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Par Camille Loty Malebranche



 

 

Toute expression véritable d’une pensée spirituelle souveraine est dévoilement autocontemplatif de l’esprit dans ce qu’il a de plus intrinsèque et de plus immanent à son assumation de la transcendance.



L’écriture est une autocontemplation transcendantale avant d’être une communication à autrui. C’est une mise en acte du fonds métaphysique de l’entendement agissant. La formulation de la parole intérieure et la construction extérieure de l’univers de la vie de l’esprit en lui-même. Certes, avec le flot de confusions et de préjugés qui dénigrent la contemplation de soi, le simpliste liseur qui saute sur ce que nous disons, peut en déduire - par cette manière procédurière précisément propre aux liseurs de s’ériger juges de l’esprit des textes, sans même en avoir vraiment pénétré la lettre - que nous prêchons le narcissisme.


Dans les dédales d’un monde d’ostentation sauvage, sans substance, où tout est question d’effets ostensibles, de mensonges et d’illusions idéologiques rendus forces politiques opératoires du pouvoir qui mène le social, parler d’autocontemplation eccéitaire du sujet cogitant dans son intériorité méditative en solipsiste, est une dérogation à l’ordre de l’évanescence, cette présence absente qui caractérise le grand nombre. Hélas, avec les facticités de l’ordre matérialiste antispirituel inscrites dans l’imaginaire collectif selon son mode de perception qui - au lieu de voir le véritable - façonne la cécité métaphysique, la perclusion mentale altère le sens de tout à travers le psychédélisme clinquant de la communication médiatique.


Dans une telle occurrence de confusion généralisée, il n’y a pas de place pour la juste culture de soi de l’esprit qui conduit à l’autocontemplation avec ses exigences de dignité que nulle institution officielle ni structure sociale ne saurait prescrire. Oui, dans une telle occurrence, oser affirmer que l’esprit en évolution contemple sainement sa nature et ses possibles sans donner dans la mégalomanie des dégénérés qui dirigent ce monde par accumulation, écrasement d’autrui et égocentrisme, semble une impropriété, un anthropocentrisme excentrique!


Pourtant, ceux qui savent vraiment penser, voyager en créant des idées, et qui, de la perception à la conception, prennent le temps d’articuler leur penser, savent que l’essor cogito-verbal, spécialement scriptural, ne peut se corser que par une autocontemplation de la vérité. Vérité du soi. Pour le penseur spiritualiste qui sait que la vérité du soi est émanation de la Vérité divine originelle, l’expression est la codification langagière de l’intraduisible parchemin de l’être profond. Hélas, nous savons que dans le monde d’extraversion factice, pataude où sévit l’ubiquité de l’idéologie, ce qui est absorbé par le peuple et qui, mentalement le meut, constitue le sceptre souverain et sûr, l’unique puissance par quoi ses reîtres autorisés le mènent. Servitude d’extravertis ayant perdu toute intériorité propre! Et, dans cette servilité de la fonctionnalité où le rapport à soi du grand nombre est travesti voire dénaturé par les breloques de la culture qui indique aux ombres ambulantes, quoi aimer ou ne pas aimer, ce qui est profond - nécessairement dérangeant pour les manipulateurs de conscience, meneurs d’hommes qui figent les humains à l’extérieur de même, les privant d’intrinsèque et de substance - est ostracisé. Seule l’autocontemplation préservera l’activité de la pensée profonde du découragement utilisé comme arme de dissuasion contre l’esprit non aligné et son entendement agissant.


Les mentalités de horde, dans leurs méandres de vacuité existentielle qui joue du ludique macabre de la société grivoise avec ses foules monstrueuses singeant une humanité qu’elles n’ont point, ne peuvent même plus imaginer les splendeurs de l’essence humaine tellement galvaudée. Ayant perdu toute tramontane de ce qu’est l’esprit comme nature déitaire par ses origines et sa vocation, les hordes de la fonctionnalité sociale ne peuvent plus percevoir la vérité de l’homme pour s’y enraciner en toute contemplation.


La véritable cogitation, dans sa grandeur spirituelle, intellectuelle et morale, envers et contre toutes les appétences dolosives d’un monde pervers, est contemplation de soi jusque dans les trois mouvements modalitaires de méditation, de réflexion et de cognition du penser comme intériorité et comme acte dans cette interaction de l’esprit avec lui-même, avec l’être et avec les contingences spatiotemporelles, les faces versatiles du hic et du nunc.



CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

 

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Tag(s) : #Monde du Concept

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