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Par Camille Loty Malebranche

 

Lucifer en tant que tel n’a jamais existé, par contre, il est l’allégorie du déchu, la catégorie de la déchéance. Ainsi, dans le langage anthropomorphique de l’Écriture, c’est l’indication de l’ange très puissant qui, par aliénation ontologique, s’est mis à vivre à l’envers de sa vérité, son angélicité. Lucifer, « porteur de lumière » ne saurait en soi exister, car Dieu n’a que faire d’un quelconque porteur de lanterne, et n’est pas un vieillard cheminant sur la route noire de la nuit. Il s’agit dans cette allégorie de nous faire comprendre que les anges et les hommes selon leur hiérarchie spirituelle sont à un niveau ou à un autre des porteurs de la lumière divine dont ils participent en tant que nature spirituelle issue de Dieu l’Esprit émanateur de tout esprit. Et satan, l’ennemi de Dieu que devient lucifer par l’abominable révolte antidivine, illustre le sort de tout esprit, de toute entité consciente immatérielle qui ne peut logiquement que sombrer dans la déchéance en cas de refus de sa nature, puisque trahir Dieu, c’est méconnaître la nature divine dont lesprit, tout esprit, est étant projeté; c’est abandonner l’essence de son être d’esprit dont l’ange, nom générique des purs esprits et nous, humains, esprits incarnés, sommes parts vivantes. Cette nature divine qui est lumière et que la révolte angélique ou humaine corrompt. Corruption que symbolisent la ténèbre des comportements indignes, la putréfaction que ponctue la mort en conséquence ultime de la déchéance. De puissants esprits cosmiques de grande envergure selon leur nature conférée à eux par Dieu, se sont vautrés dans l’obsession de leur orgueil d’être souverains maîtres sans Dieu et contre la volonté divine, et ont ainsi dégénéré en déchus cosmiques, misérables ennemis de soi, aliénés ontologiques autodestructeurs. C’est cette déchéance immédiate à la révolte qui putréfie la nature spirituelle des mauvais anges qui renvoie à l’archétype de satan et de ses larbins dits démons. Archétype du misérable sans vie éternelle, réduit à la mortalité et la méchanceté de l’aigri pour avoir perdu sa si noble nature désertée.

 

Le pécheur, l’homme qui refuse Dieu, est lui-même un archétype incarné de la déchéance à l’image de satan, ange pécheur et damné. Et pourquoi dans un monde où les facultés de l’esprit et du corps, le savoir et les richesses intérieures, les ressources mentales et matérielles auraient dû contribuer à élever l’homme et faire de chaque opulent de l’avoir, du savoir et du pouvoir un solidaire de l’élévation de l’autre semblable pour cultiver l’humanité, un activiste de l’amélioration globale de l’homme, les soi disant puissants font, planifient une géhenne où la plupart du temps en déchets de leur propre inaptitude à assumer, leur vérité ontologique, l’homme est le premier ennemi de l’homme, le premier exterminateur de son humanité, l’éteignoir actif de la lumière divine généreusement placée en lui par le Créateur Esprit qu’il trahit en se trahissant, abandonnant son essence aux abysses des mésusages dénaturants. Le mésusage de son être, constitue pour un esprit, la manifestation extrême du mal, la marque même de la déchéance. Le péché est donc précisément le mésusage de soi par l’esprit, la vie de l'esprit contre sa nature porteuse de la lumière divine. C’est l’esprit dénaturé, retourné contre soi dans une cinglante inconsciente autodestruction métaphysique.

 

L’homme sans Dieu, par révolte insensée, se détruit, assimilé au déchu-archétype. La seule voie possible d’accomplissement de l’homme passe par l’ennaturation, l’assumation de sa vérité d’esprit appelé à être fils de Dieu par la foi et sa loi spirituelle, la vie de la foi telle qu’enseignée par le Christ et déployée en nous par le Paraclet comme don de Dieu à l’homme qui veut vivre.

 

À l’homme de choisir d’être dans la lumière de sa nature spirituelle et de la faire se répandre pour ses semblables. Bien assumée, la nature humaine est éblouissante de déité mais hélas, les appels des bas-fonds de l’orgueil drainé ça et là via ses interactions d’être au monde, sa matérialité l’incitant au rejet du soi spirituel, font si souvent de l’humain, l’archétype du déchu, l’esclave métaphysique, servile inconscient des lumières factices, ténébreuses d’un monde de contresens. 

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

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Tag(s) : #Monde du Concept

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