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Par Camille Loty Malebranche


J’appelle littérature, toute communication verbale, orale ou écrite, dont la forme non utilitaire passe par des détours ludiques et esthétiques du langage et du métalangage à des fins poétique, diégétique, symbolique, didactique... Dès lors, l'on saisit la valeur littéraire des textes non inscrits dans le registre proprement immédiat et nominal de la littérature. Et, en toute probité et objectivité, qui peut oser dire que le texte d’un roman ou d’un poème est plus littéraire que celui d’un essai philosophique ou d’un ouvrage de sciences humaines? La littérature comme étayage verbal du réel et du fictif, exprime la grande vision des humanités que sont les auteurs en produisant, par delà les alterhumanités que forment les sociétés, un regard de l’homme sur lui-même et sur l’être comme mystère divin démiurgique, comme présence englobante et comme dynamique existentielle. La littérature, parce que logos travaillé et interaction de l’intériorité conscientielle avec l’extérieur, est un lieu privilégié de prononciation de l’homme en tant qu’étant transcendant. Car tout en étant structuré par la nature dans ses déterminations génétiques, par la culture où la société lui imprime son moulage institutionnel, l’homme est constamment l’affirmation d’un au-delà, d’un indéfini. Et pourquoi, rien ne peut saisir par la discursivité, l’homme en tant qu’être!


Nous ne faisons que décrire les champs existentiels de l’humain, de ce que nous savons de nous dans les parcelles du connaissable ici-bas, encore que le connaissable lui-même très limité n’est atteignable que par les limites étriquées des consciences individuelles et collectives. Le mystère de l’homme, quoique de façon infime, renvoie à celui du Créateur des origines, ce Dieu dont tout prouve que nous en sommes sortis pour en manifester à nos échelles menues et très réduites, la Vérité. Ainsi, sans jamais pouvoir pleinement nous dévoiler par le verbe, les dits et surtout, les non dits du discours font émaner les complexités des aspects inexprimés et exprimés du visage de l’humain. L’on comprend alors l’incohérence ignare du folliculaire à qui échappe la valeur qualitative d’un savoir d’homme, et qui arguë bêtement de limites et de quantité, ignorant que le savoir humain est nécessairement très partiel et très limité par nature au stade terrestre où nous vivons et que, ce savoir restreint par la nature humaine et la nature est lui-même en forte partie inexprimable, impréhensible au verbe.


La littérature est un rendu fort de ces puissantes formes d’expression que constitue l’activité humaine en général, la culture, où l’empreinte de cette espèce engendre par ses projections et représentations, le monde dans l’univers. Car tout de la culture humaine est construction, et le verbe littéraire et son imaginaire particulier d’articulation langagière dévoile l’homme dans sa vérité métalinguistique, métaréelle au-delà de la nature et des particularités spatiotemporelles de l’histoire, ce champ des interactions de l’humain au monde, que la littérature dépasse par son regard privilégié, ses multiples récits et métarécits. Et, de la littérature, les grandes mythologies sont des modes de signifiance de la perception métarationnelle de l’humain par les alterhumanités.


La culture avec la globalité des activités humaines, et parmi la culture, l’expression discursive de la littérature constitue donc une diégèse espécielle, un fonds verbal qui illustre quoique de manière étriquée, la vérité humaine dans ses naturalités invariables et ses contingences. La littérature est une réflexion spéculaire particulière de l’humanité, un miroir de l’infinité de cette petite nature microcosmique qu’est l’homme fondateur du monde proprement dit dans la vastitude du monde cosmique. Miroir où l’homme ne cesse d’exprimer - par l’inexprimable manifestation plurielle, infinie de la conscience - l’au-delà du monde et de l’univers, l’intuition même évanescente et inconsciente de l’Esprit Démiurge Originel qui a tout créé.



CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

Tag(s) : #Monde du Concept

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