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Par Camille Loty Malebranche




L'angélisme populaire n'est que baragouin idéologique que se paient les populistes et les gauchistes.

 

Quelque irénique que puisse être un discours sur l’aliénation, il invite à l’action humaine contre la servitude, l’injustice. Il n’y a pas de placidité ni d’amorphisme face au mal systémique évitable créé par la crapulerie cupide et la duplicité humaine. L’harmonisation avec l’ordre du mal n’est ni passivité transcendantale ni posture métaphysique mais soit candeur débile soit opportunisme mesquin. Nul ne peut vivre dans un ordre du monde infâme sans prendre position.


Flagornerie et balourdise agitent des majorités convaincues de leur propre infériorité, atteintes de l'inaptitude mentale à s’organiser elles-mêmes, incapables de mesurer leur force politique, et conférant mollement à quelques individus érigés en classe du pouvoir, ainsi rendus officiels considérés supérieurs par essence, le droit de décider pour la société de ce qui vaut et de ce qui ne vaut pas, de qui mérite la reconnaissance sociale et de qui ne la mérite.


Les majorités sont un espace de passivité et d’auto-infériorisation où la proximité non institutionnelle de l’homme de valeur est méprisée alors que les plus minables désignés des institutions, sont considérés honorables voire divins. L’on comprend que dans un tel contexte d’immonde complexe et de misérabilisme que les majorités humaines se fassent désigner leurs chefs par des partis politiques qui leur servent le plus souvent des manipulateurs filous à élire et légitimer, lesquels manipulateurs sont parfois de purs monstres maniérés cravatés, sinistres poseurs jouant avec farauderie de leur statut de chefs qui arguent d’économie à sauver en démantelant les services sociaux, broyant le peuple pour les maîtres privés de la finance, à travers des lois oppressives qu’ils font voter au profit des classes dominantes dans le mépris de ces majorités naïvement légitimantes.


Hélas! Les majorités sont si vidées de toute estime de soi, qu’elles se méprisent et se réifient elles-mêmes au point de se faire marchepieds volontaires et fiers de leurs maîtres utilisateurs!


La lacération politique et économique des peuples dans les fers du capital, malgré toutes les preuves des mécanismes de l’asservissement, n’a pas fait évoluer la conscience sociale des masses ni drainé aux majorités, la volonté de faire elles-mêmes l’histoire que, depuis toujours, elles subissent… Les majorités humaines seraient-elles si inaptes à un tant soit peu de souveraineté, qu’elles aient constamment besoin de chefs et de bourreaux à qui se référer pour se représenter à elles-mêmes!?


Tant que les masses se comporteront en cohues embringuées qui s’identifient au visage de leurs bourreaux inavoués, leur aberration réactive leur sera toujours contre-productive, renforçant l’ordre de leur asservissement. Toute action ou réaction non pensée, non pondérée selon toutes les nuances de sa menée et de sa fin projetée, est aberration puisque sans véritable idée directrice, sans méthode éprouvée et donc, sans organisation ni maîtrise de sa portée pour un impact choisi par et pour l’agissant.


Tant que l’action ou réaction politique des masses vivra par procuration des structures institutionnelles de l’État tel qu’il est, que ces masses prennent pour de la démocratie, aucune libération populaire ne pourra être même imaginée! Tant que le peuple croira à la tyrannique chefferie moderne des partis politiques de l’ordre socioéconomique et la légitimera par son vote, la confondant avec du leadership légitime, la face des sociétés humaines demeurera celle d’un atelier d’esclaves où l’opprimé au réflexe d’aliéné, abjectement, lèche les semelles de l’esclavagiste tortionnaire, alimente servilement les greniers du maître fouettard.

 

Cesser d'être miroir sociopolitique où les tares du narcissisme des oligarchies et de leurs larbins enrichis pour exhiber les vertus du système capitaliste ignoble qui entretient tous les maux jugulables pour satisfaire aux délires de puissance de quelques richissimes, c'est le premier devoir des peuples dignes d'un tant soi peu d'émancipation. Cesser d'être le réceptacle systémique des tyrannies socioéconomiques et politiques, réceptacle sans qui les bourreaux économiques et étatiques des écrasantes majorités, n'auraient aucun déversoir, aucun accueil, voilà, le seul digne horizon vers lequel doivent marcher tous les peuples croyant à leur humanité. Le mal social est une salissure de classe émise par quelques oligarques structurellement organisés, à laquelle tous ou quasi tous répondent favorablement. S'organiser pour refuser, c'est-à-dire désobéir à l'État immonde des prédateurs, telle est la voie pacifique de la victoire populaire au vingt-et-unième siècle.

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

Tag(s) : #Monde du Concept

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