est garant de l’ordre, (nature naturée) il ne saurait opérer l’arrêt du cours de la nature... L’on se rappelle cette phrase du ‘Ttp’ « tant que la nature suit son cours ordinaire, on s’imagine que Dieu ne fait rien; et réciproquement, pendant que Dieu agit, la puissance de la nature semble suspendue et ses forces oisives, de façon qu’on établit ainsi deux puissances distinctes l’une de l’autre, celle de Dieu et celle de la nature, laquelle toutefois est déterminée par Dieu d’une certaine façon, ou, comme la plupart le croient maintenant, créée par lui». Ce mélange de naturalisme cosmique stoïcien et de rationalisme du dimanche, oublie que la nature étant imparfaite, enfantant des monstres de temps en temps, elle n’est donc pas elle-même respectueuse de son propre ordre normal et, dans un contexte métaphysique croyant, nous savons que la nature comme l’homme est le lieu du choc des forces du bien et du mal. Le miracle est précisément correction des erreurs de la nature déviée ou secours ponctuel de Dieu

 

La foi comme adhésion au connaissable et à l’inconnaissable surrationnel de la divinité, se confie en Dieu en toute circonstance. Ainsi devant le mur des impossibles comme la mer Rouge, comme la lèpre ou le manque de pain, le Dieu maître de tout secourt les siens en leur créant un passage confortable, en les guérissant, en les nourrissant. Dieu n’est étranger à aucune de nos conditions humaines

 

Le miracle est l’affirmation de la souveraineté divine dans la détermination de la cosmicité en tant que Démiurge de l'univers et de la condition tant cosmique que situationnelle de l’homme.

 

À l’homme qui sait se réfugier en l’esprit et son univers comme seule vérité pérenne, et qui, dans la foi en DIEU, trouve sa patrie spirituelle, l’action divine bénéfique est omniprésente et les miracles divins pour parer aux malheurs et changer les chutes, les échecs en victoire, sont toujours disponibles selon la munificence illimitée de DIEU.

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

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Tag(s) : #Monde du Concept

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