Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Par Camille Loty Malebranche



L’Éternité n’a ni temps ni âge, et c’est pour cela qu’elle seule incarne la permanence, cette durée pérenne infinie.


Ce que j’appelle temps théologique est le paradoxe d’un Dieu Éternel qui a engendré pourtant ce qui est, à priori, le contraire même de l’éternité: le temps. La motilité permanente qu’est le temps propulse irrésistiblement les consciences croyantes, accomplies, vers la supradurabilité, mot que je préfère à la sempiternalité de Boèce, la supra-durabilité constitue une ascension au-dessus du champ temporel et de la durée, en tant qu’elle
est intégration d’un être commencé dans l’infini incommencé. L’éternité, dimension du seul Être sans origine ni fin qu’est Dieu, ne saurait être en aucune manière chose du temps qui est de l’ordre des êtres spatiaux, de leur mouvement et de leur durée.


La durée peut se définir comme la finitude chronologique, affectant le temporel impermanent qui décline avec l’âge, cet effet de vieillissement infligé par la temporalité, l’appartenance au temps. Soit dit en passant que l’éternité n’est ni inertie ni inaction mais mystère de l’incommencé non conditionné par la catégorie du temps, étant la durée non chronologique. Éternité, dimension exclusive de Dieu, l’Être sans origine qui se vêt de la durée et donc dispose du temporel et de l’atemporel. Nous avons dit que l’éternité n’est ni inertie ni inaction, c’est que Dieu qui incarne l’éternité, étant Créateur Ordonnateur du temps et de ce que le temps régit dans l’espace, est l’Omnipotente Source de tous les phénomènes et réactions qui mouvementent l’univers. Toute cette réaction physique et chimique qu'est l’univers, prend forme à partir de cet Être dont - pour les croyants, à tout le moins - l’action démiurgique en déterminant la cosmogenèse,  a créé la dimension du temps.

Et si le temps éteint ce qui dure, draine l'impermanence qui a inspiré le panta rei héraclitéen, c'est que son cours apparemment banal de farniente ou d'action, est de fait combien phagocytant, effaceur de tout ce qui est matière. Pourtant, le temps est, pendant l'intervalle de la durée terrestre de l'humain intérieurement conscient, complice de la maturation et de l'"évolution" de l'esprit, (évolution est ici un mot impropre) c'est plutôt le kairos de l'homme spirituel qui s'y construit car l'esprit n'évolue pas en tant que tel, mais en fait se bonifie en devenant soi en ses attributs. La voie de l'esprit ici-bas est de se bonifier dans son conatus métaphysique pour être plénier.

Le temps théologique, espace de l'homme selon l'esprit, est dynamique et vivifiant dans ses effets, c'est comme le chrysalide, simple, morne, qui couve sous sa banalité phénoménale, le substratum de l'être, l'éclosion de la vie future, l'avènement de l'éternité pour ceux qui, homo viator hyperconscients, se reconnaissent pèlerins de l'infini...

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

 

Copyright © Camille Loty Malebranche - blog INTELLECTION -  2015

Tag(s) : #Monde du Concept

Partager cet article

Repost 0