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Par Camille Loty Malebranche
 
 
 
Le formalisme religieux est la structuration en métaphysique du pouvoir social, pouvoir somme toute temporel, à travers des institutions religieuses tenant lieu d'organes de sacralisation de l'autorité séculière. Ainsi, pour se sacraliser, les establishments procèdent selon un essentialisme idéologique qui déifie ou, à tout le moins, surhumanise sans en avoir l’air, la classe dominante et sa prépondérance. Le formalisme religieux a donc à la fois, la fonction de sacraliser la curie que constitue l'ordre hiératique et celle de moraliser la société pour l'apprêter à l'ordre politique et économique global au service duquel opèrent toute institution religieuse et tout hiératisme. 
  
Le propre de la religion institutionnelle, c’est d’entraîner le membre de la société religieuse dans la confusion du spirituel et du sociétal par le biais des rites et cultes officiels et cérémoniels. La religion est le lieu de la production des formes en référent suprahumain. Sans le formalisme, nulle institution religieuse ne s’ancrerait dans le mental et le subconscient de ses adhérents. Violence formaliste pour assujettir le bigot en bricolant la bigoterie. 
 
Le fait inhérent aux formes, dans un contexte social, est qu’elles se présentent et s’imposent comme naturelles et au-dessus de la volonté des hommes. En religion institutionnelle, la forme est carrément intronisée en dispensatrice du divin, de sorte que ceux qui lui obéissent, croient obéir à Dieu lui-même, se faisant  ainsi mener par la clique des dignitaires hiératiques (prêtres et pontifes) auxquels l’adhérent religieux confère sans s’en rendre compte le pouvoir de Dieu.
 
Depuis le début des religions institutionnelles, des hommes profitent de leurs semblables qui se soumettent à la société religieuse qu’ils confondent avec Dieu. 
 
Plus qu’un moule, une institution de pouvoir ne donne pas que forme à l’entendement des humains mais lui instille des éléments et principes dénaturateurs pour refaçonner substantiellement le mental selon le programme des tenants de l’ordre social établi. 
 
Quand je regarde les foules qui courent aux temples de toutes les religions institutionnellement établies en oubliant que la spiritualité est intérieure et ne saurait être sous la dictée de la canaille hiératique institutionnelle, aux mains infâmes de la prêtraille, je ne peux m’empêcher de penser à la servile dépendance d’innombrables humains par rapport aux formes. Dans une société pitoyablement mensongère et simulatrice, vidée de toute substance, sans fond ni consistance, l’attachement extrême aux formes, devient essentiel aux individus et collectivités pour garder un semblant de sens en pleine désignification générale.
 
Rendue Mentalement cacochyme par les engrammes du contrôle institutionnel des tenants du pouvoir social, l’intelligence individuelle conditionnée a les yeux sillés par la fauconnerie systémique qui façonne l’humain désemparé, dompté par le bourrage de crâne pour s’accrocher à l’ordre qui l’assujettit, ordre que pourtant, un simple recul interrogateur de sa part, lui permettrait de démasquer dans toute sa perniciosité. Il faut rappeler ici que toute société comporte des institutions administratives de service (les structures d’administration de l’agriculture, des soins de santé, de l’éducation, de l’hygiène publique, l'industrie, le commerce) qui sont malheureusement sous contrôle des institutions de pouvoir d’imposition de l’autorité que constituent l'État, la curie religieuse, le patronat, les tribunaux, la police. Ces dernières institutions orchestrent par les lois l'orientation politique des premières au coeur de la société, et mettent à contribution leur fonctionnement et les richesses produites pour administrer l'ordre socioéconomique, tout en imposant politiquement et idéologiquement la prépondérance des minorités qui détiennent le pouvoir. Ainsi, les structures et infrastructures essentielles de la production de la richesse sont vampirisées par les superstructures dirigeantes aux mains des oligarchies. 
 
En matière religieuse, le corps hiératique se charge de profiter de la sensibilité croyante des individus pour s’essentialiser, entraînant ainsi les hommes comme il le veut dans le sillage de leur domination de "représentants de Dieu", tout en les soumettant aux dirigeants de l’ordre abominable de la société globale.
 
Hélas, hélas! Les hommes ne seront libres que lorsqu'ils auront appris à se libérer du formalisme socio-idéologique, cet ensemble de repères (structures, symboles et emblèmes) inventés de toutes pièces comme balises de la pensée et de l'action collective, étayant la représentation du soi social par et pour les maîtres des structures du pouvoir qui façonnent artificiellement sens et signification! Les peuples doivent donc mûrir et expédier le formalisme du pouvoir des riches aux cloaques de l'histoire, pour assumer eux-mêmes leur gestion collective. En spiritualité, le vrai croyant doit se débarrasser des artefacts du religieux institutionnel pour vivre au fond de soi dans l'esprit fait à l'image de Dieu, une vie de Foi et d'Amour avec le Père. 
   
CAMILLE LOTY MALEBRANCHE
Tag(s) : #Monde du Concept

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